ETUDE DE LA FERTILITE DU SOL DANS DES VERGERS D’OLIVIER ASSOCIE A DIFFERENTES CULTURES INTERCALAIRES DANS LA REGION DE SAIS*. Par : K. Bouhafa (1), L. Moughli (2), K. Daoui (1), A. Douaik (3) et Y. Taarabt (1)

Dr Karima Bouhafa, chercheuse en sciences du sol (URGRNESQ - CRRA Meknès)

Dr Karima Bouhafa, chercheuse en sciences du sol (URGRNESQ – CRRA Meknès)

Des travaux de recherche sur les changements climatiques prévoient une augmentation des températures moyennes au Maroc comprise entre 2,2 et 2,6 °C et une baisse moyenne des précipitations comprise entre 9 et 12% à l’horizon 2050 (Sinan et Belhouji, 2016).  Par conséquent, les ressources naturelles et notamment en eau connaitront une tendance accrue à la dégradation plus ou moins rapide menaçant la production agricole et les bases de la survie en milieu rural.

Parmi les alternatives pour une production agricole résiliente, les systèmes de cultures intercalaires, considérés comme pratique agro écologique économe en intrants artificiels et qui contribuent à l’atténuation de l’émission des gaz à effet de serre (Torquebiau, 2017). Elles permettent une meilleure occupation des sols, une diversification des cultures et un étalement des récoltes, une protection du sol contre l’érosion (fortes pluies, vents, pente), une séquestration du carbone organique et un enrichissement biologique du sol en azote dans le cas des systèmes basés sur les légumineuses. En effet, les systèmes de cultures intercalaires consistent en la plantation de rangers d’arbres largement espacées les unes des autres, permettant d’allouer des bandes intercalaires à des plantes agricoles (Gordon et Newman, 1997). Dans les associations avec des cultures intercalaires annuelles, une bande non cultivée est normalement maintenue sous les rangées d’arbres (Rivest et Olivier, 2007). La maitrise de la végétation herbacée dans cette zone permet non seulement de limiter la concurrence subie par les arbres (Cutter et Garrett, 1993 ; Paris et al., 2005), mais aussi d’assurer leur protection contre des bris mécaniques (Garrett et al., 1991 ; Dupraz, 1994b). Le choix de la largeur de la bande non cultivée est très important. Dupraz (2001) a démontré qu’après sept ans de croissance, le diamètre de noyaux hybrides disposés à 2 m de la plus proche rangée de blé dur était de 45 à 50% supérieur au diamètre de ceux situés à 50 cm de la culture. Dans les systèmes de cultures intercalaires non paillés, la teneur du sol en matière organique, la biomasse microbienne et les taux de nitrification ont été plus élevés dans la bande non cultivée qu’au milieu des allées (Brodwaldh, 1995 ; Thevathasan et Gordon, 1997). Selon Dupraz et al. (1999a), les arbres des systèmes de cultures intercalaires pourraient notamment tirer parti de la fertilisation azotée dévolue aux cultures, soit en récupérant l’azote en profondeur après sa lixiviation, soit en prélevant la proportion appliquée directement dans la bande non cultivée. Le type de la culture associée est aussi important. En Ontario, Williams et Gordon (1992) ont, pour leur part, observé que la hauteur du frêne d’Amérique et du peuplier hybride (Populus deltoides x Populus nigra),  après trois années de croissance, était plus élevée en présence de maïs ou de soja qu’en présence d’orge. En effet, le développement de la biomasse de l’orge survient rapidement en début de végétation, d’où une concurrence particulière pour l’eau (Williams et Gordon, 1994). La disponibilité de l’eau au début de la saison de croissance s’est également avérée plus faible dans l’association avec le blé, comparativement au maïs et au soja (Williams and Gordon, 1995). Continuer la lecture

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CARACTERISATION PHENOTYPIQUE D’UNE COLLECTION D’ACCESSIONS LOCALES ET ETRANGERES DE FEVEROLE. Par Oumaima Chetto (INRA CRRA Meknès), Mustapha Arbaoui et Loubna Belqadi (IAV Hassan II)

Ir Oumaima Chetto, chercheuse - URAPCRG CRRA Meknès

Ir Oumaima Chetto, chercheuse – URAPCRG CRRA Meknès

La fève (Vicia fabaL.) est l’une des légumineuses à graines les plus importantes au monde en raison de ses multiples utilisations, de sa valeur nutritive élevée et de sa capacité à croître dans un large éventail de conditions pédoclimatiques. Néanmoins, les rendements de cette culture, enregistrés au cours de ces cinq dernières décennies, au Maroc, sont instables, avec une tendance régressive. Au Maroc, entre 1973 et 2019, la superficie a diminué de plus de la moitié, en passant de 278.400 ha à 125.860 ha (FAOSTAT, 2021). Cet abandon progressif est dû à un ensemble de contraintes d’ordre climatique et technique. Par ailleurs, le nombre de variétés améliorées actuellement disponibles est très limité et ne peut répondre de manière adéquate à la demande des différentes zones agroécologiques (Fatemi et al., 2005).

La sélection végétale dépend de la disponibilité de la variation génétique utilisable pour le croisement et la sélection de génotypes d’intérêt. Cette diversité génétique est d’autant plus grande que les milieux de sélection, d’une part, et les idéotypes sélectionnés, d’autre part, sont différents. D’où l’intérêt d’avoir un germoplasme diversifié, constitué de lignées marocaines et d’accessions de différentes origines géographiques. Les accessions provenant des pays producteurs de fèves permettent l’introduction de caractéristiques nouvelles telles que la résistance aux maladies, la précocité, la taille et la couleur des graines, etc.

Afin de contribuer à l’amélioration génétique et à la sélection de nouvelles variétés de fèves, le présent travail s’est fixé comme objectif d’étudier la diversité phénotypique de 69 d’accessions d’origine marocaines et étrangères. Ce matériel végétal a été évalué dans deux sites sur la base de neuf traits agro-morphologiques, dans le cadre d’un programme de sélection variétale menée par une Société Semencière Privée (SSP) en collaboration avec l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II. Continuer la lecture

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Edito : L’amélioration génétique au service du développement de la filière des légumineuses alimentaires

Dr Zaine El Abidine Fatemi, Amélioration génétique des légumineuses alimentaires, URAPCRG - CRRA Meknès

Dr Zaine El Abidine Fatemi, Amélioration génétique des légumineuses alimentaires, URAPCRG – CRRA Meknès

Grâce à leurs multiples rôles sur le plan agro-biologique et socio-économique, les légumineuses alimentaires restent une composante essentielle dans les systèmes de production agricoles marocains. En plus de leurs intérêts agro-économiques, elles constituent l’une des principales sources de protéines et aussi une source des minéraux pour la consommation humaine et animale. Elles contribuent ainsi à combler le déficit protéique des régimes alimentaires à base des céréales de la majorité des familles marocaines.

La fève (Vicia faba L.), à l’image des autres légumineuses alimentaires est une plante très riche en protéines et constitue un aliment nutritif très important. Cette culture est très ancienne et largement pratiquée à travers le monde couvrant environ 2,3 millions d’hectares.

La culture de la fève est peu exigeante en termes de qualité de sol. Cependant, elle aime les sols frais, profonds, peu acides, et non compactés. Elle est rustique au froid. Cette culture, en tant que légumineuse, a une importance capitale dans les systèmes de production en agriculture pluviale au Maroc. Elle est très appréciée en tant que bon précédent cultural pour la céréaliculture, notamment, via les restes d’azote laissés ou à travers l’amélioration de la structure du sol. Assez riches en protéine (22-36%), les graines de fève permettent un apport protéique assez important pour les humains et les animaux.

La superficie dédiée à cette culture durant la campagne agricole 2020/2021 représente près de 42% de la superficie totale occupée par les légumineuses alimentaires au Maroc. Elle est suivie du pois chiche (25 %), de la lentille (17 %) et du pois (16 %). Son rendement, durant cette même campagne, est de l’ordre de 12 qx/ha, soit une production nationale de 1312000 qx.

Cependant, malgré les différents avantages, cette culture ne reçoit pas l’intérêt qu’elle mérite. La production de la fève a en effet enregistré une baisse très significative ces dernières années tant au niveau des superficies emblavées qu’au niveau du rendement moyen. Cette régression est imputée à plusieurs contraintes d’ordre biotique (insectes ravageurs, maladies et adventices), abiotique (sècheresse, gelée, salinité), technique (non-maîtrise de la conduite technique) et socio-économique. En absence de variétés sélectionnées, le matériel végétal utilisé est peu performant (95 % des semences sont des populations locales non améliorées).

Variété de fève Hiba

Variété de fève Hiba

L’Institut National de la Recherche Agronomique du Maroc œuvre depuis plusieurs années pour la mise au point de nouvelles variétés productives et adaptées aux conditions agro-climatiques du pays, accompagnant ainsi la politique agricole nationale. A travers son programme d’amélioration génétique de la fève, relevant du Centre Régionale de la Recherche Agronomique de Meknès, l’INRA vise le développement de nouvelles variétés à haut potentiel de rendement, stables vis-à-vis des changements climatiques et tolérantes aux

principales maladies et ravageurs de la culture. Ce programme concerne deux principales composantes; à savoir la fève et la féverole. L’approche adoptée se base sur l’utilisation des méthodes conventionnelles de sélection. Elles sont appliquées directement sous les conditions édapho-climatiques des environnements cibles.

Variété de féverole Zina

Variété de féverole Zina

Deux nouvelles variétés ont ainsi été inscrites en 2018 :

  • Hiba : une variété de fève dont le rendement grain moyen dépasse de 25% le rendement de la variété Alfia 21. Son rendement potentiel en sec est avoisine 45 qx/ha.
  • Zina une variété de féverole dont le rendement grain moyen dépasse de 20% le rendement de la variété Lobab. Son rendement potentiel en sec est de 40 qx/ha.

Ces variétés sont destinées à la production en sec et leur potentiel de production se réalise amplement en conditions irriguées. Elles sont à floraison et maturité moyennement précoces et sont moyennement résistantes au botrytis et modérément résistantes à l’anthracnose.

En outre, deux nouvelles lignées de fève sont en cours de test au Catalogue Officiel : l’une en 2ème année et l’autre en 1ère année. Plusieurs autres lignées de fève et de féverole sont aussi en cours de purification et de multiplication en vue d’être proposées pour inscription au catalogue officiel.

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STRATÉGIE DE DÉPLOIEMENT DES VARIÉTÉS DES BLÉS POUR ACCROÎTRE LA DURABILITÉ DE LA RÉSISTANCE AUX MALADIES PRÉVALENTES AU MAROC. Par Abdelhamid Ramdani (INRA CRRA Meknès)

Dr Abdelhamid Ramdani, Chercheur Phytopathologie / Amélioration (URPP - CRRA Meknès)

Dr Abdelhamid Ramdani, Chercheur Phytopathologie / Amélioration (URPP – CRRA Meknès)

Le blé subit de nombreuses contraintes biotiques partout dans le monde. L’impact de chacune sur le rendement en grains dépend de la zone agro-écologique. En guise d’exemple, la rouille jaune, la septoriose, la rouille noire, la rouille brune et les pourritures racinaires sont les maladies les plus redoutables dans les conditions marocaines (Planches ci-dessous) et pourraient  réduire le rendement en grains de 30%. La récolte pourrait même être perdue en totalité lorsque des infections sévères sont combinées à la sécheresse. Ainsi, la pyramidalisation (l’accumulation) de plusieurs gènes de résistance chez le blé est la meilleure stratégie pour assurer une longévité d’une telle résistance. Or, la pyramidalisation  est un processus fastidieux, long et couteux. De plus, chaque agent pathogène peut avoir diverses races dans différentes régions. Outre, les ressources disponibles pour les programmes nationaux limitent le nombre de maladies pouvant être incluses dans les objectifs de sélection, malgré l’existence d’une variation génétique en termes de réponse à la plupart des pathogènes. Ainsi, les pathologistes et améliorateurs se concentrent plutôt sur les agents pathogènes les plus redoutables. Par ailleurs, un déploiement judicieux des variétés commerciales assurerait une longévité de la résistance.

Figure 1: Evolution de la prévalence (% de champs infesté) de la rouille noire au Maroc  de  2017à 2021

Figure 1: Evolution de la prévalence (% de champs infesté) de la rouille noire au Maroc de 2017à 2021

Il est à signaler que la rouille jaune est devenue de plus en plus répandue et sévère dans presque toutes les zones céréalières et constitue désormais une réelle menace pour la production du blé au Maroc. La rouille noire autrefois sans importance est de plus en plus répandue au Maroc (Figure 1).

Au cours des dernières saisons, nous assistons à une augmentation importante de son occurrence, en passant en 2017-2018 de 2% de champs de blé tendre infestés  à 62% et 59% des champs de blé tendre et de blé dur en 2020-2021 respectivement (Figure 1). L’augmentation de la prévalence/sévérité de la rouille noire au Maroc confirme sa réémergence à grande échelle dans le bassin méditerranéen observée depuis 2015-16. Un tel changement dans la prévalence et la sévérité des rouilles, jaune et noire, est probablement dû à des changements de virulence et, par conséquent, à une perte d’efficacité des gènes majeurs (Yr et Sr) et/ou à des changements climatiques qui favorisent l’épidémie de ces deux rouilles. Continuer la lecture

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MAUVAISES HERBES DU BLE TENDRE : INVENTAIRE DES ESPECES DANS LE SAIS ET EFFICACITE DE SIX HERBICIDES. Par Mariam El HARSAL(1), El Hassane BENSELLAM(2), El Hassan ACHBANI(1) et Hafid IBRIZ(1)

Ir Mariam El Harsal, Chercheuse - URPP CRRA Meknès

Ir Mariam El Harsal, Chercheuse – URPP CRRA Meknès

Les céréales constituent l’élément de base du régime alimentaire marocain. Cependant, la production nationale ne permet de couvrir que 54% des besoins en moyenne (ONICL, 2021). Par conséquent, le Maroc qui était jadis un exportateur de blé, doit s’affronter annuellement face à deux alternatives : continuer d’importer pour combler l’autre moitié des besoins, ou doubler la production nationale. Pour ce dernier objectif, l’intensification de la culture reste désormais la seule option, compte tenu des limites d’extension de la culture.

L’utilisation des pesticides, dont les herbicides, permet généralement d’augmenter le rendement des céréales en année normale (Bouhache et al., 2000). En effet, en absence de toute intervention contre les mauvaises herbes, les pertes de rendement chez les céréales  sont importantes et varient entre 15 et 68% selon les régions, les conditions climatiques de l’année et la nature de la flore adventice (Taleb, 2007). En plus, les infestations massives gênent les opérations de moisson et peuvent aussi causer des problèmes de stockage des productions (Boutahar, 2000 ; Hajjaj, 2010).

La lutte chimique et notamment le désherbage précoce reste le moyen de lutte le plus efficace contre les espèces nuisibles. Sans désherbage précoce, les intrants investis ne seraient pas bien rentabilisés (Bouhache et al., 2000). Toutefois, la multiplicité des espèces adventices ainsi que des matières actives disponibles pose problématique pour une gestion efficiente de cette opération culturale.

Dans ce contexte, une étude a été menée sur un champ de blé à Douyet dans l’objectif de recenser les principales espèces de mauvaises herbes envahissant cette culture ainsi que de comparer l’efficacité de six herbicides. Continuer la lecture

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