Utilisation de la mycorhization arbusculaire pour l’amélioration de la tolérance au déficit hydrique chez les rosacées fruitières à noyaux. Rachid Razouk et Abdellah Kajji (URAPV – CRRA Meknès) et Jamal Ibijbijen (FS – Meknès)

Rachid Razouk, Agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier (URAPV - CRRA Meknès)

Rachid Razouk, Agrophysiologie des arbres fruitiers et de l’olivier (URAPV – CRRA Meknès)

L’agriculture marocaine est de plus en plus soumise à des conditions de sécheresse printanière et estivale provoquant un stress hydrique important et imposant l’adoption d’une irrigation raisonnée. Parmi les techniques de gestion de l’efficience de l’eau en parcelle, l’utilisation de l’irrigation déficitaire associée à la symbiose mycorhizienne à arbuscules constitue une voie prometteuse pour atténuer l’effet du stress hydrique.

Dans ce contexte, deux expérimentations ont été menées, l’une en plein champ et l’autre en pots, afin d’évaluer l’effet de la mycorhization arbusculaire sur la tolérance des jeunes plants de pêcher et de prunier au stress hydrique. L’inoculum mycorhizien utilisé est constitué d’un mélange de deux champignons : Rhizophagus intraradices et Funneliformis mosseae. En plein champ, l’expérimentation a été réalisée sur des jeunes arbres âgés d’un an, appartenant à quatre variétés de pêcher et quatre variétés de prunier, parmi les plus cultivées au Maroc. Les arbres ont été soumis à deux régimes hydriques : 100% de l’ETc et 50% de l’ETc, en présence et en absence des mycorhizes arbusculaires. Les observations ont concerné des paramètres de croissance végétative (allongement des pousses, accroissement du tronc et surface foliaire) et des paramètres physiologiques (potentiel hydrique foliaire de base et de midi, conductance stomatique, contenu relatif en eau foliaire, teneur foliaire en phosphore et en chlorophylle).

L’expérimentation en pots avait pour objectif l’évaluation de l’effet des mycorhizes arbusculaires en situation de stress hydrique sur la croissance du système racinaire des jeunes plants de prunier âgés d’un an. Des plants inoculés et non inoculés par les champignons mycorhiziens ont été soumis à trois régimes hydriques : 100% de l’ETc (témoin), régime hydrique modéré de 75% de l’ETc et régime hydrique sévère de 50% de l’ETc. Les observations ont porté sur les paramètres morphologiques du système racinaire (poids frais total, poids sec total, volume racinaire et pourcentage du chevelu racinaire) et sur des paramètres de croissance des parties aériennes (allongement des pousses, accroissement de la tige, surface foliaire, poids frais total et poids sec total).

Les résultats obtenus ont montré que les jeunes plants de pêcher et de prunier, mycorhizés et non mycorhizés, ont accusé l’effet du stress hydrique appliqué même au niveau modéré de 75% de ETc. Cependant, la mycorhization, même au niveau de 50% de ETc du stress hydrique, a permis de compenser partiellement les effets du stress hydrique sur la croissance des plants à des taux de 70 à 90% suivant les paramètres mesurés et le niveau du stress. L’effet compensateur de la mycorhization a été lié à une augmentation du

Photo 1 : Système racinaire de jeunes plants de prunier mycorhizé (à droite) et non mycorhizé (à gauche) irrigués à 75% de l’ETc

Photo 1 : Système racinaire de jeunes plants de prunier mycorhizé (à droite) et non mycorhizé (à gauche) irrigués à 75% de l’ETc

potentiel hydrique et de la conductance stomatique sans changer la teneur relative en eau des tissus foliaires. La mycorhization en conditions de stress hydrique a induit également une augmentation significative de l’absorption du phosphore et de l’azote. Cette augmentation est concomitante à l’augmentation de la concentration des pigments chlorophylliens chez les plants inoculés. Pour la partie racinaire, les deux régimes hydriques ont induit un changement significatif de l’architecture du système racinaire sans affecter notablement le poids et le volume racinaire totaux en raison d’une diminution significative du pourcentage en chevelu racinaire. Cette modification de l’architecture du système racinaire a été compensée par la mycorhization uniquement sous stress hydrique modéré (75% de l’ETc) d’un taux de 51% en stimulant la ramification des racines.

Photo 2 : Ramification du système aérien du prunier sous l’effet de la mycorhization arbusculaire

Photo 2 : Ramification du système aérien du prunier sous l’effet de la mycorhization arbusculaire

En conclusion, cette étude a montré  que la mycorhization arbusculaire à base d’un mélange de Rhizophagus intraradices et Funneliformis mosseae, améliore significativement l’efficience d’utilisation de l’eau et des nutriments des jeunes plants de pêcher et de prunier en situation de stress hydrique, même au niveau de 50% de l’ETc. Les taux de compensation dus aux mycorhizes étaient considérables sous stress hydrique modéré de 75% de l’ETc, laissant présager la possibilité d’adoption de ce régime hydrique pour une irrigation déficitaire optimisée de ces deux rosacées en présence des mycorhizes arbusculaires.

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