Edito

Dr Abderrahim Bentaibi,Chef du CRRA Meknès
Dr Abderrahim Bentaibi,Chef du CRRA Meknès

Convaincu de la place prépondérante de la communication virtuelle au sein de l’espace médiatique actuel, le CRRA Meknès accorde à cet aspect une place de choix au sein de sa stratégie de communication institutionnelle. Il déploie à cet effet un portail quadridimensionnel à base de trois sites web en langues française, arabe et anglaise, en plus du présents périodique d’information en ligne « INRA Meknès Magazine ».

Durant l’année que nous venons de quitter, nos lecteurs et lectrices internautes ont été plus de 17.000 dont 60% émanant du Maroc, 20% du Maghreb, 15% d’Europe et 5% du reste du monde. Nous recevons là une marque de confiance exhortant à aller de l’avant dans cette aventure de partage de contenus scientifiques émanant des travaux de recherche du CRRA Meknès.

La présente édition, qui intervient après une année d’interruption, offre une découverte de quatre nouvelles activités assidument menées par nos différentes équipes de recherche. La première contribution traite de l’auto-incompatibilité chez l’olivier en vue d’une production oléicole efficiente et durable. Les deux articles suivant sont consacrés aux recherche sur les rosacées fruitières avec une contribution à l’établissement des normes de fertilisation du pommier au Moyen Atlas d’une part et d’autre part une analyse du phénomène de résistance du Carpocapse des pommes et des poires à certains  insecticides en usage. Le quatrième papier se penche enfin sur le nouveau problème de l’Orobanche du tournesol au Maroc et sur les opportunités à saisir pour endiguer ce parasite en accompagnement de l’essor escompté pour les cultures oléagineuses au Maroc.

Bonne lecture.

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L’auto-incompatibilité chez l’olivier : pour une production oléicole efficiente et durable. Par Dr Ahmed El Bakkali (Chercheur, CRRA Meknès)

Dr Ahmed El Bakkali, Chercheur en biotechnologie et amélioration des plantes, URAPCRG - CRRA Meknès
Dr Ahmed El Bakkali, Chercheur en biotechnologie et amélioration des plantes, URAPCRG – CRRA Meknès

L’auto-incompatibilité (Self-incompatibility), un mécanisme pré-zygotique de post-pollinisation empêchant l’autofécondation chez les plantes hermaphrodites, est une caractéristique commune chez 40% des plantes à fleurs. Parmi les espèces végétales possédant un système d’auto-incompatibilité fonctionnel, les espèces cultivées revêtent une importance particulière car son système d’auto-incompatibilité interfère directement avec la production fruitière, ce qui représente un obstacle majeur pour un rendement élevé et stable d’une année à l’autre.

Pollinisation chez l’olivier

L’olivier est une espèce dioïque à fleurs hermaphrodites et partiellement autogame. La pollinisation est anémophile et le tube pollinique atteint la base du style 3-4 jours après la germination du pollen. Malgré l’importance socio-économique, écologique et culturelle de l’olivier, son système de reproduction est encore controversé. Les variétés capables de produire des fruits par autofécondation sont supposées existantes, mais cette supposition est rarement soutenue par les tests de paternité.

Sans tenir compte du phénomène de l’alternance qui est génétiquement contrôlé chez l’olivier, il est bien connu que le rendement et la qualité des fruits dépendent d’une série de facteurs depuis l’année précédant la floraison. Généralement, produire des grains de pollen suffisants, en quantité et qualité, et avoir un taux de nouaison de 5-7% dépendent des variétés et des conditions d’environnement. Sans oublier l’incidence de certains ravageurs et maladies (p. ex. la teigne de l’olivier), les facteurs climatiques se sont montrés déterminants en affectant directement l’induction, la différentiation florale et la floraison.

L’efficacité de la pollinisation en verger d’olivier nécessite en plus de l’inter-compatibilité entre variétés, liée bien évidemment au génome de l’espèce, un ratio d’arbres de variétés pollinisatrices/variétés de base de l’ordre de 10 à 20%, qui peut être modélisé en tenant compte de : (1) le chevauchement de la floraison entre les variétés pollinisatrices et celles de base, (2) la richesse en pollen des variétés pollinisatrices, (3) les distances entres les arbres des variétés pollinisatrices et de base, (4) la longueur de la période de pollinisation effective, (5) la durée de viabilité du pollen, (6) la disposition géométrique des arbres dans le verger (carré ou rectangle) et (7) l’orientation des lignes de plantation en fonction de la direction des vents. Continuer la lecture

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Contribution à l’établissement des normes de fertilisation du pommier au Moyen Atlas. Par Dr Rachid Razouk (Chercheur, CRRA Meknès)

Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV - CRRA Meknès
Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV – CRRA Meknès

Pour améliorer leur compétitivité et assurer la durabilité de la qualité de leurs sols, les agriculteurs doivent constamment améliorer l’efficience de la fertilisation de leurs cultures. Cet objectif peut être atteint par la détermination du niveau critique de chaque élément nutritif. Il est à rappeler que ce niveau critique correspond à la concentration dans le sol au-dessus de laquelle la culture ne répond plus à l’apport de ce fertilisant. La détermination de ce niveau est basée sur des essais de doses croissantes de l’élément nutritif à différents niveaux de richesse du sol.

En arboriculture fruitière, la détermination précise des besoins en nutriments est particulièrement difficile. En effet, les nutriments et les métabolites peuvent être stockés dans le bois pour être utilisés l’année suivante par les pousses en croissance. A ces difficultés s’ajoutent celles liées à la migration des nutriments dans le sol et à la particularité du système racinaire des arbres.

L’analyse du sol permet de quantifier la richesse en éléments nutritifs du sol et d’estimer les besoins en engrais, mais n’indique pas leur utilisation par les arbres. Cependant, l’analyse foliaire est un outil efficace pour évaluer l’état nutritionnel des arbres et pour réajuster les besoins en engrais en tenant compte des facteurs qui peuvent affecter la disponibilité des nutriments et leur absorption par les racines. Ainsi, une carence en phosphore peut être expliquée par une faible concentration de ce nutriment dans le sol, une inhibition de son absorption en sol calcaire, ou par l’effet combiné de ces deux conditions. L’analyse foliaire révèle également des déficiences induites par certaines pratiques de fertilisation. Par exemple, une carence en potassium peut être induite par une fertilisation excessive en azote du fait que la croissance végétative issue de l’azote génère des besoins importants en potassium. L’analyse foliaire fournit des informations sur l’assimilation des engrais et, pour cette raison, elle complète l’analyse du sol. Continuer la lecture

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Résistance du Carpocape des pommes et des poires (Cydia pomonella L.) à certains insecticides en usage dans la région d’Azrou. Par Dr Salma Iraqui El Houssaïni (Chercheuse, CRRA Meknès)

Dr Salma Iraqui El Houssaïni, Chercheuse entomologiste au CRRA Meknès

Dr Salma Iraqui El Houssaïni, Chercheuse entomologiste, URPP – CRRA Meknès

Dans les vergers de pommier marocains, ceux tout au moins conformes aux normes, la lutte chimique demeure massivement utilisée. Nous disons conformes aux normes car selon notre vision deux types de verger coexistent. Le premier, industriel, est composé par de grandes exploitations rationnelles et productivistes. Le second, entretenu par des paysans, plus petit et directement lié à la volonté du propriétaire et à ses connaissances.

A ce jour, à quelques exceptions, la lutte, intégralement basée sur les insecticides chimiques, n’est certainement pas une stratégie durable. Sur pommier et poirier; contre tous les ravageurs confondus; nous sommes à quelques 25 interventions chimiques (insecticides + fongicides +acaricides), avec un grand risque de développement de résistance des ravageurs clés contre lesquels, dans leur empressement à les occire, nos agriculteurs « tirent dessus ». Autre coup dur pour les producteurs de pommier et poirier; les acariens, les pucerons, la tavelure, le feu bactérien qui a décimé des plantations entières, sans oublier la grêle et le gel rendant de plus en plus difficiles les conditions de production.

En moyenne, 12 à 15 traitements sont réalisés au cours de la saison de production, exclusivement contre le carpocapse des pommes et des poires. Ce bras de fer se conclut souvent à l’avantage de l’insecte, puisqu’il y a de plus en plus de pertes à la récolte. Les captures des pièges sexuels ne manquent pas d’être au dessus du seuil d’intervention admis et alourdissent sans commune mesure les interventions insecticides les rendant de plus en plus routinières. Cette stratégie de lutte, où ce qui est mauvais pour le carpocapse est bon pour le producteur, montre des signes de faiblesse patents dans divers vergers. Continuer la lecture

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Orobanche du tournesol au Maroc. Par Dr. Abdelghani Nabloussi (Chercheur, CRRA Meknès)

Dr Abdelghani Nabloussi, Amélioration génétique des oléagineux annuels, Coordinateur de l’URAPCRG - CRRA Meknès
Dr Abdelghani Nabloussi, Amélioration génétique des oléagineux annuels, Coordinateur de l’URAPCRG – CRRA Meknès

Originaire du bassin méditerranéen, l’orobanche du tournesol (Orobanche cumana Wallr.) est une plante holoparasite dépourvue de chlorophylle qui infeste une gamme limitée d’hôtes. Dans la nature, l’orobanche parasite quelques espèces de la famille des Asteraceae, principalement Artemisia spp, alors que dans les champs agricoles, elle attaque exclusivement le tournesol (Helianthus annuus L.). L’orobanche parasite les racines du tournesol, ce qui provoque des problèmes de flétrissement et de réduction de la croissance et du développement des plantes infestées et, par conséquent, une perte énorme du rendement en graine. La plante de l’orobanche a une hauteur moyenne qui varie de 40 à 50 cm, portant des fleurs blanches plus ou moins teintées de violet. Son potentiel de production des graines est très important, avec plus de 500.000 graines par plante de tournesol infectée. Ces graines sont très minuscules ne dépassant pas 0,3 mm de longueur, ce qui facilite et favorise leur dissémination rapide par le vent.

Le parasitisme de l’orobanche du tournesol fût observé pour la première fois en Russie en 19ème siècle (1866) et depuis s’est propagé et disséminé dans plusieurs régions du monde, notamment en Europe et en Asie. Il a causé des dégâts très significatifs à cette culture oléagineuse stratégique dans plusieurs pays tels que la Turquie, la Roumanie, l’Ukraine, la Bulgarie, la Russie, la Chine et les pays de la mer noire. En Afrique du nord, la présence de l’orobanche a été rapportée pour la première fois en Tunisie durant 2010. Et ce n’est qu’en 2016, que des champs de tournesol lourdement infestés par ce fléau ont été observés au Maroc, particulièrement dans la zone de Souk Al Arbaa, dans la province de Kenitra.

A ce jour, huit races physiologiques de l’orobanche du tournesol, nommées de A à H, ont été identifiées et les races F, G et H sont les plus rencontrées dans les différents pays producteurs de tournesol. Une étude préliminaire de ce parasite observé au Maroc a été réalisée par l’INRA, dans le cadre de la convention spécifique entre la Fédération Interprofessionnelle des Oléagineux (FOLEA) et l’INRA signée en 2016. Dans ce contexte, une visite de diagnostic a été réalisée en juillet 2016, dans la zone de Souk al Arbaa, dans des parcelles ayant montré un taux d’infestation élevé par l’orobanche. Continuer la lecture

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