EDITO : GESTION OPTIMISEE DE LA RECHERCHE : L’INRA ADOPTE LA PLATEFORME MEL

Par Dr Reda Meziani (INRA CRRA Meknès)

Dr Reda Meziani, Chercheur en biotechnologie, INRA CRRA Meknès
Dr Reda Meziani,
Chercheur en biotechnologie,
INRA CRRA Meknès.

La plateforme MEL (Monitoring, Evaluation and Learning) représente une avancée significative dans le domaine de la gestion de la recherche agricole, offrant une approche intégrée pour suivre, évaluer et rapporter les projets de recherche. En combinant des outils de collecte de données, des indicateurs de performance et des mécanismes de retour d’information, MEL permet aux chercheurs et aux gestionnaires de prendre des décisions éclairées et d’optimiser l’impact de leurs activités.

L’intégration de la plateforme MEL par l’INRA marque une avancée significative dans l’amélioration de la gestion de la recherche agronomique à l’échelle nationale. En adoptant cet outil dans ses processus internes, l’INRA sera en mesure de surveiller et d’évaluer plus efficacement ses projets de recherche, d’identifier les meilleures pratiques, et par conséquent, d’améliorer l’efficacité et l’efficience de ses activités de recherche et recherche développement.

Cette initiative contribuera également à soutenir la vision de l’établissement vers la digitalisation. En adoptant des outils technologiques avancés tels que la plateforme MEL, l’INRA renforce sa capacité à collecter, analyser et utiliser des données en temps réel pour prendre des décisions stratégiques. La digitalisation des processus de suivi et d’évaluation de la recherche agronomique permettra à l’INRA de gagner en efficacité, en transparence et en traçabilité, tout en facilitant la collaboration et l’échange de connaissances avec d’autres institutions et partenaires nationaux et internationaux.

L’adoption de la plateforme MEL par l’INRA simplifiera considérablement le travail des chercheurs au sein de l’institution. Grâce à cet outil centralisé, les chercheurs auront accès à une base de données unifiée contenant des informations précieuses sur les projets de recherche en cours, les résultats obtenus, ainsi que les indicateurs de performance associés. Cette centralisation des données permettra aux chercheurs de gagner du temps et de l’énergie en évitant la dispersion des informations et en facilitant l’accès aux données.

De plus, la plateforme MEL offrira aux chercheurs des fonctionnalités avancées pour analyser et interpréter les données collectées, ce qui leur permettra de tirer des conclusions plus rapidement et plus précisément. Les outils de visualisation des données intégrés à la plateforme faciliteront la compréhension des tendances, permettant, ainsi, aux chercheurs de prendre des décisions éclairées et d’orienter leurs travaux de recherche de manière plus stratégique.

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LES BIOFERTILISANTS MICROBIENS : UNE VOIE PROMETTEUSE POUR AMELIORER LA SANTE ET LA PRODUCTIVITE DE LA CULTURE DE LA POMME DE TERRE FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE.

Par Dr Khaoula Habbadi (INRA CRRA Meknès)

Dr Khaoula Habbadi, Chercheure
Protection des arbres fruitiers
UR.PP – CRRA Meknès

La pomme de terre revêt une importance capitale dans le panorama agricole du Maroc, étant un pilier fondamental de la sécurité alimentaire et de l’économie nationale. En effet, avec une production annuelle dépassant 1,5 million de tonnes, la pomme de terre est l’une des cultures les plus cultivées du pays. Cette importance n’est pas limitée à l’échelle nationale, car la pomme de terre se classe également comme la quatrième culture la plus cultivée au niveau mondial, avec une production annuelle dépassant les 300 millions de tonnes. Cette culture représente ainsi une source cruciale de nutrition pour des millions de personnes à travers le monde, fournissant des glucides complexes, des vitamines et des minéraux essentiels à une alimentation équilibrée. Par conséquent, son rôle dans la sécurité alimentaire mondiale ne peut être sous-estimé, car elle contribue à atténuer les défis liés à la faim et à la malnutrition dans de nombreuses régions.

Défis de la culture de la pomme de terre face au changement climatique

La production de pommes de terre au Maroc est confrontée à une série de défis sans précédent, principalement attribuables aux impacts du changement climatique. Les augmentations des températures moyennes, les schémas de précipitations de plus en plus irréguliers et les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses et les inondations, exercent une pression considérable sur la productivité et la stabilité des récoltes de pommes de terre. Ces conditions météorologiques imprévisibles entraînent des cycles de croissance perturbés, une augmentation des maladies et des ravageurs, ainsi qu’une utilisation accrue des ressources en eau. Les agriculteurs marocains se retrouvent ainsi confrontés à des défis croissants pour maintenir leurs moyens de subsistance et contribuer à la sécurité alimentaire nationale. Face à cette réalité, il devient impératif de développer des stratégies d’adaptation efficaces pour assurer la résilience et la durabilité de la culture de la pomme de terre au Maroc. Ces stratégies devront non seulement inclure des pratiques agricoles innovantes et durables, mais également s’appuyer sur la recherche scientifique et l’expertise locale pour relever les défis complexes posés par le changement climatique. En adoptant une approche proactive et collaborative, il est possible de surmonter ces défis et de garantir la sécurité alimentaire et le bien-être des communautés agricoles marocaines à long terme.

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L’IMPACT DE LA DEFORSTATION SUR LE STOCK DU CARBONE DU SOL DANS LA REGION DE MEKNES.

Par Ir Amal Labaioui (INRA CRRA Meknès)

Ir Amal Labaioui, Chercheure (URGRNSEQ - CRRA Meknes)
Ir Amal Labaioui,
Chercheure en Science du Sol
INRA – CRRA Meknes

La stabilisation de la concentration atmosphérique en dioxyde du carbone (CO2) est une préoccupation environnementale mondiale majeure de notre époque, étant donné que cette concentration n’a cessé d’augmenter depuis la révolution industrielle (Mishra, et al., 2010). Les écosystèmes forestiers jouent un rôle essentiel dans la séquestration du carbone, en tant que réservoir majeur de carbone sur notre planète. En fait, ils stockent environ 46% de l’ensemble des réserves du carbone terrestre (Watson, et al., 2000). La majeure partie du carbone dans les écosystèmes forestiers est stockée dans le sol, et les forêts abritent plus de 40 % des stocks de carbone organique du sol (COS) de l’ensemble des écosystèmes terrestres (IPCC, 2007).

Le sol est reconnu comme l’un des principaux réservoirs de carbone de notre planète, surpassant la végétation et l’atmosphère. En effet, le réservoir de carbone organique du sol est environ trois fois plus important que celui de la végétation et environ deux fois plus important que celui de l’atmosphère (Lal, 2004; Batjes, 1996). Une légère fluctuation du réservoir de carbone du sol peut entraîner une modification importante du réservoir de carbone atmosphérique (Cai, et al., 2020). Par conséquent, augmenter la séquestration du carbone atmosphérique dans les sols offre une possibilité viable pour atténuer le réchauffement climatique mondial. Le changement d’affectation des sols a un impact significatif sur les stocks du carbone du sol (COS) et constitue la deuxième source d’émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère après la combustion de combustibles fossiles (Don, et al., 2011; Jallat, et al., 2021). Le principal type de changement d’affectation des sols est la déforestation au profit de terres cultivées (Smith, et al., 2016). Les changements dans l’utilisation des terres, de la végétation naturelle aux terres cultivées, peuvent entraîner une variation importante des processus écologiques du sol et des fonctions de l’écosystème. Ces effets comprennent des variations dans l’apport, la production, la composition et la dynamique du COS et des perturbations dans l’équilibre du stock de COS (Bradford, et al., 2016).

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LA SELECTION DE L’OLIVIER A L’ERE DE LA GENOMIQUE : QUELS APPORTS POUR L’AMELIORATON GENETIQUE DE L’ESPECE ?

Lamoumni Othmane,
PhD student
INRA CRRA Meknès – UCA FST Marrakech

Par : Lamoumni Othmane1,2, Khadari Bouchaib3,4, El Bakkali Ahmed2

1Université Cadi Ayyad, Marrakech ; 2INRA, CRRA-Meknès ;

3AGAP Institut, CIRAD, Montpellier, France ; 4CBNMed Montpellier, France

L’olivier, arbre caractéristique de la région méditerranéenne, se trouve confronté aux contraintes liées au changement climatique marqués par des hivers de plus en plus doux et des étés plus secs, chauds et longs. L’impact de ce changement sur l’olivier constitue un défi majeur pour la résilience et la durabilité de l’oléiculture non seulement au Maroc mais à l’échelle méditerranéenne. Devant cette situation, la recherche scientifique devrait explorer plusieurs voies pour répondre aux attentes de la filière dans les prochaines années. De par sa longue histoire évolutive en Méditerranée depuis plus de 6000 ans, l’olivier est caractérisé par une grande diversité génétique où plus de 1200 variétés sont décrites et conservées en collections sans considérer les oliviers locaux non encore caractérisés et les populations sauvages d’olivier in-situ. Cette richesse en ressources génétiques représente un réservoir de gènes et de caractères à valoriser dans les programmes d’amélioration génétique en vue de sélectionner de nouvelles variétés plus résilientes aux conditions climatiques futures. Etant un arbre pérenne caractérisé par une longue phase juvénile, la sélection de nouvelles variétés par les voies classiques est un processus long et coûteux à cause du temps et de l’espace nécessaires à l’évaluation phénotypique de génotypes candidats à la sélection. Les programmes d’amélioration génétique devraient prendre en considération les nouvelles avancées en génomique pour pouvoir accélérer la sélection variétale tout en répondant aux nouvelles attentes de la filière dans un contexte de changements globaux.

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COMPORTEMENT ET PERFORMANCES DES MUTANTS DE SESAME DANS DES CONDITIONS DE SECHERESSE

Par : Abdelghani Nabloussi, Mohamed Kouighat et Mohamed El Fechtali (UR-Amélioration de Plantes et Conservation de Ressources Phyto-Génétiques, INRA CRRA de Meknès).

Dr Abdelghani Nabloussi
Amélioration génétique des oléagineux annuels
INRA CRRA Meknès

La réaction des plantes aux stress abiotiques, comme la sécheresse, est influencée par différents facteurs tels que l’environnement, le génotype, le stade de développement, la gravité et la durée du stress. La résistance ou tolérance à la sécheresse des cultures est un trait complexe influencé par de multiples mécanismes agissant souvent de manière synergique. L’évaluation de la résistance à la sécheresse des cultures implique la prise en compte des caractéristiques morphologiques, physiochimiques, anatomiques et moléculaires. L’utilisation conjointe de ces traits pourrait faciliter la sélection de génotypes tolérants à la sécheresse. Par ailleurs, plusieurs indices basés sur le rendement en graines ont été proposés pour évaluer et sélectionner des génotypes tolérants à la sécheresse dans des conditions de stress. De plus, la compréhension des différents mécanismes pour résister à la sécheresse permet de guider les voies de sélection variétale, comprenant des adaptations morphologiques, physiologiques et anatomiques identifiées comme des facteurs importants pour la tolérance à la sécheresse.

Le sésame (Sesamum indicum L.) est une ancienne plante oléagineuse largement cultivée dans les régions arides et semi-arides. Ses graines sont riches en huile (> 50%), en protéines (> 20%), en glucides (> 20%), en fibres digestibles (> 9%) et en antioxydants naturels. Malgré sa tolérance relativement plus élevée au manque d’eau par rapport à d’autres cultures oléagineuses, la productivité et la qualité des graines de sésame restent négativement impactées par des niveaux élevés de stress dus à la sécheresse. Compte tenu du contexte actuel de changement climatique et du fait que le sésame est cultivé en tant que culture en dérobé (en été), il devient impératif d’améliorer la résilience de la plante du sésame face à la sécheresse. Pour relever ce défi, un programme de sélection par mutagenèse a été récemment lancé par l’INRA-Centre Régional de Meknès. Les résultats de travaux antérieurs ont montré la présence de sources génétiques tolérantes à un stress hydrique sévère dans la population mutante, dans des conditions contrôlées (Kouighat et al., 2021, 2023a). Cependant, toutes ces lignées mutantes doivent être évaluées sur le terrain pour confirmer leur stabilité et leur tolérance à la sécheresse et déterminer les mécanismes impliqués dans cette tolérance. Par conséquent, cette étude vise à (1) évaluer les performances et le comportement de 11 mutants, de la génération M4, depuis les stades végétatifs jusqu’à la maturité, sous des conditions de stress hydrique en plein champ dans deux environnements différents, et (2) explorer et comprendre les mécanismes de tolérance à la sécheresse dans des conditions contrôlées (sous serre).

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