
Atman Adiba, PhD student (FST Beni Mellal – CRRA Meknès)
La faiblesse des disponibilités hydriques, combinée à une forte demande exprimée par l’ensemble des secteurs usagers d’eau, pousse les agriculteurs marocains à adopter des régimes d’irrigation déficitaires, qui pourraient être de plus en plus sévères dans les années à venir comme prédit par les différents scénarios climatiques. Les acteurs agricoles marocains sont donc appelés à développer des stratégies éco-efficientes et durables de gestion des ressources hydriques, notamment pour les cultures très exigeantes en eau, dont la majorité des arbres fruitiers. Les travaux de recherche face à cette problématique sont axés sur deux orientations principales : (i) le développement de techniques innovantes et précises de gestion de l’irrigation déficitaire capables de minimiser l’impact sur le potentiel de production ; et (ii) la sélection de matériel végétal tolérant au déficit hydrique avec un impact minimal sur le rendement et la qualité du fruit. En relation avec ce dernier axe, le grenadier (Punica granatum L.) pourrait constituer l’une des espèces intéressantes à promouvoir dans les zones arides en raison de son large spectre d’adaptation aux conditions environnementales. Le grenadier est assez tolérant à la sécheresse, bien qu’il exige une irrigation régulière tout au long de la saison pour une production commercialisable. Il est moins exigeant en froid hivernal (130 à 450 heures selon les cultivars) et peut résister à des températures de -12 °C en hiver et 42 °C en été. Pour ces raisons, en plus de sa tolérance à divers types de sols et de niveaux élevés de salinité de l’eau (jusqu’à 8 dS/m), cette espèce est cultivée dans différentes régions du Maroc, allant des zones côtières du nord-est à la plaine de Souss au sud-ouest, en passant par les zones pré-rifaines et les plaines intérieures dont principalement celle de Tadla et de Haouz.
C’est dans ce contexte où s’est inscrit ce travail de caractérisation de 11 cultivars de grenadier, pour la tolérance au stress hydrique en période de croissance du fruit, dont 7 locaux (Sefri, Grenade rouge, Grenade jaune, Bzou, Djebali, Gjeibi et Ounk Hmam) et 4 étrangers (Gordo de Jativa, Mollar Osin Hueso, Zheri précoce et Zheri d’automne). L’étude a été réalisée au domaine expérimental de l’INRA à Ain Taoujdate sur des grenadiers de douze ans, sous irrigation goutte à goutte. Continuer la lecture




Au cours des années 70, 80 et 90, le rayonnement du Domaine Expérimental d’Ain Taoujdate (INRA Meknès) dépassait les frontières par la richesse de ses collections et son leadership en introduction et étude de nouvelles ressources phyto-génétiques. Il jouait à l’époque un rôle primordial dans l’extension des arbres fruitiers au niveau national et particulièrement au niveau de la région de Meknès et du Moyen Atlas. De grandes unités se mettaient en place en s’appuyant sur les résultats des études de comportement des riches collections d’olivier, pêcher, abricotier, cerisier, prunier, amandier et pommier et en se faisant aidé par les compétences des cadres exerçant au sein de ce Domaine.
