
Dr Rachid Razouk, chercheur en agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier, URAPV – CRRA Meknès
Le grenadier est considéré comme une espèce tolérante au déficit hydrique. Pour cette raison, au Maroc, sa culture est pratiquée dans différentes régions dont certaines présentent une aridité prononcée, telles que Settat (7% de la superficie totale) et Taounate (6%). Cette espèce est aussi connue pour sa bonne valorisation de l’eau d’irrigation, faisant de sa culture un des piliers de l’agriculture en zones de grande hydraulique dont principalement les plaines de Tadla (35% de la superficie totale) et du Haouz (20%). Toutefois, dans ces régions, comme c’est le cas pour l’ensemble du pays, la faiblesse des disponibilités hydriques et le besoin d’économiser l’eau en faveur des autres usages des ressources hydriques (en industrie et eau potable) imposent le recours à des techniques d’irrigation économes d’eau. L’irrigation déficitaire continue et régulée pourrait être l’une des stratégies appropriées pour relever ce défi. Pour son optimisation, il s’impose à priori de connaitre les besoins en eau du grenadier.
Besoins en eau du grenadier
Les besoins en eau du grenadier correspondent globalement à son évapotranspiration (ETc) qui varie en fonction de la demande climatique exprimée par l’évapotranspiration de référence (ET°), l’importance de la couverture du sol par la frondaison (Kr), le coefficient cultural (Kc) et l’efficience du système d’irrigation (Esys = 0.9 pour le goutte-à-goutte) suivant l’équation : ETc = Kr x Kc x ET°/Esys en tenant compte de la pluviométrie efficace estimée généralement à 80% du niveau pluviométrique enregistré. L’évapotranspiration de référence (ET°) est fournie par les stations météorologiques au niveau des sites de production comme elle peut être estimée par un bac évaporant à la parcelle. Le coefficient de réduction (Kr), dépendant de l’âge des arbres, est déduit du diamètre moyen des frondaisons (D) et de la densité (N) suivant l’équation : Kr = 2π x D2 x N/10000 avec 1 comme valeur maximale. Alors que le coefficient cultural Kc varie en fonction de la saison et le niveau de salinité de l’eau d’irrigation (Tableau 1). Continuer la lecture





