Amélioration du potentiel et de la stabilité du rendement de la fève et de la féverole Vicia faba L. Par Dr Zain El Abidine Fatemi (Chercheur, CRRA Meknès)

Dr Zaine El Abidine Fatemi, Amélioration génétique des légumineuses alimentaires, URAPCRG - CRRA Meknès

Dr Zaine El Abidine Fatemi, Amélioration génétique des légumineuses alimentaires, URAPCRG – CRRA Meknès

La culture des légumineuses alimentaires occupe 6 à 8 % de la SAU au Maroc, soit la seconde place après les céréales. La fève occupe la première place en termes de superficie (50%) et de production (52%) (Le Maroc en chiffres, 2018). La production de la fève a enregistré une baisse très significative ces dernières années tant au niveau des superficies emblavées qu’au niveau du rendement moyen qui se situe à environ 9 qx/ha (Le Maroc en chiffres, 2018). Cette régression est imputée à plusieurs contraintes d’ordre climatique, agronomique, technique et socio-économique.

Stratégie et objectifs de sélection

L’objectif principal du programme d’amélioration de Vicia faba est de développer des variétés de fève et de féverole à haut potentiel de rendement, stables et tolérantes aux principaux stress biotiques (orobanche, botrytis, anthracnose, rouille, …) et abiotiques (sècheresse surtout de fin de cycle, …).
Pour réaliser cet objectif, le programme adopte une approche qui se base sur l’utilisation des méthodes conventionnelles de sélection qui sont appliquées directement sous les conditions édapho-climatiques des environnements cibles, ce qui permet efficacement de tenir compte des différences agroécologiques qui existent entre ces environnements et de leurs exigences variétales.
La création de la variabilité ainsi que le début de sélection dans les premières générations du matériel en ségrégation ont lieu au Domaine Expérimental de Douyet. Par contre, les tests de performance des lignées résultantes sont menés aux Domaines Expérimentaux de Douyet, Jemaa Shim et Khemiss Zemamra.
Ces environnements ont été retenus sur la base de la distribution des principales zones de production de la fève qui se concentrent dans la zone centre-nord (Taounate, Taza et Fès) et dans la région de Settat, Ben Slimane et El Jadida. Continuer la lecture

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Criblage de sept variétés de pois chiche obtenues à l’INRA (cicer arietinum L.) face au stress hydrique en période de floraison. Par Rajae Kettani et Doha Khalfi (CRRA Meknès), Hassan Ouzanni et Hasnae Errouchani (FST Beni Mellal).

Dr Rajae Kettani, Agrophysiologie des annuelles (URAPV - INRA CRRA Meknes)

Dr Rajae Kettani, Agrophysiologie des annuelles (URAPV – INRA CRRA Meknes)

Les légumineuses alimentaires constituent une source très importante de protéines végétales qui peuvent corriger le déficit en protéines animales. Au Maroc, la production nationale ne couvre pas les besoins internes du pays et l’Etat a recours aux importations. Les zones de sa culture sont concentrées dans le Saïs, le Rif, le Gharb et la Chaouia avec une  moyenne annuelle de 3,2 millions de quintaux et le rendement moyen à l’hectare ne dépasse pas 7 qx (DSS;  2018).

Malgré la faiblesse des rendements, cette culture reste très appréciée des agriculteurs grâce à son effet positif sur la fertilité des sols et sur le rendement de la céréale en rotation biennale d’où son intérêt particulier dans le concept d’agriculture durable. Son introduction dans l’assolement instaure la rotation des cultures, la diversification des productions et la protection de l’environnement par l’économie en engrais azotés et désherbants chimiques (Kettani, 2018).

Pour pouvoir introduire ces espèces dans les systèmes de culture pluviaux, il fallait impérativement cribler les performances génétiques des variétés d’hiver de pois chiche. Même si le pois chiche est une espèce rustique par son système radiculaire puissant qui se développe dans les deux sens latéral et pivotant, le stress hydrique reste la principale contrainte limitant sa production sous un régime pluvial. Son rendement dépend de la fréquence et la répartition des précipitations le long du cycle de culture notamment en phase reproductive et de leur tolérance intrinsèque au manque d’eau (Ouzanni et Errouchani, 2011). Le screening des variétés de pois chiche tolérantes au stress hydrique trouve toute son importance car il est difficile de sélectionner directement pour la résistance à la sècheresse puisque le contrôle génétique de ce caractère quantitatif est très complexe. La sélection empirique des génotypes est basée sur le rendement en grains et ses composantes. L’indice de récolte, qui indique le degré de reconversion d’une partie de la biomasse aérienne en graines est également considéré comme un critère potentiel pour la sélection indirecte des génotypes à haut rendement et tolérants au stress hydrique (Berger et al., 2006). L’approche de cette étude consiste à identifier les paramètres liés à la tolérance au stress hydrique en intégrant des marqueurs physiologiques impliqués et facilement mesurables. Il s’agit de l’efficience d’utilisation de l’eau, l’état hydrique de la plante, la délimitation des stades phénologiques et leur coïncidence avec le stress hydrique ainsi que l’évaluation de l’impact de ces stress sur le rendement et ses composantes. Continuer la lecture

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Importance nutritionnelle et valorisation des Légumineuses Alimentaires. Par Ir Ibtissam Guirrou (Chercheure, CRRA Meknès)

Ir Ibtissam Guirrou-Chercheure, Technologie alimentaire, URGRNSEQ - CRRA Meknes

Ir Ibtissam Guirrou-Chercheure, Technologie alimentaire, URGRNSEQ – CRRA Meknes

Les légumineuses sont des espèces végétales qui appartiennent à la famille des Leguminosae (ou Fabaceae) produisant des graines comestibles utilisées dans l’alimentation humaine et animale depuis des milliers d’années. Les haricots secs, les lentilles et les pois sont les types de légumineuses les plus connus et les plus consommés.

D’un point de vue nutritionnel, les graines de légumineuses se répartissent en deux groupes. Lepremier groupe correspond à des graines riches en glucides, notamment en amidon (40-50% duproduit sec), et pauvres en matières grasses (1-6% du produit sec). C’est le groupe le plus important et rassemble entre autres le pois, la fève, les haricots secs, le pois-chiche, les lentilles, la cornille, ledolique et le pois bambara. Le second groupe correspond à des graines plus riches en matièresgrasses et contenant peu d’amidon. Ce groupe rassemble notamment le lupin et le soja qui contiennentrespectivement 10 et 20% de lipides (Cullis et Kunert, 2016).

Il est à savoir que les légumineuses sont considérées comme la protéine des pauvres car elles sont caractérisées par une teneur élevée en protéines 20 à 40% du produit sec et 7 à 15% du produit prêt à consommer (Rémond et Walrand, 2017).

Ces aliments sont caractérisés par des teneurs faibles en acides gras saturés (parce qu’ils sont des végétaux) et sont exempts de cholestérol. Ils ont également un faible indice glycémique, généralement compris entre 10 et 40. De plus ils constituent une source importante de fibres, de vitamines dugroupe B (notamment de folates), ainsi que des minéraux (fer, zinc, calcium …) ce qui entraine la régulation du poids corporelet la prévention de l’obésité (Ramdath et al., 2016).

Malgré leurs multiples avantages, les légumineuses alimentaires n’occupent actuellement qu’une place assez modeste à l’échelle mondiale. D’une part, les superficies allouées à ces cultures, concentrées dans des zones d’agriculture pluviale, ne représentent que le dixième de celles consacrées aux céréales. D’autre part, le rendement moyen enregistré n’est que de 0,86 T/Ha, soit le quart de celui des céréales qui avoisine 3,54 T/Ha (Akibode et Maredia, 2011). Malgré l’accroissement enregistré ces vingt des dernières années, le commerce mondial des légumineuses reste faible comparativement à celui des céréales et des oléagineux.

Dans le cadre de l’initiative Inde-Maroc pour la Réhabilitation des Légumineuses Alimentaires (IMILA), L’INRA a participé à la valorisation de la production des légumineuses alimentaires et l’utilisation du savoir-faire local à travers les plateformes d’innovation de Meknès-Taounate. Ce qui a permis d’assurer : Continuer la lecture

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Qui sont les jeunes des zones rurales défavorisées ? Quelles opportunités de leur mobilisation pour le développement ? Par N. Bahri, A. Bentaïbi (INRA-CRRA Meknès) et T. Desrues (IESA Cordoue, Espagne)

Ir Noureddine Bahri, Information-Communication, SRD - CRRA Meknès

Ir Noureddine Bahri, Information-Communication, SRD – CRRA Meknès

La question de l’intégration et de la mobilisation des jeunes ruraux pour le développement agricole et rural est à l’ordre du jour plus que jamais et ce dans le cadre notamment du chantier de revue des orientations et objectifs du Plan Maroc Vert en rapport avec le développement des zones rurales défavorisées. A travers le déploiement de plusieurs stratégies de vie, les jeunes se positionnent en effet en acteur principal de développement en zones rurales pauvres du Maroc qui connaissent de continuelles dynamiques de changement amorçant dans certains cas de réelles mutations.

Ainsi, et pour bien comprendre les logiques et les stratégies des jeunes générations rurales, il s’avère nécessaire de considérer le contexte local en interaction avec les dynamiques globales. Une approche globale d’investigation doit permettre en l’occurrence de prendre en compte les différentes dimensions de la vie juvénile et de la participation citoyenne des jeunes, en relation avec l’organisation sociale et économique locale et avec une profondeur historique suffisante.

Afin de contribuer à une meilleure connaissance de la jeunesse rurale, une étude a été conduite au sein de trois zone rurales du Moyen Atlas caractérisées par (i) une situation de contraintes sociale, économique et écologique et un niveau supérieur de pauvreté, (ii)  un dynamisme socio-économique qui préside à l’offre d’opportunités de vie pour les jeunes facilitant ainsi leur intégration dans le tissu productif local et (iii) une dynamique collective locale, impulsée aussi bien par les structures socioprofessionnelles locales que par les nouveaux acteurs de la société civile locale. Continuer la lecture

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Analyse des déterminants de l’entrepreneuriat des jeunes ruraux diplômés : Cas des communes rurales de la préfecture de Meknès. Par E.H. Bouichou, N.Bahri et A.Bentaibi

El Houssain Bouichou, PhD student, Technicien au CRRA Meknès

El Houssain Bouichou, PhD student, Technicien au CRRA Meknès

L’entrepreneuriat, option stratégique pour la promotion de l’emploi des jeunes, constitue une solution attrayante pour les jeunes ruraux diplômés à travers l’auto-emploi porteur de création d’activité, de valeur et d’amélioration de la productivité ainsi que de croissance économique par voie de conséquence.

La problématique du développement rural a été longtemps marquée par une mobilisation incomplète des opportunités locales dans le milieu rural et ce malgré l’existence de potentialités importantes en matière de création d’activités économiques insuffisamment exploitées. On assiste à une saturation des activités agricoles classiques, essentiellement dans l’agriculture familiale et communautaire qui constitue la plus grande source de revenu et un moyen de stabilité pour la grande majorité des foyers ruraux comptant avec la dynamique amenée tout particulièrement par le Plan Maroc Vert.

Pour alimenter cette réflexion, il convient d’examiner de plus près les déterminants des intentions entrepreneuriales déclarées par les jeunes ruraux et d’évaluer leur esprit d’entreprendre. C’est dans cette optique qu’a été menée une enquête au niveau des communes rurales de la préfecture de Meknès auprès de 90 jeunes diplômés, dont 70 jeunes hommes et 20 jeunes femmes avec une moyenne d’âge de 33 ans. Ces jeunes ont été approchés par un questionnaire et par des observations directes. Les données collectées ont été traitées moyennant une analyse descriptive et l’Analyse Factorielle des Correspondances Multiples (AFCM). Continuer la lecture

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