Edito : PETITE HISTOIRE DES RECHERCHES SUR LE GRENADIER A L’INRA. Par Ali Mamouni (Chercheur, SRD – CRRA Meknès)

Ali Mamouni, Chercheur en amélioration génétique des arbres fruitiers, Chef du SRD - INRA Meknès

Ali Mamouni, Chercheur en amélioration génétique des arbres fruitiers, Chef du SRD – INRA Meknès

Au cours des années 70, 80 et 90, le rayonnement du Domaine Expérimental d’Ain Taoujdate (INRA Meknès) dépassait les frontières par la richesse de ses collections et son leadership en introduction et étude de nouvelles ressources phyto-génétiques. Il jouait à l’époque un rôle primordial dans l’extension des arbres fruitiers au niveau national et particulièrement au niveau de la région de Meknès et du Moyen Atlas. De grandes unités se mettaient en place en s’appuyant sur les résultats des études de comportement des riches collections d’olivier, pêcher, abricotier, cerisier, prunier, amandier et pommier et en se faisant aidé par les compétences des cadres exerçant au sein de ce Domaine.

On trouvait également, dans ce domaine, des curiosités comme l’avocatier, le pacanier et le pistachier que les agriculteurs et les étudiants découvraient pendant les visites et les voyages d’étude. Des variétés ont été sélectionnées pour ces trois espèces dès le début des années 80, en plus de la mise au point de la technique de greffage chez le pistachier.

Les chercheurs constituant l’équipe de l’arboriculture pendant les années 80 et 90, se sont partagé les espèces fruitières (amandier, pêcher, pistachier, pommier, cerisier et prunier) pour que chacun prenne en charge au moins deux espèces. Ce partage n’a cependant pas concerné deux espèces traditionnellement cultivées au Maroc qui sont le figuier et le grenadier. Les priorités de recherche pour ces années concernaient en effet le développement de pêches précoces et semi-précoces, des variétés de pommier semi-précoces et précoces pour la culture dans les zones de faibles et moyennes altitudes, les variétés autofertiles et à floraison tardive pour l’amandier et l’introduction de la culture du pistachier chez les agriculteurs. Il faut rappeler que les prix des fruits de ces espèces devenaient intéressants suite à l’instauration de la politique d’austérité qui avait arrêté, entre-autres, l’importation de fruits.

A l’époque, Les producteurs de la région de Meknès n’étaient nullement intéressés par le développement du figuier et du grenadier. Deux principales raisons présidaient à ce désintérêt : l’alimentation des marchés en ces fruits par les jardins familiaux qui étaient développés autour de la majorité des villes marocaines d’une part, et d’autre part, le manque de stratégie de valorisation de ces fruits par la transformation et l’exportation.

Dans le cadre de la réduction du patrimoine foncier adopté parmi les mesures de la restructuration de l’INRA durant les années 80, plusieurs domaines ont dû être cédés dont celui d’Ahl Sous (CRRA Béni Mellal) qui hébergeait deux grandes collections de figuier et de grenadier. Ces deux collections ont été rapatriées au domaine d’Ain Taoujdate et ce n’est que vers la fin des années 90 que nous avions commencé à caractériser génétiquement et morphologiquement la collection du figuier et à l’enrichir par de nouvelles prospections et introductions.

Ce travail qui avait permis de sélectionner des variétés aptes au séchage dans un premier temps est entrain de se poursuivre en approfondissant la caractérisation de la collection enrichie en l’étendant à l’aspect technologique. En dehors d’une caractérisation sommaire, la collection du grenadier n’avait pas reçu la même importance. Ce n’est que ces dernières années que le programme de recherche s’est intéressé de plus prés au grenadier.

Ce numéro du magazine va révéler aux lecteurs les résultats préliminaires des études portant sur la caractérisation génétique, morphologique et technologique de la collection, la réaction de certaines variétés au stress hydrique et sur la différenciation à travers les signes distinctifs d’origine et de qualité.

Bonne lecture.

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Edito : la recherche agronomique à l’ère du digital

Dr Abderrahim Bentaïbi, Chef du CRRA Meknès

Dr Abderrahim Bentaïbi, Chef du CRRA Meknès

Bienvenue à toutes les lectrices et à tous les lecteurs, et bon ramadan, pour cette édition de « INRA Meknès Magazine » diffusée en confinement. Cette diffusion est en effet un autre témoignage des derniers développements positifs qu’enregistre notre nouveau mode de travail à distance imposé par les circonstances désastreuses que vit le monde entier depuis plus de quatre mois.

Dès lors, le confinement qui entame son deuxième mois au Maroc, n’est pas seulement une consigne de protection sanitaire mais surtout un nouvel état d’esprit et d’organisation du travail dont le slogan de base est « La digitalisation ». On s’est ainsi tous rendu compte que la digitalisation n’est plus un luxe mais une nécessité impérieuse dans un monde en mutation technologique continue.

Sous la conduite de sa nouvelle direction, la recherche agronomique n’a pas été du reste en déployant durant cette période de confinement plusieurs actions, dont certaines ont été entamées auparavant, visant l’exploitation de la plus-value offerte par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Parmi ces actions on peut énumérer l’adoption de l’objectif zéro papier (sauf pour les procédures administratives et comptables de rigueur), l’initiation du télétravail et l’exploitation du potentiel de la visioconférence comme cela a été le cas lors de la présentation de la nouvelle politique agricole « Green Génération » aux chercheurs puis à tous le personnel des différents centres régionaux.

Cette dernière action est ainsi intervenue dans le cadre du processus de planification à moyen terme de la recherche pour la période 2021-2024 engagé depuis le début de l’année en cours. Au niveau de notre centre régional, et après la réalisation du diagnostic agricole participatif de notre zone d’action, la présentation de « Green Génération » a visé l’appropriation de ces contenus par nos différentes équipes en vue de la proposition de projets de recherche et de recherche-développement en conformité avec ses objectifs.

Cette nouvelle façon de faire ne manquera surement pas de donner une nouvelle impulsion et de marquer d’une empreinte inédite nos futurs travaux de recherche.

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VARIETES MAROCAINES DE COLZA (Brassica napus L.) DEVELOPPEES PAR L’INRA : ENTRE PERFORMANCE AGRONOMIQUE ET TECHNOLOGIQUE ET ENJEU D’UTILISATION PAR L’AGRICULTEUR MAROCAIN. Par Nabloussi Abdelghani et El Fechtali Mohamed (INRA- CRRA Meknès)

Dr Abdelghani Nabloussi, Amélioration génétique des oléagineux annuels, Coordinateur de l’URAPCRG - CRRA Meknès

Dr Abdelghani Nabloussi, Amélioration génétique des oléagineux annuels, Coordinateur de l’URAPCRG – CRRA Meknès

Le colza est devenu l’une des plus importantes sources d’huile végétale dans le monde, avec une augmentation substantielle de la production au cours des 39 dernières années, en atteignant actuellement six fois la production enregistrée en 1980. En raison des vastes programmes d’amélioration génétique et de conduite technique de la culture, la production mondiale avoisine 70 millions de tonnes comme le montrent les dernières statistiques de la FAO (FAOSTAT, 2018). Au Maroc, le colza est considéré comme une culture oléagineuse prometteuse ayant montré une bonne adaptation et un grand potentiel, permettant de contribuer de manière significative à l’amélioration du niveau de production d’huiles issues des graines oléagineuses. L’objectif final étant de réduire l’écart entre la production locale et le besoin de la population marocaine en huiles végétales.

Au Maroc, Malgré qu’il y ait des variétés marocaines de colza enregistrées au catalogue officiel, les agriculteurs producteurs de cette espèce continuent à utiliser un nombre réduit de variétés hybrides toutes introduites de l’étranger. Cela présente des inconvénients à deux niveaux différents. Le premier est que la semence de ces variétés hybrides est très chère et ne peut être utilisée qu’en une seule campagne agricole sans aucune possibilité d’en régénérer la semence de la campagne d’après. Le second problème se situe au niveau de la dépendance vis-à-vis des pays étrangers exportateurs de la semence de cette culture, avec tout ce que cela suppose des retombées économiques et politiques négatives pour notre pays. En fait, produire sa propre semence et donc sa source d’huile revient moins cher pour le pays et renforce sa souveraineté et sa sécurité alimentaire.

Dans cet article, une présentation des variétés de colza de l’INRA a été donnée à même de les faire connaitre et promouvoir auprès des producteurs, industriels et semenciers. Continuer la lecture →

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ÉVALUATION DE LA PÉRIODE DE FLORAISON DE LA COLLECTION D’AMANDIER (Prunus amygdalus Batsch) INSTALLÉE AU DOMAINE EXPÉRIMENTAL D’AIN TAOUJDATE. Par Hakim Outghouliast, Ali Mamouni et Mohamed Lahlou (INRA – CRRA Meknès)

Ir Hakim OUTGHOULIAST, Chercheur, Amélioration génétique des arbres fruitiers, URAPCRG-CRRA Meknès

Ir Hakim OUTGHOULIAST, Chercheur, Amélioration génétique des arbres fruitiers, URAPCRG-CRRA Meknès

L’amandier (Prunus amygdalus Batsch) est toujours considéré comme la première espèce fruitière à fleurir et la date de floraison est généralement considérée comme un caractère quantitatif pour la majorité des cultivars d’amandier. Dans les programmes d’amélioration génétique entrepris dans le pourtour méditerranéen, la floraison tardive a été une caractéristique recherchée pour l’amandier afin d’éviter les risques de gelée et d’assurer des conditions de température favorables pour la pollinisation et la fécondation. Les perturbations météorologiques, dont le réchauffement climatique et la réduction de la pluviométrie à l’échelle planétaire, concernent également le Maroc. En effet une réduction des disponibilités en froid nécessaire à la satisfaction des besoins thermiques des espèces arboricoles a été enregistrée durant certaines années et les aléas climatiques, notamment la gelée et la grêle, deviennent fréquentes. Une collection de conservation d’amandier a été établie sur la base d’introduction de variétés étrangères qui font l’objet d’étude de comportement et d’évaluation avant toute sélection au sein de cette collection. L’objectif assigné à cette investigation est d’évaluer le comportement physiologique, en l’occurrence les périodes de floraison de cette collection, en se focalisant essentiellement sur les variétés à floraison de saison ‘ Marcona’ et son pollinisateur classique ‘Fournat de breznaud’, en plus du groupe de variétés à floraison tardive qui sont largement plantées en amanderaies de production dans le bassin méditerranéen. Continuer la lecture →

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TOLERANCE AU STRESS HYDRIQUE DE QUELQUES VARIETES DE POMMIER EN CULTURE DANS LE MOYEN ATLAS. Par Mohamed El Kadi(1,2), Rachid Razouk(1), Jamal Charafi(1) et Saïd Bouda(2)

Mohamed El Kadi, Doctorant INRA-CRRA Meknès / FST Beni Mellal

Mohamed El Kadi, Doctorant INRA-CRRA Meknès / FST Beni Mellal

Le bassin méditerranéen est parmi les régions les plus vulnérables à la sécheresse, aussi bien actuellement que dans les années à venir comme prédit par les différents scénarios climatiques. Certaines investigations dans ce domaine mettent en garde contre des impacts significatifs à la fois sur les précipitations moyennes et la variabilité des systèmes hydrologiques, avec une diminution prévisionnelle de 20% de la disponibilité en eau. Au Maroc, la température moyenne a augmenté de 0.42 °C par décennie depuis 1990 et les précipitations ont diminué de plus de 20% entre 1961 et 2005. Cette situation déjà alarmante serait aggravée dans les années futures selon les prévisions climatiques qui indiquent que l’augmentation de l’aridité se poursuivra au Maroc, par une hausse supplémentaire de la température de 1.5 °C d’ici 2050 suivant le scénario climatique RCP4.5, ou 2°C suivant le scénario RCP8.5, associée à une baisse des précipitations de l’ordre de 15%.

La réduction des disponibilités hydriques, conjuguée à une forte demande en eau, impose aux agriculteurs marocains l’adoption de programmes d’irrigation déficitaire avec une surexploitation des eaux souterraines, dont la gravité pourrait augmenter dans l’avenir comme prévue par les changements climatiques. Les acteurs agricoles marocains sont donc appelés à développer des réflexions pour l’adoption de stratégies durables d’économie d’eau, notamment pour les cultures les plus exigeantes en eau, dont fait partie une grande partie des arbres fruitiers. Pour faire face à la pénurie d’eau, les travaux de recherche se focalisent sur deux stratégies principales : (i) l’utilisation de techniques innovantes et précises de gestion de l’irrigation déficitaire capables d’améliorer l’efficience d’utilisation de l’eau, tout en minimisant l’impact sur le potentiel productif des cultures, et (ii) l’utilisation de matériel végétal moins exigeant en eau ou tolérant au stress hydrique avec un impact minimal sur le rendement et la qualité du fruit.

C’est dans cette seconde optique où s’est inscrit un travail de caractérisation de 11 variétés de pommier, en collection au domaine expérimental de l’INRA à Annoceur, pour la tolérance au stress hydrique en période de croissance du fruit. Continuer la lecture →

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