Importance nutritionnelle et valorisation des Légumineuses Alimentaires. Par Ir Ibtissam Guirrou (Chercheure, CRRA Meknès)

Ir Ibtissam Guirrou-Chercheure, Technologie alimentaire, URGRNSEQ - CRRA Meknes

Ir Ibtissam Guirrou-Chercheure, Technologie alimentaire, URGRNSEQ – CRRA Meknes

Les légumineuses sont des espèces végétales qui appartiennent à la famille des Leguminosae (ou Fabaceae) produisant des graines comestibles utilisées dans l’alimentation humaine et animale depuis des milliers d’années. Les haricots secs, les lentilles et les pois sont les types de légumineuses les plus connus et les plus consommés.

D’un point de vue nutritionnel, les graines de légumineuses se répartissent en deux groupes. Lepremier groupe correspond à des graines riches en glucides, notamment en amidon (40-50% duproduit sec), et pauvres en matières grasses (1-6% du produit sec). C’est le groupe le plus important et rassemble entre autres le pois, la fève, les haricots secs, le pois-chiche, les lentilles, la cornille, ledolique et le pois bambara. Le second groupe correspond à des graines plus riches en matièresgrasses et contenant peu d’amidon. Ce groupe rassemble notamment le lupin et le soja qui contiennentrespectivement 10 et 20% de lipides (Cullis et Kunert, 2016).

Il est à savoir que les légumineuses sont considérées comme la protéine des pauvres car elles sont caractérisées par une teneur élevée en protéines 20 à 40% du produit sec et 7 à 15% du produit prêt à consommer (Rémond et Walrand, 2017).

Ces aliments sont caractérisés par des teneurs faibles en acides gras saturés (parce qu’ils sont des végétaux) et sont exempts de cholestérol. Ils ont également un faible indice glycémique, généralement compris entre 10 et 40. De plus ils constituent une source importante de fibres, de vitamines dugroupe B (notamment de folates), ainsi que des minéraux (fer, zinc, calcium …) ce qui entraine la régulation du poids corporelet la prévention de l’obésité (Ramdath et al., 2016).

Malgré leurs multiples avantages, les légumineuses alimentaires n’occupent actuellement qu’une place assez modeste à l’échelle mondiale. D’une part, les superficies allouées à ces cultures, concentrées dans des zones d’agriculture pluviale, ne représentent que le dixième de celles consacrées aux céréales. D’autre part, le rendement moyen enregistré n’est que de 0,86 T/Ha, soit le quart de celui des céréales qui avoisine 3,54 T/Ha (Akibode et Maredia, 2011). Malgré l’accroissement enregistré ces vingt des dernières années, le commerce mondial des légumineuses reste faible comparativement à celui des céréales et des oléagineux.

Dans le cadre de l’initiative Inde-Maroc pour la Réhabilitation des Légumineuses Alimentaires (IMILA), L’INRA a participé à la valorisation de la production des légumineuses alimentaires et l’utilisation du savoir-faire local à travers les plateformes d’innovation de Meknès-Taounate. Ce qui a permis d’assurer : Continuer la lecture →

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Qui sont les jeunes des zones rurales défavorisées ? Quelles opportunités de leur mobilisation pour le développement ? Par N. Bahri, A. Bentaïbi (INRA-CRRA Meknès) et T. Desrues (IESA Cordoue, Espagne)

Ir Noureddine Bahri, Information-Communication, SRD - CRRA Meknès

Ir Noureddine Bahri, Information-Communication, SRD – CRRA Meknès

La question de l’intégration et de la mobilisation des jeunes ruraux pour le développement agricole et rural est à l’ordre du jour plus que jamais et ce dans le cadre notamment du chantier de revue des orientations et objectifs du Plan Maroc Vert en rapport avec le développement des zones rurales défavorisées. A travers le déploiement de plusieurs stratégies de vie, les jeunes se positionnent en effet en acteur principal de développement en zones rurales pauvres du Maroc qui connaissent de continuelles dynamiques de changement amorçant dans certains cas de réelles mutations.

Ainsi, et pour bien comprendre les logiques et les stratégies des jeunes générations rurales, il s’avère nécessaire de considérer le contexte local en interaction avec les dynamiques globales. Une approche globale d’investigation doit permettre en l’occurrence de prendre en compte les différentes dimensions de la vie juvénile et de la participation citoyenne des jeunes, en relation avec l’organisation sociale et économique locale et avec une profondeur historique suffisante.

Afin de contribuer à une meilleure connaissance de la jeunesse rurale, une étude a été conduite au sein de trois zone rurales du Moyen Atlas caractérisées par (i) une situation de contraintes sociale, économique et écologique et un niveau supérieur de pauvreté, (ii)  un dynamisme socio-économique qui préside à l’offre d’opportunités de vie pour les jeunes facilitant ainsi leur intégration dans le tissu productif local et (iii) une dynamique collective locale, impulsée aussi bien par les structures socioprofessionnelles locales que par les nouveaux acteurs de la société civile locale. Continuer la lecture →

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Analyse des déterminants de l’entrepreneuriat des jeunes ruraux diplômés : Cas des communes rurales de la préfecture de Meknès. Par E.H. Bouichou, N.Bahri et A.Bentaibi

El Houssain Bouichou, PhD student, Technicien au CRRA Meknès

El Houssain Bouichou, PhD student, Technicien au CRRA Meknès

L’entrepreneuriat, option stratégique pour la promotion de l’emploi des jeunes, constitue une solution attrayante pour les jeunes ruraux diplômés à travers l’auto-emploi porteur de création d’activité, de valeur et d’amélioration de la productivité ainsi que de croissance économique par voie de conséquence.

La problématique du développement rural a été longtemps marquée par une mobilisation incomplète des opportunités locales dans le milieu rural et ce malgré l’existence de potentialités importantes en matière de création d’activités économiques insuffisamment exploitées. On assiste à une saturation des activités agricoles classiques, essentiellement dans l’agriculture familiale et communautaire qui constitue la plus grande source de revenu et un moyen de stabilité pour la grande majorité des foyers ruraux comptant avec la dynamique amenée tout particulièrement par le Plan Maroc Vert.

Pour alimenter cette réflexion, il convient d’examiner de plus près les déterminants des intentions entrepreneuriales déclarées par les jeunes ruraux et d’évaluer leur esprit d’entreprendre. C’est dans cette optique qu’a été menée une enquête au niveau des communes rurales de la préfecture de Meknès auprès de 90 jeunes diplômés, dont 70 jeunes hommes et 20 jeunes femmes avec une moyenne d’âge de 33 ans. Ces jeunes ont été approchés par un questionnaire et par des observations directes. Les données collectées ont été traitées moyennant une analyse descriptive et l’Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM). Continuer la lecture →

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Evaluation de la qualité des eaux de la nappe phréatique dans le bassin du Saïs. Par Dr Karima Bouhafa, Abdelhakim Lahjouj et Abdellah El Hmaidi

Dr Karima Bouhafa, chercheuse en sciences du sol (URGDRNESR - CRRA Meknès)

Dr Karima Bouhafa, chercheuse en sciences du sol (URGDRNESR – CRRA Meknès)

Le secteur agricole est en évolution continue grâce à la stratégie nationale « Plan Maroc Vert » adoptée par le Ministère de l’Agriculture, visant l’augmentation de la productivité de différentes filières. Pour atteindre les objectifs assignés par ce plan, une intensification agricole s’impose. Cette dernière aura certainement un impact négatif sur l’environnement. En effet, l’utilisation abusive des engrais chimiques notamment azotés, sans tenir compte de la nature des sols, des besoins des cultures et des conditions climatiques de l’année rend les fertilisants facilement lessivables vers la nappe phréatique et plus particulièrement l’azote nitrique qui est très mobile dans le sol. Il en résulte ainsi une contamination des eaux souterraines. Cette contamination de la nappe phréatique diminue le potentiel de la qualité des ressources hydriques, génère un risque sanitaire pour la population rurale et compromet le développement socio-économique du pays.

Une étude a été réalisée dans le bassin de Sais dont l’objectif est de déterminer  la qualité des eaux de la nappe phréatique, en référence aux normes de potabilité. Ce travail a porté sur 54 échantillons d’eau prélevés de manière aléatoire sur tout le bassin, durant la période s’étalant entre Mars et Mai 2018. Ces échantillons ont fait l’objet de différentes analyses (tableau 1) au laboratoire afin d’évaluer leur qualité par le biais de l’Indice de la Qualité de l’Eau (Water Quality Index) (Rizwan et al., 2010), en se basant à la fois sur les normes marocaines (CTNEAH, 2006) et celles établies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2011). Continuer la lecture →

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Le sésame au Maroc : un intérêt certain, une diversité génétique restreinte. Par Dr Abdelghani Nabloussi(1), Jamal Charafi(1), Meriem El Harfi(1,2), Hafida Hanine(2) et Mohamed El Fechtali(1)

Dr Abdelghani Nabloussi, Amélioration génétique des oléagineux annuels, Coordinateur de l’URAPCRG - CRRA Meknès

Dr Abdelghani Nabloussi, Amélioration génétique des oléagineux annuels, Coordinateur de l’URAPCRG – CRRA Meknès

Le sésame (Sesamum indicum L.), appartenant à la famille des Pedaliaceae, est l’une des plus anciennes cultures oléagineuses connue par l’Homme. Il fût cultivé et domestiqué dans le subcontinent indien durant les ères Harappéen et Anatolien, il y a plus de 2600 années avant J.-C. Actuellement, il se trouve cultivé dans plusieurs parties du monde, notamment en Asie et en Afrique.

La culture du sésame est principalement adaptée au climat tropical et subtropical, mais peut aussi prospérer sous climat tempéré. Le fruit du sésame est une capsule axillaire contenant, en général, plus de 50 graines. La graine, riche en huile (50-60%) et en protéines (25%), est d’une grande valeur nutritionnelle et médicinale reconnue par l’OMS. En effet, elle est riche en fer, en magnésium, en manganèse, en calcium, en acides gras insaturés (40% d’acide oléique et 40% d’acide linoléique), en acides aminés de base, en vitamine E (antioxydant) et en fibres. De même, la graine du sésame est une source de vitamine B1 et de lignanes (sésamine, sésamol), jouant un rôle dans la réduction du taux du mauvais cholestérol et dans la protection du système cardiovasculaire.

Les produits commercialisés du sésame sont la graine entière, l’huile extraite de la graine et le tourteau. Les graines entières, ou sous forme de pâte, sont particulièrement utilisées comme ingrédients dans la préparation de quelques produits et recettes alimentaires, notamment dans certains sirops sucrés, biscuits, pains et d’autres produits boulangers. L’huile du sésame est utilisée dans la cuisson, la préparation des salades et pour la fabrication des margarines. Elle est aussi utilisée pour des fins pharmaceutiques et industrielles, notamment dans la fabrication du savon, des peintures, des parfums et des lubrifiants.

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