CROISSANCE VEGETATIVE CHEZ L’OLIVIER, FACTEUR DETERMINANT DES RENDEMENTS. Par Ali Mamouni, Chercheur – INRA Meknès

Ali Mamouni, Chercheur en amélioration génétique des arbres fruitiers, Chef du SRD - INRA Meknès

Ali Mamouni, Chercheur en amélioration génétique des arbres fruitiers, SRD – CRRA Meknès

Chez l’olivier, la croissance végétative a lieu en deux vagues ; printanière (mars et début juin) et automnale (septembre-novembre). Etant donné que l’olivier produit strictement sur le bois d’un an, c’est la croissance des pousses d’une année qui conditionne la production de l’année suivante. En plus du potentiel génétique de la variété (vigueur et port), la croissance végétative dépend de plusieurs autres facteurs; la lumière, l’alimentation en eau et en éléments minéraux et la charge en olives de l’année. Dans le système de culture en pluvial où le risque de stress hydrique est souvent conjugué à une conduite précaire, la faiblesse de la production et son alternance biannuelle ou trisannuelle sont principalement liées à une croissance végétative insuffisante. Les deux années (2009 et 2010) qui ont connu des précipitations exceptionnelles se sont traduites par deux bonnes productions successives ce qui démontre l’importance de ce facteur (alimentation hydrique) dans la détermination de la production et mettant en saillie la nécessité d’améliorer les pratiques de collecte de l’eau dans le système de culture en pluvial.
Afin d’évaluer l’impact de la croissance végétative sur la production de l’olivier, sept vergers, plantés à base de la variété Picholine marocaine, ont été choisis au niveau de différents périmètres oléicoles (Tableau 1). Continuer la lecture →

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Edito – Programme de recherche à moyen terme 2021-2024 : un engagement renouvelé pour l’excellence

Dr Abderrahim Bentaïbi, Chef du CRRA Meknès

Dr Abderrahim Bentaïbi, Chef du CRRA Meknès

Le centre Régional de la Recherche agronomique de Meknès(CRRA) dispose de nombreux atouts pour poursuivre avec succès ses missions principales de recherche et de recherche développement. La notoriété de ses équipes de recherche, l’excellence de ses travaux et de ses infrastructures (Laboratoires, Qualipole et domaines expérimentaux), ou encore son réseau opérationnel de partenariats institutionnels et professionnels qui lui procure une position d’excellence dans son domaine.

Les Programmes de Recherche à Moyen Termes (PRMT) établissent et organisent les activités de Recherche au CRRA Meknès, ils répondent aux attentes réelles exprimées par les partenaires dans le cadre du Plan Maroc Vert mais aussi intègrent les besoins de la recherche prospective identifiés à partir de la veille scientifique et le bilan des résultats des programmes de recherche antérieurs.

Les PRMT 2017-2020 de l’INRA (dont deux sont domiciliés au CRRA Meknès) constituent un programme ambitieux qui a consolidé la recherche sur les filières de production et les domaines transverses du Plan Maroc Vert. L’année 2020 sera consacrée à la finalisation des PRMT de la période 2017-20 mais aussi à l’élaboration participative des PRMT 2021-2024.

C’est dans cet esprit que le CRRA Meknès a entamé un processus de planification de ses programmes de recherche à moyen termes par l’organisation le 07 janvier 2020 d’un atelier participatif « Cadrage et opportunités de développement agricole de la région Fés-Meknès ». L’objectif est d’identifier les contraintes et les opportunités de développement agricole spécifique à la région Fès-Meknès. L’atelier a connu la participation de nombreux acteurs régionaux de développement agricole et des professionnels du secteur.

La feuille de route de ce processus est de réussir la planification participative des PRMT 2021-2024 avec une orientation vers une agriculture compétitive, durable et résiliente dans le cadre du Plan Maroc Vert.

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REUSSIR UNE PRODUCTION DE FIGUES DESTINEE AU SECHAGE : DE LA PLANTATION A LA RECOLTE. Par Jamal Charafi, Rachid Razouk & Lahcen Hssaini.

Dr Jamal Charafi, Chercheur à l'URAPCRG du CRRA Meknès

Dr Jamal Charafi, Chercheur à l’URAPCRG du CRRA Meknès

La culture de figuier (Ficus carica L.) a pris de l’ampleur au Maroc depuis le lancement du Plan Maroc-vert. La superficie totale occupée par cette espèce est d’environ 61.500 ha pour une production de figues estimée à plus de 128 380 tonnes en 2018 (MAPMDREF, 2018).

La valorisation des figues est confrontée à plusieurs problèmes techniques. Les vergers à vocation figuicole sont absents ou rares et la plupart des plantations sont axées sur un matériel génétique hétérogène. Dans la majorité des cas, les arbres ne subissent aucune intervention culturale ou les traitements nécessaires. Ainsi, les agriculteurs maîtrisent peu les conditions nécessaires pour produire des figues destinées au séchage.

Le présent article décrit quelques principaux éléments à suivre pour réussir une production de figues de qualité valorisable par le séchage.

 I. Exigences pédo-climatiques

Le figuier s’adapte bien à une large gamme de sols, il se développe sur les sols lourds argileux et aussi sur les plus légers comme les sols sableux, mais préfère les sols limono-argileux (Roger, 2002). Pour un bon séchage, la culture du figuier est à privilégier dans des régions à faible hygrométrie avec un fort ensoleillement et des étés chauds et secs. Les températures de 32 à 37°C sont très favorables au développement et la maturité des fruits et l’arbre adulte peut résister jusqu’à -12°C (Oukabli et Mamouni, 2008).

II. Choix variétal

En plus du gros calibre, la couleur claire de l’épiderme est le premier caractère recherché par le consommateur et qui donne un aspect attirant chez les figues sèches. Les figues de couleur jaunâtre à verdâtre sont les plus aptes au séchage et donnent la couleur blanchâtre après cette opération. La peau fine est aussi un caractère important qui permet une déshydratation plus rapide pour les figues. Aussi, rester attaché à l’arbre jusqu’au début de desséchement est un bon paramètre de sélection variétale. Sans oublier qu’une teneur élevée en sucre est un caractère fortement corrélé avec l’aptitude au séchage et qui est favorisée par la caprification. Continuer la lecture →

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QUALITE DU FRUIT DES CLONES LOCAUX ET VARIETES ETRANGERES DE FIGUIER EN COLLECTION A L’INRA DE MEKNES. Par Rachid Razouk, Jamal Charafi & Lahcen Hssaini (INRA Meknès) et Hafida Hanine (FST Beni Mellal)

Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV - CRRA Meknès

Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV – CRRA Meknès

La qualité des figues, ou des fruits en général, recouvre des composantes commerciales, organoleptiques, sanitaires et nutritionnelles dont la hiérarchisation peut varier selon les opérateurs au sein de la filière et en fonction de l’utilisation finale : consommation en frais ou valorisation agro-industrielle. La catégorisation ou l’évaluation de ces quatre composantes de qualité des fruits passe à travers des mesures morphologiques, des relevés physico-chimiques et des analyses biochimiques. Ces derniers interviennent particulièrement dans l’identification des attributs de qualité organoleptique et nutritionnelle dont l’élaboration est la résultante du potentiel génétique de la variété, des conditions du milieu et de l’itinéraire technique. Dans cette optique, des mesures physico-chimiques et biochimiques ont été réalisées sur une collection de 135 cultivars de figuier, dont 89 clones locaux et 46 variétés étrangères, à la maturité commerciale. Elles ont concerné la couleur de l’épiderme, identifiée visuellement et par colorimétrie (indices L*, a*, b*, c* et h*), le degré Brix, l’acidité titrable, l’indice de maturité (degré Brix/acidité titrable), l’activité antioxydante et les teneurs totaux en composés bioactifs, à savoir : les sucres solubles, les composés phénoliques, les flavonoïdes, les anthocyanines et les proanthocyanidines.

La couleur de l’épiderme est un critère de qualité qui permet de segmenter les variétés en plusieurs catégories auxquelles les consommateurs, ou les agro-industriels, peuvent facilement se raccrocher.

Sur les 135 cultivars de figuier, neuf catégories de couleur ont été identifiées visuellement, à savoir : jaune (8 génotypes), vert-jaune (32), vert-claire (31), vert (7), marron-verte (18), marron (6), pourpre (15), bleu-violette (13) et noire (5). Les coordonnées colorimétriques L*, a*, b*, c* et h* montrent une grande variabilité de la couleur de fond des épidermes, mais sans faire ressortir clairement la variabilité observée visuellement. Ceci est dû à l’existence d’une multitude de graduations de couleurs au sein du même fruit.  Ce résultat montre l’intérêt de classer les couleurs de fond des figues visuellement plutôt qu’avec l’utilisation des coordonnées numériques colorimétriques. En effet, ces dernières ne permettent pas une distinction précise entre les catégories de couleurs et donc de constituer des lots homogènes de variétés. En revanche, l’évaluation visuelle permet de segmenter les différentes figues de la collection en neuf catégories de couleurs, facilement identifiables. Continuer la lecture →

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EFFET DU STRESS HYDRIQUE SUR LE RENDEMENT EN GRAINES CHEZ QUELQUES VARIETES DE TOURNESOL (HELIANTHUS ANNUUS L) DANS LA REGION DU SAÏS. Par Rajae Kettani, Abdelghani Nabloussi & Lahcen Hssaini.

Dr Rajae Kettani, Agrophysiologie des annuelles (URAPV - INRA CRRA Meknes)

Dr Rajae Kettani, Agrophysiologie des annuelles (URAPV – INRA CRRA Meknes)

Le tournesol est la principale culture oléagineuse annuelle au Maroc. Il est cultivé pour ses graines riches en huile utilisées non seulement pour l’homme mais aussi pour l’alimentation animale à travers ses tourteaux assez riches en protéines. Il est surtout apprécié pour la qualité de son huile équilibrée avec 12% seulement d’acides gras insaturés. Selon le Ministère de l’Agriculture, la superficie moyenne consacrée aux oléagineux en 2017-2018 est de 35 000 ha dont 21 700 ha consacrés au tournesol avec une production de 38 000 tonnes.

Conscient de l’importance de la filière oléagineuse, et principalement de la culture du tournesol; le Ministère a lancé une importante initiative pour son développement sous forme d’un contrat-programme avec la fédération interprofessionnelle des oléagineux (FOLEA) pour la période 2013-2020. L’objectif du programme pour 2020 est d’atteindre la superficie de 127.000 hectares de cultures oléagineuses (dont 85.000 ha de tournesol) et de produire 93.000 tonnes d’huile.  Dans ce contexte, le Maroc subit de plein fouet les changements climatiques;  notamment après la grave sécheresse de 2016 qui a décimé les récoltes et déprimé l’économie de 1.5%. Par conséquent, le pays a adopté une série de politiques vertes afin de préserver ses ressources naturelles et renforcer la résilience de l’agriculture face à la réduction du volume des précipitations.

Dans ce sens, l’INRA contribue à travers la conception et la mise en œuvre de projets de recherche dont l’objectif global est la mise au point de technologies à même d’atténuer les conséquences des changements climatiques. Sur le plan recherche-développement de ce contrat programme avec la profession, l’INRA a œuvré pour l’évaluation de différentes variétés de tournesol commercialisées et utilisées par les agriculteurs pour leur tolérance au stress hydrique en phase de floraison.

Cadre de l’étude et importance de la stratégie de tolérance variétale

Ce thème a été retenu car la sécheresse est la contrainte à laquelle se heurtent chaque année la plupart des agriculteurs au Maroc. Parmi les différents moyens pour y faire face, la diversité génétique demeure un capital incontournable. Chez le tournesol, la période de floraison-maturité est déterminante pour le rendement  en graines et constitue ainsi  la phase la plus sensible à la sécheresse. La tolérance  des variétés de tournesol durant cette phase reproductrice est une voie efficace pour concrétiser le potentiel de la culture et valoriser au mieux les ressources hydriques disponibles, contrairement à  l’esquive ou l’évitement. L’objectif de cette étude est la proposition de variétés tolérantes à la sécheresse en vue d’améliorer le rendement à travers une meilleure valorisation de l’eau  pluviale. Continuer la lecture →

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