DÉVELOPPEMENT ET CARACTÉRISATION GÉNÉTIQUE DE DEUX LIGNÉES MUTANTES DE COLZA. Par Souhail Channaoui1,2, Mohamed El Fechtali1, Abdelghani Nabloussi1*

Dr Souhail Chennaoui, Chercheur INRA CRRA Errachidia

Dr Souhail Chennaoui, Chercheur INRA CRRA Errachidia

Dans les zones de culture du colza marquées par un stress hydrique accru, il est nécessaire de disposer de cultivars nains et à feuilles lobées étroites afin de réduire la transpiration dans un système de production intensif. Récemment, une lignée mutante naine ‘H2M-1’ et un mutant à feuilles lobées étroites ‘H2M-2’ ont été développés par mutagénèse à l’aide des agents mutagènes chimique (méthane sulfonate d’éthyle, EMS) et physique (rayons gamma) (Channaoui et al., 2019). Pour exploiter correctement ces caractères mutés dans un programme de sélection efficace, il faut comprendre leur mode d’hérédité. D’une part, il existe des résultats contradictoires concernant l’hérédité du nanisme dans les lignées mutantes de colza développées dans des travaux antérieurs (Wang et al., 2016; Xiang et al., 2016). D’autre part, et à notre connaissance, il y a peu d’informations sur l’hérédité et le contrôle génétique de la taille des feuilles (Jian et al., 2017). Par conséquent, l’objectif de cette étude est d’examiner l’hérédité des caractères mutés liés au nanisme et aux feuilles à lobes étroits.

Méthodologie de travail

Des plantes de la variété de type sauvage ‘INRA-CZH2’ (P1) ont été croisées réciproquement en 2015/2016 avec les plantes mutantes ‘H2M-1’ et ‘H2M-2’ (P2) pour obtenir la génération F1. En 2016/2017, les plantes F1 issues de croisements réciproques ont été autofécondés pour obtenir des graines F2 et également rétrocroisées avec les deux parents pour obtenir des graines BC1F1 (F1 × P1 et F1 × P2). Les croisements réciproques originaux ont été répétés pour obtenir des graines F1 dans le même environnement que les graines F2 et BC1F1. Les graines résultantes de P1, P2, F1, F1r, F2, F2r, BC1F1 ont été plantées selon un dispositif complètement aléatoire avec trois répétitions, à la station expérimentale de Sidi Allal Tazi en 2017/2018. Des pratiques culturales conventionnelles et uniformes ont été suivies pour éviter les variations de terrain et les effets environnementaux. Continuer la lecture →

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SESAME MAROCAIN : SITUATION ACTUELLE, DEFIS ET ACTIONS RECOMMANDEES POUR SON DEVELOPPEMENT. Par Mohamed Kouighat1,2, Meriem El Harfi2, Mohamed El Fechtali1, Abdelghani Nabloussi1*

Dr Mohamed Kouighat, INRA CRRA Meknès-FST Beni Mellal

Dr Mohamed Kouighat, INRA CRRA Meknès-FST Beni Mellal

Le sésame (Sesamum indicum L.) de la famille des Pedaliaceae est l’une des plus anciennes cultures oléagineuses au monde. Originaire tropicale et subtropicale, cette culture s’est étendue aux régions arides et semi-arides. Bien que la superficie et la production mondiale du sésame soient en développement, ce n’est pas le cas au Maroc où cette culture reste mineure, avec une superficie globale qui n’a jamais dépassé 2000 ha, principalement dans la zone du Tadla. Dans ce contexte, la stratégie du Plan Maroc Vert (PMV, 2008-2020) a visé à développer cette culture et à améliorer le niveau socio-économique des petits agriculteurs locaux. Le PMV a pointé, pour 2020, une augmentation de 200% de la superficie de cette culture ainsi qu’une augmentation de 400% de la production de semences. Néanmoins, au cours de cette période, la production a diminué de 55%, et la superficie récoltée a chuté de 43% (Figure 1). Malgré sa faible productivité, le sésame génère un chiffre d’affaires de 28 millions de dirhams et assure 70.000 journées de travail, ce qui contribue au développement socio-économique de la population locale. Cependant, son potentiel de production n’a pas été atteint en raison de plusieurs défis qui ont affecté sa production et sa commercialisation au cours de la dernière décennie. Cet article se veut une revue de synthèse sur la situation actuelle et les perspectives de développement de la culture du sésame au Maroc. Continuer la lecture →

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SITUATION DU DESHERBAGE DANS LE SYSTEME CEREALES-LEGUMINEUSES EN SEMIS DIRECT DANS LA REGION DE FES-MEKNES. Par Mariam El Harsal et Abderrahim Essahat (INRA CRRA Meknès)

Ir Mariam El Harsal, chercheuse en malherbologie, URPP-CRRA-Meknès-

Ir Mariam El Harsal, chercheuse en malherbologie, URPP CRRA Meknès

L’agriculture de conservation des sols repose sur trois piliers : i) une stratégie de travail minimum du sol, ii) la couverture végétale permanente ou quasi-permanente des sols et iii) l’adoption de rotations de cultures diversifiées (Schaller, 2013). En dépit de la superficie modeste occupée par ce système au Maroc, qui est de l’ordre de 25 milles ha (Mrabet et al., 2021), ce type d’agriculture prend de plus en plus de l’importance. A titre d’exemple son inclusion dans la nouvelle stratégie agricole « Génération Green 2020-2030 », dont le Maroc prévoit l’adoption du semis direct sur 1 Million d’ha de céréales à l’horizon 2030.

Le changement en faveur du système de semis direct suscite des inquiétudes chez beaucoup de producteurs quand il s’agit de contrôler les mauvaises herbes. En effet, la suppression du labour comme méthode de contrôle des mauvaises herbes signifie que les producteurs doivent ajuster les rotations des cultures, l’utilisation des herbicides et d’autres pratiques culturales en compensation (Labrada, 2005 ; Aibar, 2006 ; Nichols et al., 2015).

Dans ce cadre, cette étude vise à dresser un état des lieux sur les techniques adoptées par les agriculteurs, pour la gestion des adventices en semis direct. Pour ce faire, une enquête a été réalisée dans la zone du Saïss auprès de certains agriculteurs qui pratiquent le semis direct dans le système céréales-légumineuses. Continuer la lecture →

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SENSIBILITE DE DIFFERENTES VARIETES DE POMMIER VIS-A-VIS DU CARPOCAPSE CYDIA POMONELLA L. Par Dina Akroute1, 2, Salma EL Iraqui EL Houssaini 1

Dina Akrout, PhD Student CRRA Meknès-FS Kenitra

Dina Akrout, PhD Student CRRA Meknès-FS Kenitra

La filière du pommier joue un rôle socio-économique important au Maroc, avec une superficie globale de l’ordre de 50 000 hectares et une production annuelle de 590 000 tonnes en 2020 {1}. Cependant, cette culture est confrontée à un certain nombre de maladies et ravageurs, notamment le carpocapse des pommes et des poires Cydia pomonella L. dont la présence au niveau d’un verger se traduit par plusieurs dégâts allant jusqu’à la perte de la production. C’est un ravageur redoutable qui s’attaque aux rosacées fruitières à pépins. Les larves de ce lépidoptère creusent des galeries jusqu’à la cavité des pépins et se nourrissent de la chair des pommes (Fig.1 et Fig.2). L’infestation des pommes se solde par des dommages dépréciant la qualité du fruit, voire une impossibilité de leur mise sur le marché {2}.

Pour contrer ce ravageur et atténuer ses populations, les producteurs ont recours, très souvent, à la lutte chimique

Carpocapse adulte

Carpocapse adulte

basée sur des formulations d’insecticides à action polyvalente et à un nombre élevé de traitements. Ainsi, plusieurs cas de résistance, à l’origine d’un échec de lutte avéré, ont été révélés partout dans le monde (USA, France, Chili, Espagne, Grèce, etc.), et également au Maroc où les prémisses de la résistance ont été démontrées par des recherches menées à l’INRA {3}. Ces interventions immodérées sont également à l’origine de l’augmentation des coûts de production et sont néfastes pour la santé du consommateur et l’environnement. Continuer la lecture →

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Edito : LE SEMIS DIRECT SUR 1 MILLION D’HECTARES AU MAROC DANS LE CADRE DE LA NOUVELLE STRATEGIE « GENERATION GREEN 2020-2030 ». Par Rachid Moussadek (Chercheur, INRA Rabat)

Dr Rachid Moussadek, Chercheur INRA Rabat

Dr Rachid Moussadek, Chercheur INRA Rabat

Le stress hydrique constitue une menace sérieuse pour l’agriculture marocaine, notamment les systèmes céréaliers, vu les évènements de sècheresse durant les dernières décades et la récurrence future de ces évènements selon les scénarios climatiques jusqu’à 2050. En plus, la dégradation des sols agricoles, dont les deux tiers sont menacés par l’érosion, a pris une ampleur alarmante.

L’Agriculture de conservation, notamment le Semis Direct (SD), constitue une alternative d’amélioration durable de la productivité des terres agricoles dans les zones pluviales, notamment pour les grandes cultures. Les résultats des recherches menées depuis les années 1980 par l’INRA et d’autres équipes de recherche aux niveaux national et international ont démontré que le SD constitue une technologie appropriée pour l’adaptation aux changements climatiques. Aussi ce système peut réduire la dégradation des sols vu qu’il permet d’améliorer leur qualité et de leur fertilité.

La valorisation des acquis de recherche dans ce domaine mérite une attention particulière étant donné les investissements déjà réalisés par le consortium de la recherche (INRA, IAV, ENA et ENFI) et d’autres partenaires (ICARDA, UM6P-Almoutmir, etc.) en termes de conception et développement de semoirs pour le SD adaptés aux conditions marocaines et la dissémination des résultats obtenus par les agriculteurs adoptant cette technologie dans différentes régions du Maroc. En plus des effets bénéfiques sur la qualité des sols, la supériorité en termes de productivité et de rentabilité du SD par rapport au semis conventionnel a été démontrée et confirmée, notamment pendant les années sèches. Dans ce sens, les derniers efforts déployés par les acteurs locaux pour la promotion de ce système méritent d’être renforcés pour atteindre les objectifs de la nouvelle stratégie GG.

Le système Semis Direct, comme technologie intelligente face au changement climatique, est ainsi promu pat la nouvelle stratégie Génération Green (GG) qui vise à assurer une production agricole durable en tenant compte de la conservation des ressource naturelles (sols et eaux).

Zones cibles du programme SD - Generation Green 2020-2030

Zones cibles du programme SD – Generation Green 2020-2030

L’objectif de ce nouveau programme est de renforcer l’adoption du SD au Maroc sur 1 Mha à l’horizon 2030 pour améliorer les rendements dans les systèmes céréaliers et améliorer la fertilité des sols en comptant avec les effets bénéfiques du SD sur la séquestration du carbone.

Le projet cible les principales régions céréalières : Casablanca-Settat, Meknès-Fès, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Beni Mellal-Khenifra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Cette technologie peut être disséminée vers d’autres régions agricoles.

Soutenir l’adoption à grande échelle du SD au Maroc sur la période 2020-2030, dans le cadre de la stratégie Generation Green, permettra ainsi de renforcer la résilience agro-climatique et la durabilité du système céréalier et améliorer la santé des sols agricoles au Maroc.

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