Edito. Par Dr Aziz Fadlaoui (Coordinateur de l’URGRNSEQ – CRRA Meknès)

Dr Aziz Fadlaoui, agroéconomie, Coordinateur de l'URGRNSEQ - CRRA Meknès

Dr Aziz Fadlaoui, agroéconomie, Coordinateur de l’URGRNSEQ – CRRA Meknès

L’importance du secteur agricole n’est plus à démontrer. Toutefois, si ce secteur dispose d’importants atouts et potentiels, il est de plus en plus confronté à des défis de sécurité alimentaire, d’efficacité et de  compétitivité, et de durabilité. Face à ces défis, la stratégie du Plan Maroc Vert a été conçue et adoptée en vue de stimuler la compétitivité des territoires et valoriser au mieux les possibilités de chaque ensemble agro-écologique. En consacrant des investissements importants à l’irrigation et en diversifiant les cultures, ce plan œuvre pour le développement d’une agriculture durable en vue d’assurer la sécurité alimentaire.

En effet, ce plan est venu marquer une double évolution. La première se rattache à la priorité, redonnée à l’agriculture, jusqu’alors centrée sur les infrastructures et les produits, a été réorientée sur les acteurs, les filières et les territoires. La seconde consiste en la professionnalisation et la structuration des petites et moyennes exploitations, leur intégration et passage à des logiques d’entreprises. En plus et depuis son lancement, le PMV n’a cessé de créer des dynamiques agricoles. Les contrats-programmes, les domaines transverses ainsi que les projets articulés autour des deux piliers du PMV ont généré une demande de plus en plus prononcée en recherche et suscitent plus d’interaction avec les utilisateurs des résultats.

A cet égard, l’INRA, en tant qu’institution de recherche, a élaboré un programme de recherche de moyen terme quadriennale 2017-2020. Ce dernier a été élaboré en vue de répondre aux contraintes réelles exprimées par les partenaires, tout en considérant les besoins en recherches prospectives que les chercheurs identifient à partir de leur veille scientifique et le bilan des résultats des programmes de recherche antérieurs. Ce programme a été structuré autour de 18 mégaprojets constitués selon les filières et les domaines transverses autour de trois principaux axes : Génétique, Production, et Valorisation/Commercialisation.

Les chercheurs du CRRA Meknès sont associés à sept parmi ces 18 mégaprojets. Leurs activités couvrent un large éventail de recherche et de R&D. Elles touchent aussi bien les filières (arboriculture, viticulture, olivier, céréales, légumineuses, oléagineuses, et cultures maraichères) que les domaines transverses (ressources génétiques, changement climatique, vocation et fertilité des sols). Elles intègrent aussi plusieurs disciplines scientifiques : amélioration génétique, agronomie, biotechnologie, pédologie, phytiatrie, technologie alimentaire, et socio-économie.

Le présent numéro met à la disposition des lecteurs, trois articles, inscrits dans le cadre du programme de recherche susmentionné. Le premier article, de son auteur Dr. A. El Bakkali, discute les atouts que présentent les ressources génétiques pour le programme d’amélioration à travers le cas de l’olivier. Quant au second article, signé par Dr. R. Razouk, il présente les retombées positives de l’irrigation déficitaire régulé des rosacées fruitières en termes de rendement et de qualité du fruit. Le troisième article, élaboré par Mme A. Labaioui, traite de l’impact potentiel du changement climatique sur l’aptitude des principales espèces cultivées dans la zone de Meknès. Dans le dernier article, produit d’un projet de recherche en coopération, Mr N. Bahri aborde les questions associées aux opportunités, de changement social en zones rurales pauvres, qu’offrent les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

 

Publié dans Editorial | Marqué avec , | Commentaires fermés

Ressources génétiques de l’olivier à l’INRA: Atout pour le programme d’amélioration génétique. Par Dr. El Bakkali Ahmed (URAPCRG, CRRA Meknès)

Dr Ahmed El Bakkali (Biotechnologie et amélioration des plantes, URAPCRG, CRRA Meknès)

Dr Ahmed El Bakkali (Biotechnologie et amélioration des plantes, URAPCRG, CRRA Meknès)

La conservation et la gestion des ressources phytogénétiques locales et étrangères est l’une des principales missions de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). De ce fait, une vingtaine d’espèces fruitières sont en conservation dans des collections ex-situ à travers les différents domaines expérimentaux de l’INRA.

Les ressources génétiques représentent un énorme réservoir de gènes et de caractères à exploiter dans les schémas de sélection. Tout programme d’amélioration génétique, pour toute espèce, est fondé dans un premier temps sur la variabilité génétique contenue dans le germoplasme. Par ailleurs, la nécessité de satisfaire les besoins alimentaires a poussé la recherche agronomique vers de nouveaux programmes d’amélioration génétique et de sélection. Ainsi, l’agriculture est passée d’un mode traditionnel, exercé dans des agro-écosystèmes vivriers, à un mode intensif basé le plus souvent sur des cultures monovariétales. Toutefois, l’étroite base génétique des variétés cultivées constitue un obstacle majeur au maintien de la productivité en raison de la vulnérabilité des variétés génétiquement uniformes aux nouveaux stress biotiques et abiotiques.

L’olivier est l’une des plus anciennes espèces fruitières étudiées à l’INRA. Vu l’importance socio-économique du secteur à l’échelle nationale et dans l’objectif de répondre aux attentes de la filière, différents programmes ont été réalisés visant, entre autres, la collecte et la conservation du matériel local, l’introduction et l’étude de comportement des variétés étrangères et la réalisation de croisements afin d’améliorer les variétés déjà existantes. Continuer la lecture

Publié dans Amélioration génétique, Olivier | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés

Niveau de rendement et qualité du fruit des rosacées fruitières sous irrigation déficitaire régulée. Par Dr. Razouk Rachid (URAPV – CRRA Meknès)

Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV - CRRA Meknès

Dr Rachid Razouk,  agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV – CRRA Meknès

L’irrigation déficitaire régulée (IDR) est l’une des approches recommandées à moyen terme par la FAO pour faire face au manque d’eau en agriculture. Cette technique impose un contrôle de l’intensité du déficit hydrique pendant certaines périodes du développement des plantes. En arboriculture fruitière, ces périodes correspondent généralement aux phases de ralentissement de la croissance des fruits, au cours desquelles les arbres sont relativement tolérants au stress hydrique. Les effets bénéfiques de la technique IDR sur le niveau de rendement ont été approuvés chez de nombreuses espèces arboricoles telles que les rosacées fruitières et l’olivier.

A des niveaux modérés, allant jusqu’à 70% des besoins en eau,  cette technique permet d’économiser l’eau d’irrigation tout en maintenant le niveau de rendement pour la majorité des cultures arboricoles, comme l’ont prouvé plusieurs  études menés à l’INRA de Meknès pour le pêcher, le pommier, le prunier et l’amandier. Les niveaux sévères de cette technique n’affectent pas forcément le niveau de rendement. En fait, les effets peuvent être importants ou plutôt insignifiants en fonction de l’espèce et la variété considérées. Dans ce sens, dans des essais d’IDR sévère de 50% ETc, le rendement du prunier (cv. Stanley) et de l’amandier (cv. Tuono)  a été statistiquement égal au niveau obtenu sous irrigation à la demande, pendant trois années consécutives. Cependant, le rendement du pêcher (cv. JH-Hall) a été réduit de 18 à 25%  en fonction des années. Si le rendement est généralement maintenu par l’IDR, notamment à des niveaux modérés, puisqu’il dépend essentiellement de la quantité de carbone assimilée, l’effet sur la qualité du fruit est plus complexe. En effet, la taille du fruit et sa composition biochimique dépendent d’une part de l’assimilation du carbone et de l’azote, et d’autre part de la croissance du fruit, génétiquement déterminée, mais modulée par l’environnement. Continuer la lecture

Publié dans Agronomie, Arboriculture fruitière | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés

Impact du changement climatique sur l’aptitude des principales espèces cultivées dans la zone de Meknès. Par Mme Amal Labaioui (Science du Sol, URGRNSEQ – CRRA Meknès)

Amal Labaoui, Science du Sol, URGRNSEQ - CRRA Meknès

Amal Labaioui, Science du Sol, URGRNSEQ – CRRA Meknès

Selon le quatrième rapport d’évaluation (RE4) du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), la température mondiale moyenne à la surface, les précipitations et les phénomènes extrêmes tels que les fortes précipitations et les sécheresses ont considérablement changé et ces changements sont très susceptibles de continuer dans le futur (GIEC 2007). En effet, les températures moyennes mondiales ont augmenté de 0,2 ° C par décennie depuis les années 1970, et les précipitations moyennes mondiales ont augmenté de 2% au cours des 100 dernières années. Les changements climatiques sont spatialement hétérogènes. Certains endroits, comme l’Arctique, subissent des changements beaucoup plus importants que les moyennes mondiales, tandis que d’autres sont exposés à des effets secondaires comme la hausse du niveau des mers (GIEC, 2007a). Il est de plus en plus probable que les fluctuations des variables climatiques telles que les précipitations et en particulier la température auront une incidence sur la diversité biologique et sur la répartition géographique des habitats   favorables aux espèces (IPCC, 2007).

Les changements climatiques sont aujourd’hui reconnus comme l’une des principales menaces pour la survie des espèces et l’intégrité des écosystèmes partout dans le monde. et peuvent déjà donner lieu à plusieurs extinctions d’espèces récentes (McLaughlin et al., 2002; Pounds et al., 2006). Dans le siècle dernier, beaucoup  d’espèces ont déménagé vers les pôles où vers une altitude supérieure  (Parmesan et Yohe, 2003;. Racine et al, 2003) et continueront certainement à le faire. Ces changements du climat constituent une question environnementale qui mérite une attention particulière en matière de planification et de diversification des productions agricoles et de  préservation  des espèces. La connaissance des propriétés spécifiques de ces changements, susceptibles d’avoir un impact sur l’aire de distribution des espèces, constitue donc un élément central des stratégies d’adaptation (Heller et al., 2009).

L’impact potentiel du changement climatique sur la production agricole varie dans l’espace, et dépend des contraintes biophysiques spécifiques à chaque culture (Anton et al., 2013). En effet, l’impact du changement climatique sur la production de diverses cultures varie nettement en fonction principalement de la région, la saison de croissance, les cultures et leurs seuils de température. Les céréales, les oléagineux et  les protéagineux dépendent de la température et de la longueur du jour pour arriver à maturité. L’augmentation de la température peut raccourcir la durée de la période de croissance de ces cultures, réduire ainsi leurs rendements (Porter et Gawith 1999;. Tubiello et al 2000) et modifier leurs zone de  production en rendant inaptes certaines zones actuellement cultivées. Continuer la lecture

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

NTIC et action collective pour le développement : dans quelle mesure offrent-elles des opportunités de changement social en zones rurales pauvres ?. Par N. Bahri (CRRA Meknès), A. Bentaïbi (CRRA Meknès) et T. Desrues (IESA, Cordoue)

Noureddine BAHRI, SRD - CRRA Meknès

Noureddine BAHRI, Information-Communication,  CRRA Meknès

NTIC et développement

Il ne fait plus aucun doute que l’information et la connaissance, qui constituent une ressource, deviennent progressivement un facteur de production à part entière. En effet, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) permettent non seulement d’augmenter la productivité du travail et de réduire considérablement les coûts de production, mais aussi et surtout d’être à la pointe de l’innovation, de transcender les frontières et de s’inscrire dans les tendances dominantes de la mondialisation.

Dans de nombreux pays dont l’économie est intégrée de manière subordonnée au système international, d’importants segments de la population ─ pauvres, ruraux, petits agriculteurs, artisans ou petits commerçants et entrepreneurs ─ sont touchés par un marché de plus en plus mondialisé. Ces groupes vulnérables ont souvent des difficultés à accéder aux marchés par manque de ressources suffisantes pour obtenir des conditions optimales de production et de commercialisation. Les femmes sont souvent plus vulnérables à l’exclusion et à l’exploitation que les hommes. Il est donc indispensable d’adopter une perspective de genre pour analyser le monde des NTIC.

Deux visions s’affrontent par rapport au rôle des NTIC dans les sociétés actuelles. La première, optimiste, souligne les vertus démocratiques et émancipatrices des NTIC ainsi que leur capacité à stimuler la participation, la mobilisation et le renforcement de la société civile, en considérant que les NTIC favorisent la transparence, la communication et la prise de conscience mondiale. Dans le cadre de cette nouvelles « révolution », l’expansion de la téléphonie mobile acquiert un rôle central sachant que la plus forte croissance en la matière est enregistrée dans les pays en développement, dont le Maroc. Continuer la lecture

Publié dans Socioéconomie | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés