Niveau de rendement et qualité du fruit des rosacées fruitières sous irrigation déficitaire régulée. Par Dr. Razouk Rachid (URAPV – CRRA Meknès)

Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV - CRRA Meknès

Dr Rachid Razouk,  agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV – CRRA Meknès

L’irrigation déficitaire régulée (IDR) est l’une des approches recommandées à moyen terme par la FAO pour faire face au manque d’eau en agriculture. Cette technique impose un contrôle de l’intensité du déficit hydrique pendant certaines périodes du développement des plantes. En arboriculture fruitière, ces périodes correspondent généralement aux phases de ralentissement de la croissance des fruits, au cours desquelles les arbres sont relativement tolérants au stress hydrique. Les effets bénéfiques de la technique IDR sur le niveau de rendement ont été approuvés chez de nombreuses espèces arboricoles telles que les rosacées fruitières et l’olivier.

A des niveaux modérés, allant jusqu’à 70% des besoins en eau,  cette technique permet d’économiser l’eau d’irrigation tout en maintenant le niveau de rendement pour la majorité des cultures arboricoles, comme l’ont prouvé plusieurs  études menés à l’INRA de Meknès pour le pêcher, le pommier, le prunier et l’amandier. Les niveaux sévères de cette technique n’affectent pas forcément le niveau de rendement. En fait, les effets peuvent être importants ou plutôt insignifiants en fonction de l’espèce et la variété considérées. Dans ce sens, dans des essais d’IDR sévère de 50% ETc, le rendement du prunier (cv. Stanley) et de l’amandier (cv. Tuono)  a été statistiquement égal au niveau obtenu sous irrigation à la demande, pendant trois années consécutives. Cependant, le rendement du pêcher (cv. JH-Hall) a été réduit de 18 à 25%  en fonction des années. Si le rendement est généralement maintenu par l’IDR, notamment à des niveaux modérés, puisqu’il dépend essentiellement de la quantité de carbone assimilée, l’effet sur la qualité du fruit est plus complexe. En effet, la taille du fruit et sa composition biochimique dépendent d’une part de l’assimilation du carbone et de l’azote, et d’autre part de la croissance du fruit, génétiquement déterminée, mais modulée par l’environnement. Continuer la lecture

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Impact du changement climatique sur l’aptitude des principales espèces cultivées dans la zone de Meknès. Par Mme Amal Labaioui (Science du Sol, URGRNSEQ – CRRA Meknès)

Amal Labaoui, Science du Sol, URGRNSEQ - CRRA Meknès

Amal Labaioui, Science du Sol, URGRNSEQ – CRRA Meknès

Selon le quatrième rapport d’évaluation (RE4) du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), la température mondiale moyenne à la surface, les précipitations et les phénomènes extrêmes tels que les fortes précipitations et les sécheresses ont considérablement changé et ces changements sont très susceptibles de continuer dans le futur (GIEC 2007). En effet, les températures moyennes mondiales ont augmenté de 0,2 ° C par décennie depuis les années 1970, et les précipitations moyennes mondiales ont augmenté de 2% au cours des 100 dernières années. Les changements climatiques sont spatialement hétérogènes. Certains endroits, comme l’Arctique, subissent des changements beaucoup plus importants que les moyennes mondiales, tandis que d’autres sont exposés à des effets secondaires comme la hausse du niveau des mers (GIEC, 2007a). Il est de plus en plus probable que les fluctuations des variables climatiques telles que les précipitations et en particulier la température auront une incidence sur la diversité biologique et sur la répartition géographique des habitats   favorables aux espèces (IPCC, 2007).

Les changements climatiques sont aujourd’hui reconnus comme l’une des principales menaces pour la survie des espèces et l’intégrité des écosystèmes partout dans le monde. et peuvent déjà donner lieu à plusieurs extinctions d’espèces récentes (McLaughlin et al., 2002; Pounds et al., 2006). Dans le siècle dernier, beaucoup  d’espèces ont déménagé vers les pôles où vers une altitude supérieure  (Parmesan et Yohe, 2003;. Racine et al, 2003) et continueront certainement à le faire. Ces changements du climat constituent une question environnementale qui mérite une attention particulière en matière de planification et de diversification des productions agricoles et de  préservation  des espèces. La connaissance des propriétés spécifiques de ces changements, susceptibles d’avoir un impact sur l’aire de distribution des espèces, constitue donc un élément central des stratégies d’adaptation (Heller et al., 2009).

L’impact potentiel du changement climatique sur la production agricole varie dans l’espace, et dépend des contraintes biophysiques spécifiques à chaque culture (Anton et al., 2013). En effet, l’impact du changement climatique sur la production de diverses cultures varie nettement en fonction principalement de la région, la saison de croissance, les cultures et leurs seuils de température. Les céréales, les oléagineux et  les protéagineux dépendent de la température et de la longueur du jour pour arriver à maturité. L’augmentation de la température peut raccourcir la durée de la période de croissance de ces cultures, réduire ainsi leurs rendements (Porter et Gawith 1999;. Tubiello et al 2000) et modifier leurs zone de  production en rendant inaptes certaines zones actuellement cultivées. Continuer la lecture

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NTIC et action collective pour le développement : dans quelle mesure offrent-elles des opportunités de changement social en zones rurales pauvres ?. Par N. Bahri (CRRA Meknès), A. Bentaïbi (CRRA Meknès) et T. Desrues (IESA, Cordoue)

Noureddine BAHRI, SRD - CRRA Meknès

Noureddine BAHRI, Information-Communication,  CRRA Meknès

NTIC et développement

Il ne fait plus aucun doute que l’information et la connaissance, qui constituent une ressource, deviennent progressivement un facteur de production à part entière. En effet, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) permettent non seulement d’augmenter la productivité du travail et de réduire considérablement les coûts de production, mais aussi et surtout d’être à la pointe de l’innovation, de transcender les frontières et de s’inscrire dans les tendances dominantes de la mondialisation.

Dans de nombreux pays dont l’économie est intégrée de manière subordonnée au système international, d’importants segments de la population ─ pauvres, ruraux, petits agriculteurs, artisans ou petits commerçants et entrepreneurs ─ sont touchés par un marché de plus en plus mondialisé. Ces groupes vulnérables ont souvent des difficultés à accéder aux marchés par manque de ressources suffisantes pour obtenir des conditions optimales de production et de commercialisation. Les femmes sont souvent plus vulnérables à l’exclusion et à l’exploitation que les hommes. Il est donc indispensable d’adopter une perspective de genre pour analyser le monde des NTIC.

Deux visions s’affrontent par rapport au rôle des NTIC dans les sociétés actuelles. La première, optimiste, souligne les vertus démocratiques et émancipatrices des NTIC ainsi que leur capacité à stimuler la participation, la mobilisation et le renforcement de la société civile, en considérant que les NTIC favorisent la transparence, la communication et la prise de conscience mondiale. Dans le cadre de cette nouvelles « révolution », l’expansion de la téléphonie mobile acquiert un rôle central sachant que la plus forte croissance en la matière est enregistrée dans les pays en développement, dont le Maroc. Continuer la lecture

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Edito. Par Ali Mamouni (Chercheur à INRA Meknès)

Ali Mamouni, chercheur en amélioration des arbres fruitiers (CRRA Meknès)

Ali Mamouni, chercheur en amélioration des arbres fruitiers (CRRA Meknès)

Au Maroc, l’agriculture continue à constituer le véritable moteur de croissance en représentant, selon le niveau pluviométrique des campagnes, 14 à 20% du PIB (l’équivalent de plus de 100 milliards de dirhmas/an). Une vaste superficie agricole utile (8,7 millions d’hectares) combinée avec un éventail climatique couvrant tous les étages bioclimatiques (du subhumide au saharien), ont permis le développement d’une riche diversité en systèmes de production se traduisant par une très large gamme de produits agricoles, allant des produits de première nécessité comme les céréales, les légumineuses et les huiles végétales, jusqu’aux produits destinés à l’exportation comme les agrumes et les primeurs en passant par les fruits et les légumes destinées à diversifier l’offre au niveau du marché national.

En dépit des efforts déployés par le ministère de l’agriculture depuis l’indépendance à travers des projets de développement dans les différentes régions du pays et des programmes d’encouragement au niveau national comme le Plan Maroc Vert, les céréales s’accaparent encore de plus de 50% de la superficie agricole (57% de la SAU). L’importante extension de la culture des céréales traduit la dominance du système de culture en bour qui s’étend sur 80% de la SAU et témoigne de la vulnérabilité de la production en raison des aléas climatiques notamment la faiblesse des niveaux pluviométriques. En considérant le faible niveau technique des agriculteurs marocains, et même en année pluvieuse, les rendements des céréales restent faibles à cause aussi de l’insuffisance, voire l’absence total d’intrants (engrais, herbicide et fongicide) dans de vastes périmètres de production. En conséquence, le Maroc n’arrive toujours pas à se passer des importations pour couvrir ses besoins en matière de céréales.

La reconversion des terres vers des cultures plus valorisantes (maraichage et arboriculture fruitière) exige un pouvoir d’investissement plus important, la disponibilité des ressources en eau et le développement d’une infrastructure de valorisation (conservation et transformation) suffisante pour prévenir le problème de la surproduction qui se traduit par la chute des prix. En plus de ces éléments, le savoir-faire requis par de tels projets reste primordial à produire et à transmettre aux agriculteurs.

Les programmes de recherche de l’INRA continuent à produire du savoir notamment au niveau génétique et agronomique. Pour hausser le niveau de la productivité de l’agriculture en général, les résultats de ces recherches doivent être transmis aux professionnelles par différentes voies dont l’INRA Meknès Magazine.

Dans ce numéro, le lecteur dispose de quatre sujets portant sur (i) Utilisation des marqueurs moléculaires dans la vérification de l’authenticité variétale : cas du figuier, (ii) Analyse et évaluation de la qualité des graines de tournesol marocain et espagnol, (iii) Intégration des marchés et transmission des prix : cas de la pomme et (iv) Effet du stress hydrique sur le développement végétatif et reproducteur de variétés d’olivier.

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Utilisation des marqueurs moléculaires dans la vérification de l’authenticité variétale : cas du figuier (Ficus carica L.). Par Dr Jamal CHARAFI, Chercheur en Biotechnologie et amélioration des plantes (CRRA Meknès)

Dr Jamal Charafi, Chercheur à l'URAPCRG du CRRA Meknès

Dr Jamal Charafi, Chercheur à l’URAPCRG du CRRA Meknès

La culture du figuier (Ficus carica L.), très ancienne et importante au Maroc, est cultivée dans différentes régions sous conditions environnementales contrastées. Le plan Maroc vert a tracé une politique de développement de figuier basée sur l’extension des superficies cultivées et la modernisation du secteur. Cette stratégie est confrontée au problème de disponibilité des plants authentiques et des variétés sélectionnées. Cependant, une grande diversité génétique et une richesse variétale de cette culture ont été mises en évidence par de nombreuses études au Maroc, surtout dans les agroécosystèmes des montagnes du nord. L’identification des génotypes par les agriculteurs se fait à travers des caractères morphologiques comme la taille et la forme du fruit et de la feuille, ainsi que la couleur de l’épiderme. De ce fait, la culture du figuier reste confrontée à un problème de confusion variétale, de synonymies et d’homonymies.  Les variétés qui sont largement cultivées au Maroc sont de type polyclonale et elles présentent des problèmes d’authentification.

L’amélioration de la production passe par le choix du matériel végétal performant et adapté. L’étude de la variation génétique intra-variétale est souvent confrontée à l’instabilité et au faible nombre de caractères phénotypiques discriminants.  La caractérisation moléculaire a été utilisée pour contourner ces problèmes et plusieurs types de marqueurs ont été adoptés dans l’authentification variétale et l’étude de la diversité intra-variétale.  Les marqueurs microsatellites (SSR) sont parmi les plus adaptés grâce à leur stabilité, polymorphisme élevé, codominance et reproductibilité. Continuer la lecture

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