
Ir Amal Labaioui, Chercheure (URGRNSEQ – CRRA Meknes)
Les prédictions climatiques convergent pour confirmer l’augmentation du réchauffement et de la variabilité spatio-temporelle des précipitations. Davantage de phénomènes extrêmes et une variabilité climatique accrue sont également prédits (GIEC, 2007) et constitueraient d’autres composantes du changement climatique à prendre en considération. La réalité de cette évolution préoccupante est confirmée par des observations croissantes de changements abiotiques et biotiques (impacts) en lien avec le contexte climatique et notamment le réchauffement. Les risques encourus en termes de production sont préfigurés par les importantes pertes des productions végétales consécutives à des extrêmes climatiques inédits récemment rencontrés. D’ici 2100, les chercheurs prévoient une diminution de la disponibilité en eau des sols, principalement à cause du réchauffement, donc d’une augmentation de l’évapotranspiration, mais aussi à cause de la baisse de la pluviométrie. Au cœur de cette situation et avec des hausses croissantes de la température, les besoins en eau des plantes augmenteront (Mueller et al., 2014).
L’évapotranspiration est une variable clé du cycle hydrologique, elle conditionne l’humidité des sols qu’est le facteur régulant le partage des précipitations entre infiltration et ruissellement ainsi que la recharge des eaux souterraines. Dans un climat plus chaud, il est très probable (90-100 % de probabilité) que l’évapotranspiration de référence augmente sous l’effet d’une augmentation de l’énergie disponible en surface et d’une augmentation de l’humidité spécifique à saturation (un air plus chaud peut contenir plus de vapeur d’eau) (Dayon, 2015). Connaître l’évapotranspiration (ET) est très important en matière de planification et de gestion des ressources en eau (Ndiate et al., 2017).
Le recensement des travaux ayant déterminé les tendances passées d’évolution de l’ETo en région méditerranéenne a permis de conclure que parmi 22 études, 15 montrent une tendance à l’augmentation et 3 ne montrent pas de tendances alors que 4 prévoient une tendance à la baisse (Vicente-Serrano et al., 2014). En Espagne des tendances marquées à l’augmentation de l’ET0 ont été démontrées (Aubé, 2016). Ces études traitent surtout les tendances passées de l’évolution de l’évapotranspiration à une échelle mondiale ou régionale mais les prévisions futures sont d’une grande importance surtout au niveau local pour pouvoir élaborer des stratégies d’adaptation les mieux appropriées. Continuer la lecture





