Edito : L’amélioration génétique au service du développement de la filière des légumineuses alimentaires

Dr Zaine El Abidine Fatemi, Amélioration génétique des légumineuses alimentaires, URAPCRG - CRRA Meknès

Dr Zaine El Abidine Fatemi, Amélioration génétique des légumineuses alimentaires, URAPCRG – CRRA Meknès

Grâce à leurs multiples rôles sur le plan agro-biologique et socio-économique, les légumineuses alimentaires restent une composante essentielle dans les systèmes de production agricoles marocains. En plus de leurs intérêts agro-économiques, elles constituent l’une des principales sources de protéines et aussi une source des minéraux pour la consommation humaine et animale. Elles contribuent ainsi à combler le déficit protéique des régimes alimentaires à base des céréales de la majorité des familles marocaines.

La fève (Vicia faba L.), à l’image des autres légumineuses alimentaires est une plante très riche en protéines et constitue un aliment nutritif très important. Cette culture est très ancienne et largement pratiquée à travers le monde couvrant environ 2,3 millions d’hectares.

La culture de la fève est peu exigeante en termes de qualité de sol. Cependant, elle aime les sols frais, profonds, peu acides, et non compactés. Elle est rustique au froid. Cette culture, en tant que légumineuse, a une importance capitale dans les systèmes de production en agriculture pluviale au Maroc. Elle est très appréciée en tant que bon précédent cultural pour la céréaliculture, notamment, via les restes d’azote laissés ou à travers l’amélioration de la structure du sol. Assez riches en protéine (22-36%), les graines de fève permettent un apport protéique assez important pour les humains et les animaux.

La superficie dédiée à cette culture durant la campagne agricole 2020/2021 représente près de 42% de la superficie totale occupée par les légumineuses alimentaires au Maroc. Elle est suivie du pois chiche (25 %), de la lentille (17 %) et du pois (16 %). Son rendement, durant cette même campagne, est de l’ordre de 12 qx/ha, soit une production nationale de 1312000 qx.

Cependant, malgré les différents avantages, cette culture ne reçoit pas l’intérêt qu’elle mérite. La production de la fève a en effet enregistré une baisse très significative ces dernières années tant au niveau des superficies emblavées qu’au niveau du rendement moyen. Cette régression est imputée à plusieurs contraintes d’ordre biotique (insectes ravageurs, maladies et adventices), abiotique (sècheresse, gelée, salinité), technique (non-maîtrise de la conduite technique) et socio-économique. En absence de variétés sélectionnées, le matériel végétal utilisé est peu performant (95 % des semences sont des populations locales non améliorées).

Variété de fève Hiba

Variété de fève Hiba

L’Institut National de la Recherche Agronomique du Maroc œuvre depuis plusieurs années pour la mise au point de nouvelles variétés productives et adaptées aux conditions agro-climatiques du pays, accompagnant ainsi la politique agricole nationale. A travers son programme d’amélioration génétique de la fève, relevant du Centre Régionale de la Recherche Agronomique de Meknès, l’INRA vise le développement de nouvelles variétés à haut potentiel de rendement, stables vis-à-vis des changements climatiques et tolérantes aux

principales maladies et ravageurs de la culture. Ce programme concerne deux principales composantes; à savoir la fève et la féverole. L’approche adoptée se base sur l’utilisation des méthodes conventionnelles de sélection. Elles sont appliquées directement sous les conditions édapho-climatiques des environnements cibles.

Variété de féverole Zina

Variété de féverole Zina

Deux nouvelles variétés ont ainsi été inscrites en 2018 :

  • Hiba : une variété de fève dont le rendement grain moyen dépasse de 25% le rendement de la variété Alfia 21. Son rendement potentiel en sec est avoisine 45 qx/ha.
  • Zina une variété de féverole dont le rendement grain moyen dépasse de 20% le rendement de la variété Lobab. Son rendement potentiel en sec est de 40 qx/ha.

Ces variétés sont destinées à la production en sec et leur potentiel de production se réalise amplement en conditions irriguées. Elles sont à floraison et maturité moyennement précoces et sont moyennement résistantes au botrytis et modérément résistantes à l’anthracnose.

En outre, deux nouvelles lignées de fève sont en cours de test au Catalogue Officiel : l’une en 2ème année et l’autre en 1ère année. Plusieurs autres lignées de fève et de féverole sont aussi en cours de purification et de multiplication en vue d’être proposées pour inscription au catalogue officiel.

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STRATÉGIE DE DÉPLOIEMENT DES VARIÉTÉS DES BLÉS POUR ACCROÎTRE LA DURABILITÉ DE LA RÉSISTANCE AUX MALADIES PRÉVALENTES AU MAROC. Par Abdelhamid Ramdani (INRA CRRA Meknès)

Dr Abdelhamid Ramdani, Chercheur Phytopathologie / Amélioration (URPP - CRRA Meknès)

Dr Abdelhamid Ramdani, Chercheur Phytopathologie / Amélioration (URPP – CRRA Meknès)

Le blé subit de nombreuses contraintes biotiques partout dans le monde. L’impact de chacune sur le rendement en grains dépend de la zone agro-écologique. En guise d’exemple, la rouille jaune, la septoriose, la rouille noire, la rouille brune et les pourritures racinaires sont les maladies les plus redoutables dans les conditions marocaines (Planches ci-dessous) et pourraient  réduire le rendement en grains de 30%. La récolte pourrait même être perdue en totalité lorsque des infections sévères sont combinées à la sécheresse. Ainsi, la pyramidalisation (l’accumulation) de plusieurs gènes de résistance chez le blé est la meilleure stratégie pour assurer une longévité d’une telle résistance. Or, la pyramidalisation  est un processus fastidieux, long et couteux. De plus, chaque agent pathogène peut avoir diverses races dans différentes régions. Outre, les ressources disponibles pour les programmes nationaux limitent le nombre de maladies pouvant être incluses dans les objectifs de sélection, malgré l’existence d’une variation génétique en termes de réponse à la plupart des pathogènes. Ainsi, les pathologistes et améliorateurs se concentrent plutôt sur les agents pathogènes les plus redoutables. Par ailleurs, un déploiement judicieux des variétés commerciales assurerait une longévité de la résistance.

Figure 1: Evolution de la prévalence (% de champs infesté) de la rouille noire au Maroc  de  2017à 2021

Figure 1: Evolution de la prévalence (% de champs infesté) de la rouille noire au Maroc de 2017à 2021

Il est à signaler que la rouille jaune est devenue de plus en plus répandue et sévère dans presque toutes les zones céréalières et constitue désormais une réelle menace pour la production du blé au Maroc. La rouille noire autrefois sans importance est de plus en plus répandue au Maroc (Figure 1).

Au cours des dernières saisons, nous assistons à une augmentation importante de son occurrence, en passant en 2017-2018 de 2% de champs de blé tendre infestés  à 62% et 59% des champs de blé tendre et de blé dur en 2020-2021 respectivement (Figure 1). L’augmentation de la prévalence/sévérité de la rouille noire au Maroc confirme sa réémergence à grande échelle dans le bassin méditerranéen observée depuis 2015-16. Un tel changement dans la prévalence et la sévérité des rouilles, jaune et noire, est probablement dû à des changements de virulence et, par conséquent, à une perte d’efficacité des gènes majeurs (Yr et Sr) et/ou à des changements climatiques qui favorisent l’épidémie de ces deux rouilles. Continuer la lecture →

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MAUVAISES HERBES DU BLE TENDRE : INVENTAIRE DES ESPECES DANS LE SAIS ET EFFICACITE DE SIX HERBICIDES. Par Mariam El HARSAL(1), El Hassane BENSELLAM(2), El Hassan ACHBANI(1) et Hafid IBRIZ(1)

Ir Mariam El Harsal, Chercheuse - URPP CRRA Meknès

Ir Mariam El Harsal, Chercheuse – URPP CRRA Meknès

Les céréales constituent l’élément de base du régime alimentaire marocain. Cependant, la production nationale ne permet de couvrir que 54% des besoins en moyenne (ONICL, 2021). Par conséquent, le Maroc qui était jadis un exportateur de blé, doit s’affronter annuellement face à deux alternatives : continuer d’importer pour combler l’autre moitié des besoins, ou doubler la production nationale. Pour ce dernier objectif, l’intensification de la culture reste désormais la seule option, compte tenu des limites d’extension de la culture.

L’utilisation des pesticides, dont les herbicides, permet généralement d’augmenter le rendement des céréales en année normale (Bouhache et al., 2000). En effet, en absence de toute intervention contre les mauvaises herbes, les pertes de rendement chez les céréales  sont importantes et varient entre 15 et 68% selon les régions, les conditions climatiques de l’année et la nature de la flore adventice (Taleb, 2007). En plus, les infestations massives gênent les opérations de moisson et peuvent aussi causer des problèmes de stockage des productions (Boutahar, 2000 ; Hajjaj, 2010).

La lutte chimique et notamment le désherbage précoce reste le moyen de lutte le plus efficace contre les espèces nuisibles. Sans désherbage précoce, les intrants investis ne seraient pas bien rentabilisés (Bouhache et al., 2000). Toutefois, la multiplicité des espèces adventices ainsi que des matières actives disponibles pose problématique pour une gestion efficiente de cette opération culturale.

Dans ce contexte, une étude a été menée sur un champ de blé à Douyet dans l’objectif de recenser les principales espèces de mauvaises herbes envahissant cette culture ainsi que de comparer l’efficacité de six herbicides. Continuer la lecture →

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FERTILISATION MINERALE D’AMANDIER SOUS LES CONDITIONS PLUVIALES. Par Aboumadane Hicham (INRA CRRA Tanger)

Aboumadane Hicham (Chercheur, INRA CRRA Tanger)

Ir Aboumadane Hicham (Chercheur, INRA CRRA Tanger)

L’amandier est l’une des principales cultures occupant les zones marginales dans le pourtour méditerranéen, en raison de son adaptation à la sécheresse (Prgomet et al., 2017). Les vergers pluviaux de l’amandier ont une grande importance sociale dans les territoires à faible potentiel agro-écologique (Arrobas et al., 2019). Cependant, ces vergers pluviaux étaient installés de manière traditionnelle, caractérisés ainsi par des faibles niveaux de production (Almagro et al., 2016). Selon les statistiques de la FAO, le rendement est très faible, variant entre 300 et 700 kg/ha d’amandes non-décortiquées (FAOSTAT, 2018). Par ailleurs, la filière d’amandier dans la région d’Al-Hoceima a connu une extension remarquable, engendrant des problèmes d’ordre nutritionnels, puisque les plantations occupent des terrains de fertilité différente. En absence de toute restitution, des signes de mal nutrition et de mortalité sont observées.

La fertilisation minérale est l’une des composantes essentielles de la conduite technique des cultures. L’application d’engrais dans le sol est principalement utilisée pour augmenter la disponibilité des nutriments pour les plantes, et donc pour augmenter le rendement de la culture. La plupart des études sur la fertilisation d’amandier ont été réalisées en conditions irriguées (Saa et al., 2014 , 2017; Saiful et al., 2015, 2018) et les résultats ne sont pas parfaitement adaptés aux conditions pluviales.  Notons que leurs recommandations en termes de fertilisants peuvent être de cinq jusqu’à dix fois supérieures à celles conseillées pour les vergers en culture pluviale (LQARS, 2006 ; Arquero et Serrano, 2013). En absence de données sur la gestion de la fertilisation d’amandier sous les conditions pluviales, la présente étude a été donc entreprise, focalisée sur les trois éléments majeurs NPK.

L’étude a été réalisée au cours de l’année 2021 dans un verger d’amandier adulte conduit en bour, suivant un dispositif en blocs aléatoires complets. Continuer la lecture →

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Edito : INRA Meknès Magazine, une pièce maîtresse de la communication digitale du CRRA Meknès

Ir Noureddine Bahri, Information-Communication, SRD - CRRA Meknès

Ir Noureddine Bahri, Information-Communication, SRD – CRRA Meknès

Bonjour cherEs lectreurTRICEs et bonne et heureuse année 2022,

Nous entamons ensemble une nouvelle année de partage de l’information scientifique et technique produite par les équipes de recherche du CRRA Meknès dans la ligne éditoriale de « INRA Meknès Magazine » qui trouve ses fondements dans les missions statutaires de l’Institut National de la Recherche Agronomique en matière de diffusion de la connaissance scientifique pour le développement agricole. A côté du portail web et des profils sur les réseaux sociaux (Facebook et Youtube en l’occurrence) « INRA Meknès Magazine » est une pièce maîtresse de la communication digitale de l’INRA-CRRA Meknès qui ambitionne de renforcer l’ouverture du centre sur l’environnement scientifique et de développement agricole mais aussi sur l’ensemble de la société. Notre communication digitale s’inscrit ainsi dans la conformité de la loi 31-13 relative au droit d’accès à l’information qui recommande aux institutions publiques d’adopter une politique de diffusion proactive de l’information dont elles disposent.

Durant l’année écoulée, vous avez été plus de 11.000 lecteurTRICEs à ouvrir pas moins que 15.000 sessions sur « INRA Meknès Magazine » avec une moyenne dépassent les 40 sessions quotidiennes. Les deux tiers d’entre vous nous ont lu grâce à une recherche organique sur Internet et 15% à travers un accès direct ; nos fidèles. Vous venez essentiellement du Maroc (57%), mais aussi de France (16,2%), du Maghreb (14,5%) et des USA (1,2%)*. Ces performances confortent le positionnement du CRRA Meknès parmi le cercle fortuné des « info-producteurs » et placent « INRA Meknès Magazine » sur l’estrade des magazines de culture scientifique les plus consultés à l’échelle de notre pays et, bien probablement, à l’échelle de notre région.

Votre intérêt fait la fierté de la communauté de recherche du CRRA Meknès qui vous offre sur ce magazine, mis en ligne depuis 2013, un important corpus constitué à ce jour de 152 articles traitant de diverses activités de recherche et de recherche-développement de notre centre. C’est aussi une grande motivation pour persévérer dans cette noble mission.

L’actuelle édition de « INRA Meknès Magazine » se donne ainsi le plaisir de vous offrir quatre nouveaux articles dont certains enregistrent la contribution du Dr Rachid Razouk qui a eu le mérite de signer et de collaborer, dans les éditions précédentes, à plusieurs articles se positionnant largement en tête des plus lus en 2021 sur ce magazine (Article les plus lus en 2021 sur « INRA Meknès Magazine« ). Qu’il en soit remercié et félicité ainsi que touTEs les hommes et femmes du CRRA Meknès.

Bonne lecture à touTEs.

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*Source : Google Analytics.

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