Edito

Dr Abderrahim Bentaïbi, Chef du CRRA Meknès

Dr Abderrahim Bentaïbi, Chef du CRRA Meknès

C’est une nouvelle campagne agricole qui s’annonce sous les couleurs de l’espoir et de l’engagement en faveur d’un développement agricole durable. Le Centre Régional de la Recherche Agronomique de Meknès, fidèle à sa tradition de production et de partage scientifiques, vous offre ainsi la présente nouvelle édition de « INRA Meknès Magazine » avec quatre articles présentant les acquis de recherches récentes concernant la protection des arbres fruitiers, la vigne en l’occurrence, la valorisation du grenadier et la fertilité du sol dans des vergers d’olivier.

Le staff de recherche du CRRA Meknès ne peut ici que partager aussi sa lourde peine pour la perte de l’un des siens, le chercheur Dr Abderrazak Bendidi, subitement disparu ce 11 août 2022 à l’âge de 56 ans seulement. Le défunt avait rejoint l’INRA en 1994 en tant que technicien de recherche. Faisant preuve d’une forte ambition et d’un grand amour pour la recherche, il engagea des études diplômantes et obtint en 2006 le diplôme d’Ingénieur Agronome de l’ENA Meknès puis, dix ans plus tard, un Doctorat en biologie de la FS Kénitra. Les études qu’il a mené en agro-physiologie furent axées sur la résistance du blé tendre au changement climatique. Puisse Allah l’agréer en sa sainte miséricorde.

Je tiens aussi à louer la grande valeur scientifique et humaine des deux autres chercheurs qui nous ont récemment quitté pour départ à la retraite. Il s’agit du Dr El Hassan Achbani, ex Coordinateur de l’Unité de Protection des Plantes du CRRA Meknès et du Dr Zine El Abidine Fatemi, généticien des légumineuses alimentaires. Je leur souhaite le meilleur des bonheurs dans leur vie professionnelle et familiale future.

Le CRRA Meknès a enfin l’honneur de gagner le concours de deux nouveaux arrivants ; les chercheurs Dr Reda Méziani (Biotechnologie) et Dr Lahcen Hssaini (Technologie alimentaire). Je leur souhaite la bienvenue et le meilleur des succès.

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GESTION INTEGREE DE LA POURRITURE GRISE (BOTRYTIS CINEREA) SUR LA VIGNE AU MAROC. Par Faiçal Aoujil (1,2), Khaoula Habbadi (1) et Abdellatif Benbouazza (1)

Faiçal Aoujil

Faiçal Aoujil, PhD Student INRA Meknès

La viticulture est l’une des filières de production les plus importantes dans le monde, avec une superficie globale de l’ordre de 6,9 millions d’hectares et une production annuelle de 78 MT en 2020(1). Au Maroc, la superficie plantée et le rendement de la vigne en 2020 ont été respectivement de 39405 ha et de 396903 tonnes (1).  Cela dit, la vigne est soumise à une multitude de bio-agresseurs, parmi lesquels figure le champignon phytopathogène Botrytis cinerea (Pers. : Fr), responsable de la pourriture grise de la vigne.

Ce champignon polyphage au mode de vie nécrotrophe est considéré comme étant la 3éme menace, de par son importance économique, après le mildiou et l’oïdium, causant une macération, accompagnée d’une sporulation grise cendrée intense sur les organes infectés de la vigne (Figure 1) et peut causer des pertes qualitatives et quantitatives considérables pouvant aller jusqu’à 40% (2).

D’après nos observations sur le terrain, la pourriture grise fait partie des maladies cryptogamiques les plus problématiques au Maroc. Ceci pour plusieurs raisons, dont l’encépagement du vignoble marocain qui est composé essentiellement de variétés moyennement sensibles à sensible au Botrytis cinerea en l’occurrence : Cinsault, Muscat d’Alexandrie et Doukkali et la non maitrise des traitements botryticides qui n’ont lieu qu’après la véraison rendant difficile le contrôle de la maladie.

Malgré l’importance de ce pathogène, il n’y a eu jusqu’à présent aucune étude sur les populations de Botrytis cinerea affectant le raisin au Maroc. Partant de ce constat, s’est inscrite une thèse de doctorat entre le centre régional de recherche agronomique de Meknès en collaboration avec la faculté des sciences de Meknès, dans le cadre d’un projet Prima, dont le but est de fournir de nouvelles informations pour le contrôle de la pourriture grise sur la vigne par : Continuer la lecture

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LA GALLE DU COLLET CHEZ LA VIGNE : ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES. Par Hiba Yahyaoui (1,2), Khaoula Habbadi (1) et Abdellatif Benbouazza (1)

Hiba Yahyaoui

Hiba Yahyaoui, PhD Student

Que ce soit pour la production de raisins de table, de cuve ou d’autres dérivés, la viticulture représente l’un des domaines agricoles les plus importants au monde en termes de surface cultivée et de rentabilité financière. Cependant, elle est soumise à diverses menaces biotiques, notamment la galle du collet. Cette maladie constitue un problème phytosanitaire grave, entraînant une baisse significative du rendement et peut entrainer dans certains cas la mort de la plante.

La galle du collet de la vigne est une maladie d’origine bactérienne caractérisée par la formation de tumeurs ou de galles sur les racines et le tronc. La principale bactérie pathogène responsable de cette maladie est encore fréquemment connue sous le nom d’Agrobacterium vitis mais a été reclassée dans le genre Allorhizobium [1-2]. Ces bactéries ne sont pathogènes que lorsqu’elles sont porteuses d’un plasmide inducteur de tumeur (pTi) qui abrite tous les gènes de virulence responsables de l’établissement et du développement développement de la tumeur.

L’infection d’un cépage sain commence généralement au niveau des blessures souvent causées par le gel hivernal, plaies de taille non badigeonnées, greffage et la grêle. Après l’infection initiale, les bactéries peuvent survivre d’une façon systémique dans le tissu vasculaire de la plante.  Après la blessure de la plante, A. vitis transfère la région ADN-T du plasmide bactérien inducteur de tumeur (pTi) à la cellule hôte, qui l’intègre ensuite dans le génome de la plante hôte. L’ADN-T inséré contient des gènes pour la biosynthèse des hormones de croissance des plantes. L’expression ultérieure des gènes de l’ADN-T entraîne une surproduction d’auxines et de cytokines, et conduit finalement à la formation anormale de galles dans la plante hôte. Cette transformation se traduit également par une production d’opines, composés spécifiques de la tumeur, qui servent de nutriments à A. vitis. L’invasion des tissus vasculaires par les galles peut entraîner la mort de la vigne [3-4]. Continuer la lecture

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COMPARAISON DES HUILES DES PEPINS DE SEPT CULTIVARS DE GRENADIER SOUS DES CONDITIONS DE STRESS HYDRIQUE SEVERE. Par : Atman ADIBA, Lahcen HSSAINI, Rachid RAZOUK (INRA CRRA Meknès)

Atma Adiba, PhD Student INRA Meknès - FST Beni Mellal

Atma Adiba, PhD Student INRA Meknès – FST Beni Mellal

Le grenadier (Punica granatum L.) est l’un des arbres fruitiers anciennement cultivés au Maroc. Il a été considéré pendant longtemps comme une espèce secondaire avant l’arrivée du Plan Maroc Vert qui a boosté son développement pour passer de 5220 ha en 2008 à plus de 14 000 ha actuellement. En plus de sa consommation en frais, le fruit du grenadier est destiné aussi à la production de jus, confiture, sirop et boissons ayant un grand intérêt dans la valorisation agroalimentaire de cette filière dans le cadre d’une économie circulaire. Dans ce sens, plusieurs recherches ont soulevé l’importance nutritionnelle des pépins de la grenade en raison de leur teneur en huile (12-20 %) et molécules neutraceutiques, anti-oxydantes et bioactives, dont principalement les acides gras et les polyphénols (Verardo et al., 2014 ; Smaoui et al., 2019). Cependant, ces études se sont généralement focalisées sur la variabilité génotypique d’huile de grenades, avec peu de recherches sur l’interaction des génotypes avec les conditions environnementales et son influence sur ce trait. Ce travail est une contribution qui vise à évaluer l’effet du stress hydrique sur la teneur en huile des pépins de différents cultivars de grenadier ainsi que sur leurs propriétés lipo-chimiques en utilisant la spectroscopie infrarouge (FTIR-ATR).

L’expérimentation a été réalisée au domaine expérimental de l’INRA-Meknès à Ain Taoujdate sur sept cultivars de grenadier, dont cinq clones locaux, à savoir ‘Grenade Jaune’, ‘Djebali’, ‘Ounk Hmam’, ‘Sefri’, ‘Gjeibi’ et deux variétés étrangères, ‘Zheri Precoce’ (Tunisie) et ‘Mollar Osin Hueso’ (Chine). Continuer la lecture

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ETUDE DE LA FERTILITE DU SOL DANS DES VERGERS D’OLIVIER ASSOCIE A DIFFERENTES CULTURES INTERCALAIRES DANS LA REGION DE SAIS*. Par : K. Bouhafa (1), L. Moughli (2), K. Daoui (1), A. Douaik (3) et Y. Taarabt (1)

Dr Karima Bouhafa, chercheuse en sciences du sol (URGRNESQ - CRRA Meknès)

Dr Karima Bouhafa, chercheuse en sciences du sol (URGRNESQ – CRRA Meknès)

Des travaux de recherche sur les changements climatiques prévoient une augmentation des températures moyennes au Maroc comprise entre 2,2 et 2,6 °C et une baisse moyenne des précipitations comprise entre 9 et 12% à l’horizon 2050 (Sinan et Belhouji, 2016).  Par conséquent, les ressources naturelles et notamment en eau connaitront une tendance accrue à la dégradation plus ou moins rapide menaçant la production agricole et les bases de la survie en milieu rural.

Parmi les alternatives pour une production agricole résiliente, les systèmes de cultures intercalaires, considérés comme pratique agro écologique économe en intrants artificiels et qui contribuent à l’atténuation de l’émission des gaz à effet de serre (Torquebiau, 2017). Elles permettent une meilleure occupation des sols, une diversification des cultures et un étalement des récoltes, une protection du sol contre l’érosion (fortes pluies, vents, pente), une séquestration du carbone organique et un enrichissement biologique du sol en azote dans le cas des systèmes basés sur les légumineuses. En effet, les systèmes de cultures intercalaires consistent en la plantation de rangers d’arbres largement espacées les unes des autres, permettant d’allouer des bandes intercalaires à des plantes agricoles (Gordon et Newman, 1997). Dans les associations avec des cultures intercalaires annuelles, une bande non cultivée est normalement maintenue sous les rangées d’arbres (Rivest et Olivier, 2007). La maitrise de la végétation herbacée dans cette zone permet non seulement de limiter la concurrence subie par les arbres (Cutter et Garrett, 1993 ; Paris et al., 2005), mais aussi d’assurer leur protection contre des bris mécaniques (Garrett et al., 1991 ; Dupraz, 1994b). Le choix de la largeur de la bande non cultivée est très important. Dupraz (2001) a démontré qu’après sept ans de croissance, le diamètre de noyaux hybrides disposés à 2 m de la plus proche rangée de blé dur était de 45 à 50% supérieur au diamètre de ceux situés à 50 cm de la culture. Dans les systèmes de cultures intercalaires non paillés, la teneur du sol en matière organique, la biomasse microbienne et les taux de nitrification ont été plus élevés dans la bande non cultivée qu’au milieu des allées (Brodwaldh, 1995 ; Thevathasan et Gordon, 1997). Selon Dupraz et al. (1999a), les arbres des systèmes de cultures intercalaires pourraient notamment tirer parti de la fertilisation azotée dévolue aux cultures, soit en récupérant l’azote en profondeur après sa lixiviation, soit en prélevant la proportion appliquée directement dans la bande non cultivée. Le type de la culture associée est aussi important. En Ontario, Williams et Gordon (1992) ont, pour leur part, observé que la hauteur du frêne d’Amérique et du peuplier hybride (Populus deltoides x Populus nigra),  après trois années de croissance, était plus élevée en présence de maïs ou de soja qu’en présence d’orge. En effet, le développement de la biomasse de l’orge survient rapidement en début de végétation, d’où une concurrence particulière pour l’eau (Williams et Gordon, 1994). La disponibilité de l’eau au début de la saison de croissance s’est également avérée plus faible dans l’association avec le blé, comparativement au maïs et au soja (Williams and Gordon, 1995). Continuer la lecture

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