FAISABILITE ET APPORTS DE L’AGRICULTURE DE PRECISION DANS LE SECTEUR OLEICOLE. Par Salma El Iraqui El Houssaini*

Dr Salma Iraqui El Houssaïni, Chercheuse entomologiste au CRRA Meknès

Dr Salma Iraqui El Houssaïni, Chercheuse entomologiste en Protection des Plantes – CRRA Meknès

L’agriculture de précision (AP) est un nouveau concept, fondé sur l’intégration de l’information numérique pour caractériser un système de production agricole dans toute sa variabilité spatiale. Elle a connu un véritable essor ces dernières années et a permis l’avènement d’outils de gestion intéressants pour les producteurs. Ces derniers permettent de générer des indicateurs sur la végétation (densité́ et charge), la présence d’un stress (hydrique, nutritionnel et/ou sanitaire) et même de raisonner l’itinéraire et la date de la récolte et ce en identifiant les variations spatiales et temporelles dans une même parcelle (variabilité intra-parcellaire). Les informations fournies par ces outils technologiques, représentent des données cruciales permettant au producteur d’ajuster, de moduler et d’optimiser son système de production dans le but d’améliorer la productivité et la rentabilité (Robert, 2000; McBratney et al. 2005). C’est un concept caractérisé par: (i) le développement massif de systèmes automatiques de mesure ; qu’ils soient fixes (station météorologique, capteurs pour la caractérisation du sol et de la plante), embarqués sur machine (capteurs de rendement, de biomasse, de chlorophylle), ou aéroportés (drones, avions, satellites); (ii) la géo-localisation systématique de ces informations grâce à l’utilisation du système de positionnement absolu (Global Positioning System ; GPS) et (iii) le développement de systèmes permettant de stocker, de visualiser, de manipuler et d’échanger de gros volumes d’informations.

En pratique, l’AP est un ensemble de méthodes basées sur l’acquisition de l’information. Elle permet de diagnostiquer, d’identifier certains problèmes, de valider qu’ils ont bien été résolus et par conséquent d’optimiser les performances d’une exploitation agricole et ce sur plusieurs axes. D’abord sur un plan technique en optimisant les performances agronomiques d’une culture; sur un plan économique en maximisant le gain et la rentabilité économique de l’exploitation et sur un plan environnemental en limitant l’utilisation excessive des intrants.

Concept cyclique de l’Agriculture de Précision

Généralement, quatre étapes sont définies dans la mise en place d’un système de gestion relevant de l’AP et qui s’avèrent nécessaires à la gestion modulée des cultures (Figure 1) dont le processus central est le géo-référencement des données récoltées : Continuer la lecture

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LE NOYER (Juglans regia L.) AU MAROC : DIVERSITE ET STRUCTURATION GENETIQUE SPATIALE. Par J. Charafi, K. Houmanat, L. Hssaini, R. Razouk et A. Kajji

Dr Jamal Charafi, chercheur,Biotechnologie et amélioration des plantes, URAPCRG - CRRA Meknès

Dr Jamal Charafi, chercheur, Biotechnologie et amélioration des plantes, URAPCRG – CRRA Meknès

Avec une superficie d’environ 7702 ha et une production estimée à 12467 tonnes  de noix non décortiquées au Maroc (FAOSTAT, 2018), le noyer commun (Juglans regia) joue un rôle socio-économique important. Malgré la faiblesse de la productivité, l’hétérogénéité des plantations et l’absence des pratiques culturales, cette espèce continue à apporter à l’agriculteur paysan un revenu non négligeable grâce aux prix offerts sur le marché. Le noyer est considéré comme étant une espèce forestière plutôt qu’horticole. Les arbres sont souvent groupés autour des villages le long des cours d’eau, à cause de ses besoins importants en froid et en eau, cette culture est concentrée dans les zones montagnardes au-delà de 1200m d’altitude, comme celles d’Azilal, Ourika, Rif, Midelt et de Rich.

Le noyer au Maroc est susceptible de renfermer une diversité génétique importante du faite qu’il est multiplié en grande partie par le semis. Les changements climatiques et le manque d’une stratégie de conservation conduisent à une érosion génétique importante de l’espèce. Tout programme d’amélioration génétique doit prendre en considération l’évaluation de la diversité génétique des peuplements locaux et établir une stratégie d’amélioration qui prendra en considération les besoins nationaux en plants performants et adaptés.

L’approche moléculaire est l’outil de caractérisation génétique le plus adapté à la détection du niveau de diversité réelle permettant ainsi l’élaboration le traçage d’une stratégie de conservation et d’amélioration génétique du noyer au Maroc.

Dans ce cadre, la présente étude s’intéresse au niveau de diversité des ressources génétiques du noyer entre deux principales zones de la culture à l’aide des marqueurs ISSR. Continuer la lecture

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SECTEUR DES CÉRÉALES AU MAROC*. Par Dr M. Ferrahi & Dr F. Bekkaoui

Dr Moha Ferrahi, chercheur au CRRA Meknès

Dr Moha Ferrahi, chercheur au CRRA Meknès

L’importance du secteur des céréales au Maroc est clairement démontrée par sa contribution au PIB agricole (plus de 20%), l’étendue de son occupation des sols (plus de 5 millions d’ha, 75% des terres arables), sa contribution à la satisfaction des besoins de la population et du bétail et son poids socio-économique (offre de 40% de la main d’œuvre). En moyenne, le blé tendre est cultivé sur environ 2 millions d’hectares alors que le blé dur, qui était la culture traditionnelle du pays, est cultivé en gros sur 0,9 à 1 million d’hectares et l’orge occupe à peine plus de 2 millions d’hectares. La superficie irriguée représente environ 2% de la surface totale (la superficie totale irriguée au Maroc est d’environ 0,85 million d’hectares). Les rendements dépendent de la saison de culture et se situent autour de 2t/ha dans les zones pluviales et 4t/ha dans les zones irriguées.

Malgré cette importance, le Maroc est soumis, à l’instar des autres pays importateurs, aux risques de sécurité alimentaire résultant de sa forte dépendance à l’égard des importations de céréales. Le volume des importations ne cesse d’augmenter malgré des productions nationales record ces dernières années. La sécheresse est le stress abiotique le plus important pour l’agriculture pluviale, affectant la production agricole et limitant l’expression du potentiel du rendement et de sa stabilité. Dans la région méditerranéenne, la sécheresse se manifeste par des périodes de plus en plus longues et plus fréquentes avec une grande variabilité intra et inter annuelle des régimes des précipitations et des températures. Au Maroc, la tendance prévue à la baisse des précipitations et à la hausse des températures risquent de compromettre la sécurité alimentaire du pays.

Généralement, le rendement constitue le principal critère de sélection pour la tolérance à la sécheresse, car il intègre automatiquement tous les facteurs connus et inconnus qui y contribuent. Toutefois, la complexité du phénomène de sécheresse (timing, intensité, étendue), la complexité des mécanismes de réponses de la plante, la taille du génome du blé et l’interaction génotype x environnement rendent difficile la sélection efficiente des meilleurs génotypes. En ce qui concerne les stress biotiques, la mouche de Hesse, la rouille jaune et la rouille brune et la séptoriose sont des maladies courantes qui affectent le rendement chaque année. Continuer la lecture

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Edito : La protection des plantes comme priorité de recherche

Dr. El Hassan Achbani, Directeur de Recherche et Coordinateur de l’URPP – CRRA Meknès

Dr. El Hassan Achbani, Directeur de Recherche et Coordinateur de l’URPP – CRRA Meknès

La lutte contre les multiples ennemis des cultures est, depuis la nuit des temps, une préoccupation prépondérante des agriculteurs. C’est pour cette raison précisément que cet aspect se place continuellement en tête des priorités éminentes de la recherche agronomique.

L’Unité de Recherche en Protection des Plantes (URPP) du CRRA de Meknès s’intéresse depuis longtemps aux ennemis des cultures sévissant aussi bien dans les régions limitrophes de Meknès que celles des autres régions du Maroc et concernent particulièrement les filières céréalières, fruitières, maraichères et oasiennes. Le but ultime de nos recherches réside dans la proposition de solutions pour les combattre en adoptant des pistes respectueuses de l’environnement (la génétique, la lutte biologique par des microorganismes bénéfiques entre autres).

Ce nouveau numéro en ligne de « INRA Meknès Magazine » est dédié à une partie des activités de recherche axée autour des maladies des céréales, de l’olivier et du palmier dattier.

Au niveau des céréales, blé dur et blé tendre en l’occurrence, l’évaluation et la cartographie de l’importance des maladies du blé à travers le Maroc est un processus annuel permettant de connaitre l’évolution de la situation sanitaire (maladies cryptogamiques) des blés et le comportement des différentes variétés vis-à-vis des mycoses présentes au Maroc. Ce processus de recherche permet au même temps d’étudier la diversités génétique (particulièrement au niveau de virulence) d’une collection représentative des pathogènes rencontrés et leurs résistances aux fongicides utilisés.

La campagne agricole écoulée (2019-20) intervenant dans le contexte de la pandémie du Covid19 a enregistré une sérieuse sécheresse au niveau national ayant sérieusement impacté la production céréalière qui n’a pas dépassé les 30 Millions de quintaux, soit une réduction de 42% par rapport à la campagne précédente sur une superficie cultivée de 4,3 millions Ha (dont 2 millions Ha en bour complètement perdus). Les maladies des blés étudiées sont partagées entre celles dites ’type septoriose’ ; les rouilles brune, jaune et noire et les pourritures racinaires, avec une absence totale des caries, charbon et oïdium sur blés tendre et dur. Les informations actualisées sur ces maladies font l’objet de l’article de notre collègue Dr Abdelhamid Ramdani, spécialiste des maladies fongiques des céréales au CRRA Meknès.

Sur la culture d’olivier, notre UR s’intéresse et pour la première fois à une maladie fongique très ancienne de l’olivier, l’œil de Paon ou tavelure d’olivier, causée par Fusicladium oleagineum. Dr. Khaoula Habbadi à travers son article ci-après donne un aperçu général sur cette mycose très répandue dans nos oliveraies en attendant de livrer dans le futur proche les résultats de ses recherches dans le cadre d’un projet sur l’usage de l’Agriculture de précision dans le développement de cette filière dans notre pays.

Pour les deux derniers articles, nous avons traité une partie des recherches effectuées en partenariat entre l’INRA Meknès, l’ENA Meknès et un Centre de recherche en suisse. Il s’agit de chercher une alternative écologique et inoffensive afin de réduire les effets nocifs des pesticides inefficaces utilisés contre la Fusariose vasculaire ou « Bayoud » du palmier dattier, causée par Fusarium oxysporum f.sp. albedinis, champignon qui menace gravement les anciennes et les nouvelles plantations, notamment les variétés les plus sensibles (Feggouss et Mejhoul). Les recherches se focalisent sur deux voies prometteuses : d’une part l’usage des rhizobactéries promotrices de la croissance des plantes ou PGPR associées au palmier dattier et d’autre part le recours à des extraits de compost.

En effet, le criblage des PGPR a donné des résultats très prometteurs avec six souches qui ont pu inhiber complétement (100 %) la croissance du champignon. Cet effet inhibiteur est le résultat de plusieurs modes d’action mises en exergue dans ce travail laborieux détaillé amplement dans la présente édition de « INRA Meknès Magazine ».

Pour les composts, l’activité antifongique des extraits de quatre composts a été évaluée in vitro contre Fusarium oxysporum f.sp. albedinis (Foa); les plus prometteurs ont été utilisés par la suite in vivo et en plein champs (expérimentation en cours) pour étudier leurs effets suppressifs sur la fusariose du palmier dattier.

Bonne lecture.

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ETAT AGRONOMIQUE ET SANITAIRE DES BLES AU MAROC DURANT 2019-2020 : SECHERESSE EXACERBEE PAR LES ATTAQUES DE ROUILLE NOIRE. Par Dr Abdelhamid Ramdani, Dr Moha Ferrahi et Hafid Ibriz (INRA-CRRA Meknès)

Dr Abdelhamid Ramdani, Chercheur Phytopathologie / Amélioration (URPP - CRRA Meknès)

Dr Abdelhamid Ramdani, Chercheur Phytopathologie / Amélioration (URPP – CRRA Meknès)

INTRODUCTION :

Les blés sont attaqués par de nombreuses maladies cryptogamiques dont l’importance varie d’une année à l’autre et d’une région à l’autre et qui occasionnent des pertes substantielles en rendement si les conditions sont favorables au développement de ces maladies et les variétés en sont sensibles (Ramdani, 2013). Les surveillances menées durant la décennie 90 ont révélé que les maladies les plus fréquentes aussi bien sur blé dur que sur blé tendre sont le complexe Septorioses/tache bronzée et la rouille brune, et à un degré moindre les pourritures racinaires, l’oïdium, et la rouille jaune. La rouille noire, la carie et le charbon nu ont été moins fréquents (Farih, 1994 ; Mazouz et al., 1995 ; Ramdani et Jlibene, 1996 ; et Ramdani, 1997).

Durant les dix dernières années, en plus des maladies précitées (Ramdani, 2009 ; Ramdani et al., 2014c, 1014d), on note aussi l’émergence de la rouille jaune dans toutes les régions céréalières à cause de l’apparition de nouvelles races virulentes contre les gènes majeurs en l’occurrence Yr27 (Ramdani et al., 2009, 2010, 2011a, 2011b, 2014a, 2014b, 2018). Plus récemment, la rouille noire devient de plus en plus fréquente ce qui pourrait constituer une menace pour la production du blé au Maroc. Une stratégie anticipative pour l’incorporation de la résistance à cet agent pathogène est d’une grande importance, sachant que ce champignon se transmet par le vent sur de longue distance et que les variétés marocaines sont très sensibles à sa race Ug99 dans les conditions de Njoro-Kenya (Ramdani et al., 2012).

La meilleure stratégie de lutte contre les maladies du blé est l’utilisation des variétés résistantes. Or, quand les conditions d’environnement sont favorables pour l’épanouissement des maladies, même les variétés résistantes pourraient succomber. Par ailleurs, une variété devrait avoir une résistance multiple aux maladies.  A cet effet, la combinaison des deux principaux piliers de la lutte intégrée contre les maladies du blé, à savoir l’utilisation des variétés résistantes combinées avec l’utilisation des fongicides est le meilleur garant pour assurer une protection durable du blé.

La surveillance des maladies des céréales a pour but de disposer d’une base de données sur l’importance et l’évolution de chaque maladie cryptogamique dans le temps et dans l’espace, afin de pouvoir orienter les programmes de recherche sur les maladies des blés, notamment les programmes de création variétale. Continuer la lecture

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