{"id":3263,"date":"2023-01-23T15:10:40","date_gmt":"2023-01-23T14:10:40","guid":{"rendered":"http:\/\/mag.inrameknes.info\/?p=3263"},"modified":"2023-01-23T15:10:40","modified_gmt":"2023-01-23T14:10:40","slug":"la-diffusion-du-semis-direct-dans-la-region-fes-meknes-par-mohamed-essiari-dra-fes-meknes-aziz-fadlaoui-inra-crra-meknes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/?p=3263","title":{"rendered":"LA DIFFUSION DU SEMIS DIRECT DANS LA REGION FES-MEKNES. Par Mohamed Essiari (DRA F\u00e8s-Mekn\u00e8s) &#038; Aziz Fadlaoui (INRA CRRA Mekn\u00e8s)"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3273\" style=\"width: 184px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3273\" class=\"size-full wp-image-3273\" title=\"Ir. Mohamed Essiari (DRA F\u00e8s-Mekn\u00e8s)\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Ir.-Mohamed-Essiari-DRA-F\u00e8s-Mekn\u00e8s-e1673969245865.jpg\" alt=\"Ir. Mohamed Essiari (DRA F\u00e8s-Mekn\u00e8s)\" width=\"174\" height=\"197\" \/><p id=\"caption-attachment-3273\" class=\"wp-caption-text\">Ir. Mohamed Essiari (DRA F\u00e8s-Mekn\u00e8s)<\/p><\/div>\n<p>Le travail du sol a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en vue d\u2019ameublir le sol, pr\u00e9parer le lit de semence, g\u00e9rer les adventices, etc. N\u00e9anmoins, ce mode de conduite a \u00e9t\u00e9 remis en cause vers la fin des ann\u00e9es 1930, aux Etats Unis, suite \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e8nement catastrophique de \u00ab\u00a0<em>Dust<\/em> <em>Bowl<\/em>\u00a0\u00bb (Chabert et Sarthou, 2017). Une autre alternative, baptis\u00e9e Agriculture de Conservation des Sols (ACS), avait pris naissance pour lutter contre l\u2019\u00e9rosion et faire face \u00e0 l\u2019augmentation des prix de l\u2019\u00e9nergie (Friedrich et al., 2012). Cette alternative repose sur trois principes\u00a0: la simplification du travail du sol ; le maintien d\u2019un couvert permanent ; et la pratique de rotations longues et diversifi\u00e9es (Laurent, 2015). La simplification du travail du sol englobe un gradient continu allant de la r\u00e9duction du nombre d\u2019outils aratoires jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9limination compl\u00e8te de toute action m\u00e9canique sur le sol ou semis direct (SD).<\/p>\n<p>Au Maroc, les recherches sur le SD ont \u00e9t\u00e9 initi\u00e9es depuis le d\u00e9but de la d\u00e9cennie 1980 et poursuivies jusqu\u2019\u00e0 nos jours. En mati\u00e8re de transfert de technologie, de nombreuses actions ont \u00e9t\u00e9 entreprises depuis le d\u00e9but de la d\u00e9cennie 1990 (El Brahli et al., 1997). En 2009, cette technologie a \u00e9t\u00e9 retenue en tant que mesure d\u2019adaptation dans le cadre du plan national de lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. Elle a ensuite \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e dans la mise en \u0153uvre de projets du Plan Maroc Vert. En 2018-2019, l\u2019OCP-Al Moutmir ont lanc\u00e9 un programme national de diffusion de cette technologie. La strat\u00e9gie G\u00e9n\u00e9ration Green (GG) a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 cette technologie en lui d\u00e9diant un programme national visant \u00e0 atteindre un million d\u2019hectares \u00e0 l\u2019horizon 2030. Compte tenu de ce contexte, cette note vise \u00e0 mettre l\u2019accent sur le processus de diffusion du SD dans la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s (F-M) en lien avec les principes de l\u2019ACS.<!--more--><\/p>\n<p><strong>I. Chronologie de la diffusion du SD dans la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-3276\" title=\"Semis direct\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Semis-direct-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Semis-direct-300x168.jpg 300w, https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Semis-direct.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Si le programme de recherche sur le SD avait \u00e9t\u00e9 entam\u00e9 depuis 1983, le processus de transfert de ce syst\u00e8me aux exploitations de la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s n\u2019a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 qu\u2019en 2004. Depuis lors, l\u2019examen de l\u2019\u00e9volution du processus de sa diffusion a permis de distinguer trois phases marqu\u00e9e chacune par un int\u00e9r\u00eat particulier envers cette technologie (Figure 1). La premi\u00e8re phase a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par le lancement de projets de transfert de technologie ainsi que l\u2019\u00e9mergence d\u2019initiatives priv\u00e9es d\u2019adoption. La seconde phase s\u2019est distingu\u00e9e par la mise en \u0153uvre du premier projet d\u2019extension entrepris par les structures du d\u00e9partement de l\u2019agriculture, d\u2019une part, et du programme OCP-Al Moutmir, d\u2019autre part. Le d\u00e9marrage de la derni\u00e8re phase a co\u00efncid\u00e9 avec le lancement du programme national dans le cadre de la strat\u00e9gie GG.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3265\" title=\"Fig 1\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-1.jpg\" alt=\"\" width=\"613\" height=\"375\" \/><\/p>\n<p><strong>I. 1. Premi\u00e8re phase<\/strong><\/p>\n<p>Amorc\u00e9e en 2004 et poursuivie jusqu\u2019en 2014, cette phase a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par deux faits marquants. Le premier fait avait port\u00e9 sur l\u2019initiation d\u2019un processus de transfert de technologie impuls\u00e9 dans le cadre de projets de R&amp;D entrepris en collaboration entre des institutions nationales (INRA, ENAM, et IAV Hassan II) et internationales (ICARDA, FAO, FERT, AFD, etc.). Des essais de d\u00e9monstration et\/ou de v\u00e9rification ont \u00e9t\u00e9 mis en place au niveau des domaines, des exploitations agricoles individuelles ainsi que des Organisations Professionnelles Agricoles (OPAs). Ces essais avaient consist\u00e9, d\u2019une part, \u00e0 tester le SD en milieu r\u00e9el pour la confirmation des r\u00e9sultats de recherche, et d\u2019autre part, \u00e0 le vulgariser aux agriculteurs. En termes d\u2019approche, ces projets avaient adopt\u00e9, au d\u00e9but, le mod\u00e8le lin\u00e9aire descendant de cr\u00e9ation-diffusion. Toutefois, ce mod\u00e8le est rest\u00e9 ponctuel et avait montr\u00e9 ses limites pour le cas du SD qui est intensif en connaissances.<\/p>\n<p>A partir de 2012-2013, cette approche a \u00e9t\u00e9 substitu\u00e9e par celle de \u00ab Plateformes d\u2019Innovation \u00bb qui est plus globale, plus syst\u00e9mique et int\u00e8gre diff\u00e9rents acteurs. Le second fait marquant a concern\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019initiatives priv\u00e9es d\u2019adoption du SD. Suite aux r\u00e9sultats significatifs obtenus des essais, les domaines agricoles ainsi qu\u2019une ferme priv\u00e9e avaient opt\u00e9 pour l\u2019acquisition de semoirs SD en 2007. En 2011, une OPA du Moyen Sebou, avait \u00e9galement initi\u00e9 un processus collectif d\u2019adoption dans le cadre d\u2019un projet financ\u00e9 par l\u2019AFD. Certes, les diff\u00e9rentes actions de transfert de technologie entreprises avaient permis de faire connaitre cette technologie au niveau r\u00e9gional. N\u00e9anmoins, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que ces exp\u00e9riences avaient atteint leurs limites pour maintenir cette pratique par les agriculteurs au-del\u00e0 des dur\u00e9es de ces projets. Bien que les taux d&rsquo;adoption soient \u00e9lev\u00e9s au cours de la mise en \u0153uvre de ces projets, ils chutent apr\u00e8s leur fin.<\/p>\n<p><strong>I.2. Deuxi\u00e8me phase<\/strong><\/p>\n<p><strong><\/strong>Cette seconde phase, \u00e9tal\u00e9e entre 2015-2016 et 2020-2021, a co\u00efncid\u00e9 avec l\u2019impl\u00e9mentation de deux actions importantes d\u2019extension. La premi\u00e8re action a \u00e9t\u00e9 inscrite dans le cadre du projet \u00ab\u00a0Adaptation au Changement Climatique de l\u2019Agriculture au Maghreb\u00a0(ACCAGRIMAG) \u00bb. Ce dernier avait cibl\u00e9 l\u2019agriculture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re pluviale et les communaut\u00e9s vuln\u00e9rables disposant de capacit\u00e9s d\u2019adaptation limit\u00e9es. Les activit\u00e9s de ce projet, d\u00e9roul\u00e9es au cours de trois campagnes (de 2015-2016 \u00e0 2017-2018), ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9es aux structures du MAPMDREF. Dans le cadre de ce projet, huit OPAs r\u00e9parties sur les huit DPAs de la r\u00e9gion, ont \u00e9t\u00e9 retenues pour l\u2019exp\u00e9rimentation du SD. Chacune d\u2019elles avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un semoir et d\u2019un pulv\u00e9risateur. En 2017, ces \u00e9quipements ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition des OPAs moyennant une convention stipulant leurs engagements en mati\u00e8re d\u2019organisation du semis par les b\u00e9n\u00e9ficiaires, d\u2019entretien et de r\u00e9paration des \u00e9quipements mis \u00e0 leur disposition.<\/p>\n<p>La seconde action a concern\u00e9 le programme OCP-Al Moutmir. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 scind\u00e9 en deux phases dont la premi\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en 2018-2019 et la seconde en 2020-2021 (OCP-Al Moutmir, 2021). Au niveau de la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s, ce programme couvre les provinces de Mekn\u00e8s, F\u00e8s-Moulay Yaacoub, El Hajeb, Sefrou, Taounate et Taza. L\u2019OCP-Al Moutmir adopte une d\u00e9marche bas\u00e9e sur les plateformes de d\u00e9monstration, les journ\u00e9es de sensibilisation, la formation et la r\u00e9alisation des analyses de sol au profit des b\u00e9n\u00e9ficiaires. La r\u00e9gion compte plusieurs plateformes install\u00e9es dans les diff\u00e9rentes provinces. Celles-ci visent, d\u2019une part, \u00e0 am\u00e9liorer les itin\u00e9raires techniques des cultures et leur vulgarisation aupr\u00e8s des agriculteurs, et d\u2019autre part, \u00e0 comparer, \u00e0 tous les stades des cultures, les r\u00e9sultats du SD obtenus \u00e0 ceux r\u00e9alis\u00e9s dans des parcelles t\u00e9moins conduites en mode conventionnel.<\/p>\n<p>Les impacts de ces deux actions ont \u00e9t\u00e9 vite ressentis aussi bien en mati\u00e8re d\u2019extension des superficies que des rendements r\u00e9alis\u00e9s. En effet, la pratique du SD a fait un bond entre 2016-17 et 2021-22. Entre ces deux campagnes, la superficie r\u00e9gionale couverte par cette pratique (toutes cultures confondues) est pass\u00e9e de pr\u00e8s de 1.400 ha \u00e0 environ 13.366 ha. La superficie c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re conduite en mode SD a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par un facteur 9 passant de 1.271 ha \u00e0 11.427 ha (Figure 2). Le bl\u00e9 tendre \u00e0 lui seul occupe en moyenne les trois quarts de cette superficie. Les autres cultures (f\u00e9verole, pois-chiche, colza et tournesol) sont moins repr\u00e9sent\u00e9es. Celles-ci n\u2019ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 que de 1.939 ha, soit moins de 15% de la superficie totale du SD enregistr\u00e9e au cours de la campagne 2021-2022.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3266\" title=\"Fig 2\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-2.jpg\" alt=\"\" width=\"778\" height=\"439\" srcset=\"https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-2.jpg 778w, https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-2-300x169.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 778px) 100vw, 778px\" \/><\/p>\n<p>A partir de 2012-2013, cette approche a \u00e9t\u00e9 substitu\u00e9e par celle de \u00ab Plateformes d\u2019Innovation \u00bb qui est plus globale, plus syst\u00e9mique et int\u00e8gre diff\u00e9rents acteurs. Le second fait marquant a concern\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019initiatives priv\u00e9es d\u2019adoption du SD. Suite aux r\u00e9sultats significatifs obtenus des essais, les domaines agricoles ainsi qu\u2019une ferme priv\u00e9e avaient opt\u00e9 pour l\u2019acquisition de semoirs SD en 2007. En 2011, une OPA du Moyen Sebou, avait \u00e9galement initi\u00e9 un processus collectif d\u2019adoption dans le cadre d\u2019un projet financ\u00e9 par l\u2019AFD. Certes, les diff\u00e9rentes actions de transfert de technologie entreprises avaient permis de faire connaitre cette technologie au niveau r\u00e9gional. N\u00e9anmoins, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que ces exp\u00e9riences avaient atteint leurs limites pour maintenir cette pratique par les agriculteurs au-del\u00e0 des dur\u00e9es de ces projets. Bien que les taux d&rsquo;adoption soient \u00e9lev\u00e9s au cours de la mise en \u0153uvre de ces projets, ils chutent apr\u00e8s leur fin.<\/p>\n<p>Les rendements observ\u00e9s chez les agriculteurs ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du projet ACCAGRIMAG, au cours de la p\u00e9riode 2016-2021, attestent tous d\u2019une sup\u00e9riorit\u00e9 du mode SD par rapport au mode conventionnel (Figure 3). Les gains de rendement r\u00e9alis\u00e9s oscillent entre 4 et 12 qx\/ha (toutes c\u00e9r\u00e9ales confondues) et tendent globalement \u00e0 augmenter lors des ann\u00e9es climatiquement d\u00e9favorables. Ces m\u00eames tendances ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es chez les agriculteurs suivis par l\u2019OCP-Al Moutmir. A titre indicatif, le rendement moyen enregistr\u00e9 s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 41 qx\/ha en SD contre 35 qx\/ha en conventionnel au cours de la campagne 2020-21 (OCP-Al Moutmir, 2021). Le SD a \u00e9galement permis de r\u00e9duire les co\u00fbts de production de 800 \u00e0 1300 dh\/ha.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3267\" title=\"Fig 3\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-3.jpg\" alt=\"\" width=\"782\" height=\"395\" srcset=\"https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-3.jpg 782w, https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-3-300x151.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 782px) 100vw, 782px\" \/><\/p>\n<p><strong>I.3. Troisi\u00e8me phase<\/strong><\/p>\n<p><strong><\/strong>La troisi\u00e8me phase a d\u00e9marr\u00e9 avec le lancement de la strat\u00e9gie GG. Cette strat\u00e9gie a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat accord\u00e9 \u00e0 cette technologie \u00e0 travers l\u2019\u00e9laboration et la validation, avec les parties prenantes, d\u2019un programme national qui pr\u00e9voit de porter la superficie conduite en mode SD \u00e0 un million d\u2019ha \u00e0 l\u2019horizon 2030. Au niveau de la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s, ce programme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clin\u00e9 en un programme r\u00e9gional visant \u00e0 atteindre 200.000 ha (Figure 4). Les provinces de Mekn\u00e8s et El Hajeb totalisent 126.000 ha, soit 63% de la superficie pr\u00e9vue. Les superficies programm\u00e9es pour les autres provinces oscillent entre 4.000 ha \u00e0 Ifrane et 20.000 ha \u00e0 Taounate. Le nombre pr\u00e9vu de semoirs s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 667, soit un ratio d\u2019un semoir pour 300 ha. Les cultures portent essentiellement sur les c\u00e9r\u00e9ales (70%).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3269\" title=\"Fig 4\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-4.jpg\" alt=\"\" width=\"764\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-4.jpg 764w, https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Fig-4-300x156.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 764px) 100vw, 764px\" \/><\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, le programme r\u00e9gional ambitionne de rehausser la part allou\u00e9e aux autres cultures \u00e0 30% \u00e0 travers la r\u00e9habilitation et la consolidation des rotations suivantes\u00a0: a) C\u00e9r\u00e9ales\/ ol\u00e9agineuses\/ l\u00e9gumineuses\u00a0; b) C\u00e9r\u00e9ales\/ c\u00e9r\u00e9ales\/ l\u00e9gumineuses\u00a0; c) C\u00e9r\u00e9ales\/ l\u00e9gumineuses\/ c\u00e9r\u00e9ales\u00a0; et d) C\u00e9r\u00e9ales\/ fourrages\/ c\u00e9r\u00e9ales. Outre ces consid\u00e9rations, le plan d\u2019action r\u00e9gional pr\u00e9visionnel s\u2019articule autour du renforcement des capacit\u00e9s, d\u2019installation de plateformes FFS (Tableau 1), d\u2019\u00e9laboration de supports de communication, de conduite des actions de R&amp;D, et de constitution d\u2019un comit\u00e9 r\u00e9gional de pilotage. Au cours de cette campagne agricole, seize semoirs ont \u00e9t\u00e9 acquis et mis \u00e0 la disposition par la DRA aux OPAs. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement constat\u00e9 un accroissement de la demande des semoirs dans le cadre du FDA. Au total, 22 agriculteurs ont pu b\u00e9n\u00e9ficier de ces subventions au cours de 2015-2022, dont 13, soit 60% \u00e0 partir de 2021.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3270\" title=\"Tab 1\" src=\"http:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Tab-1.jpg\" alt=\"\" width=\"871\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Tab-1.jpg 871w, https:\/\/mag.inrameknes.info\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Tab-1-300x99.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 871px) 100vw, 871px\" \/><\/p>\n<p>La Direction R\u00e9gionale F\u00e8s Mekn\u00e8s de l\u2019Office National du Conseil Agricole (DR-ONCA) a entam\u00e9 la mise en place de plateformes FFS. Au cours de cette campagne 2022-2023, le nombre de plateformes s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 huit r\u00e9parties dans F\u00e8s, Mekn\u00e8s, El Hajeb et Boulemane, soit deux plateformes par province. Cette institution identifie quinze \u00e0 vingt agriculteurs b\u00e9n\u00e9ficiaires pour le conseil autour de chaque plateforme. Quatre journ\u00e9es de sensibilisation et de conseil\u00a0sont programm\u00e9es au cours de la campagne autour de chaque plateforme. Concernant le Comit\u00e9 R\u00e9gional, une r\u00e9union de constitution a \u00e9t\u00e9 tenue au mois d\u2019octobre 2022 sous l\u2019impulsion du Comit\u00e9 de Pilotage National. Ce Comit\u00e9 est compos\u00e9 de la DRA F\u00e8s-Mekn\u00e8s, les DPAs, la DR-ONCA, l\u2019INRA, l\u2019OCP-Al Moutmir, l\u2019ENAM, le Groupe Cr\u00e9dit du Maroc et la Chambre d\u2019Agriculture.<\/p>\n<p><strong>II. Conclusions et implications<\/strong><\/p>\n<p>Au vu de cette lecture r\u00e9trospective, il parait \u00e9vident que la diffusion du SD au niveau de la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s a connu une dynamique au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie. Celle-ci a \u00e9t\u00e9 concr\u00e9tis\u00e9e par l\u2019extension des superficies et par la demande croissante d\u2019acquisition des semoirs. N\u00e9anmoins, les investigations entreprises ont permis de dresser quatre principaux constats dont les trois premiers se rapportent aux principes de l\u2019ACS et le dernier \u00e0 la coordination entre les op\u00e9rateurs en charge de la diffusion du SD. Le premier constat concerne le nombre de semoirs par superficie qui est de l\u2019ordre d\u2019un semoir pour 300 ha. Ce dernier reste difficile \u00e0 atteindre compte tenu de la topographie et l\u2019\u00e9tat du sol dans certaines zones, de la dispersion des exploitations et des parcelles et surtout lors des campagnes caract\u00e9ris\u00e9es par le retard des premi\u00e8res pluies. De nombreux agriculteurs r\u00e9alisent le semis apr\u00e8s les premi\u00e8res pluies.<\/p>\n<p>Des estimations ont montr\u00e9 que la surface annuelle, en utilisant un semoir uniquement en sol humide, pour les cultures d\u2019automne pourrait varier de 160 ha en ann\u00e9e moyenne \u00e0 200 ha en ann\u00e9e \u00e0 pluviom\u00e9trie pr\u00e9coce (Labbaci et al., 2015). Ceci plaide en faveur de la revue \u00e0 la baisse du nombre d\u2019ha par semoir. Certaines OPAs ont opt\u00e9 pour un mode organisationnel bas\u00e9 sur l\u2019\u00e9change du semoir SD entre les b\u00e9n\u00e9ficiaires. Ce mode pr\u00e9sente des risques de durabilit\u00e9 des semoirs et des prolongements en mati\u00e8re de r\u00e9duction des superficies programm\u00e9es annuellement (d\u00e9placement, r\u00e9glage, etc.). Aussi, les conventions \u00e9tablis avec les OPAs ne sp\u00e9cifient pas les crit\u00e8res d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 en termes d\u2019effectif des b\u00e9n\u00e9ficiaires ainsi qu\u2019en termes de superficie par b\u00e9n\u00e9ficiaire. A cet \u00e9gard, il serait convenable de revoir ces conventions en s\u2019inspirant des exp\u00e9riences r\u00e9ussies, notamment celle du Moyen Sebou (Anbari, 2015), d\u2019une part, et en sp\u00e9cifiant les crit\u00e8res d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires, d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Le second constat porte sur la couverture permanente du sol. Les op\u00e9rateurs en charge de la diffusion s\u2019accordent sur le fait que l\u2019int\u00e9gration de ce principe se heurte \u00e0 des contraintes d\u2019ordre \u00e9conomique et\/ou socio-culturel. Sur le plan \u00e9conomique, des recherches ont montr\u00e9 que le co\u00fbt d\u2019opportunit\u00e9 du p\u00e2turage des chaumes repr\u00e9sente pr\u00e8s du quart de la valeur totale de la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re au cours d\u2019une campagne \u00e0 pluviom\u00e9trie moyenne et environ les trois quarts lors d\u2019une ann\u00e9e de s\u00e9cheresse (Magnan et al., 2012). Une autre recherche a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la r\u00e9tention de 60% des r\u00e9sidus pourrait g\u00e9n\u00e9rer des gains de rendement dont la valeur mon\u00e9taire compense le co\u00fbt d\u2019acquisition d\u2019aliment de b\u00e9tail (El-Shater et Yigezu, 2021).<\/p>\n<p>Sur le plan socio-culturel, certaines communaut\u00e9s consid\u00e8rent qu\u2019il est inacceptable d\u2019interdire l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9sidus. A ceci s\u2019ajoute le d\u00e9barquement des \u00e9leveurs venus du sud (Labacci et al. 2015). L\u2019\u00e9loignement et la dispersion des parcelles rendent quasiment impossible le maintien des r\u00e9sidus. Certes, les contraintes susmentionn\u00e9es subsistent, mais elles ne sont pas pour autant g\u00e9n\u00e9ralisables \u00e0 toutes les exploitations. En effet, les donn\u00e9es r\u00e9gionales attestent de l\u2019existence d\u2019exploitations cl\u00f4tur\u00e9es et qui pr\u00e9sentent un degr\u00e9 faible d\u2019int\u00e9gration culture\/\u00e9levage. Celles-ci pourraient appliquer ce principe. Les op\u00e9rateurs en charge de la diffusion sont ainsi appel\u00e9es, \u00e0 moyen et \u00e0 long terme, \u00e0 initier un processus d\u2019int\u00e9gration du couvert v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 travers l\u2019installation de plateformes pluriannuelles en ciblant en priorit\u00e9 ce type d\u2019exploitations.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me constat fait r\u00e9f\u00e9rence aux rotations. Le programme r\u00e9gional aspire \u00e0 int\u00e9grer les rotations \u00e0 travers la r\u00e9habilitation et la consolidation des l\u00e9gumineuses, ol\u00e9agineuses et fourrages. Toutefois, aucune indication n\u2019a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e sur la mani\u00e8re dont ce programme compte proc\u00e9der pour la r\u00e9alisation de cet objectif. Les ol\u00e9agineuses sont, dans leur majorit\u00e9, conduites sous-contrat et les perspectives de leur extension restent limit\u00e9es et conditionn\u00e9es par l\u2019agr\u00e9gateur agro-industriel. Quant aux l\u00e9gumineuses, leur r\u00e9habilitation est difficile dans le contexte actuel (Fadlaoui et al., 2020). Afin de leur garantir un nouvel essor, ces productions requi\u00e8rent un soutien public, au moins dans les premiers temps, ainsi qu\u2019un engagement des acteurs de l\u2019amont et de l\u2019aval de la chaine de valeur.<\/p>\n<p>Enfin le dernier constat concerne les m\u00e9canismes de coordination, convergence et harmonisation du programme r\u00e9gional. Le Comit\u00e9 R\u00e9gional, r\u00e9cemment constitu\u00e9, a soulign\u00e9 l\u2019importance de consolider la coordination entre les diff\u00e9rents op\u00e9rateurs, y compris l\u2019OCP-Al Moutmir qui fait partie de ce comit\u00e9. A cet \u00e9gard, les actions requises, \u00e0 moyen terme, portent sur la formalisation des interactions entre les diff\u00e9rents acteurs et le renforcement de la position de ce comit\u00e9 en l\u2019institutionnalisant et en clarifiant ses missions. Ce dernier devrait contribuer \u00e0 l\u2019harmonisation et \u00e0 la performance des interventions \u00e0 travers une affectation optimale des ressources, une application des r\u00e8gles convenues \u00e0 l\u2019avance, et une communication efficace et transparentes entre ses membres.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p>Anbari, A., 2015. L\u2019exp\u00e9rience de gestion du semis direct par l\u2019Union des F\u00e9d\u00e9rations des Associations d\u2019Usagers d\u2019Eau Agricole du Moyen Sebou. Alternatives Rurales, 3: 1-5.<\/p>\n<p>Chabert, A., Sarthou, J-P., 2017. Agriculture de conservation des sols et services \u00e9cosyst\u00e9miques. Droit et Ville, 84 (2)\u00a0: 135\u2011169.<\/p>\n<p>DRA F-M (Direction R\u00e9gionale d\u2019Agriculture de F\u00e8s-Mekn\u00e8s), 2022. Le semis direct dans la r\u00e9gion F\u00e8s-Mekn\u00e8s.<\/p>\n<p>Friedrich, T., Derpsch, R., Kassam, A., 2012. Overview of the global spread of conservation agriculture. Field Actions Science Reports. The Journal of Field Actions, Special Issue 6: 1-7.<\/p>\n<p>El-Brahli, A., Bouzza, A., Mrabet, R., 1997. Strat\u00e9gies de lutte contre les mauvaises herbes dans plusieurs rotations c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res en conditions de labour et de non labour. INRA Rapports Annuels. Centre Aridoculture, Settat, Maroc. pp: 171-174.<\/p>\n<p>El-Shater, T., Yigezu, Y.A., 2021. Can Retention of Crop Residues on the Field Be Justified on Socioeconomic Grounds? A Case Study from the Mixed Crop-Livestock Production Systems of the Moroccan Drylands. Agronomy, 11 (1465)\u00a0: 1-19.<\/p>\n<p>Fadlaoui, A., Arrach, R., Al Balghitti, A., Dahan, R., 2020. Analyse des politiques publiques et d\u00e9terminants de l\u2019offre et de la demande. Premi\u00e8re partie de l\u2019ouvrage intitul\u00e9\u00a0: Analyse de la chaine de valeur des l\u00e9gumineuses alimentaires. Ed. Al Balghitti, A., Kradi, C. &amp; Dahan, R., INRA.<\/p>\n<p>Kassam, A., Friedrich, T., Derpsch, R., 2018. Global spread of Conservation Agriculture. Agriculture, International Journal of Environmental Studies, 29-51.<\/p>\n<p>Labbaci, T., Dugu\u00e9, P., Kemmoun, H., Rollin, D., 2015. Innovation et action collective : le semis direct des cultures pluviales au Moyen S\u00e9bou (Maroc). Cahiers Agricultures, 24 : 76-83.<\/p>\n<p>Laurent, F., 2015. L\u2019Agriculture de Conservation et sa diffusion en France et dans le monde. Cybergeo: Revue europ\u00e9enne de g\u00e9ographie\u00a0; Environnement, Nature, Paysage, document 747.<\/p>\n<p>Magnan N., Larson D.M., Taylor J.E., 2012. Stuck on stubble? The non-market value of agricultural byproducts for diversified farmers in Morocco. American Journal of Agricultural Economics, 94(5)\u00a0: 1055-1069.<\/p>\n<p>Mrabet, R., 2017. Le semis direct sous couverture v\u00e9g\u00e9tale, une voie de restauration durable de la productivit\u00e9 des sols semi-arides du Maroc. Chapitre 27, In\u00a0<a title=\"Roose \u00c9ric\" href=\"https:\/\/books.openedition.org\/author?name=roose+eric\">Roose<\/a> E.\u00a0(\u00e9d.)\u00a0\u00ab\u00a0Restauration de la productivit\u00e9 des sols tropicaux et m\u00e9diterran\u00e9ens\u00a0: Contribution \u00e0 l\u2019agro\u00e9cologie\u00a0\u00bb, IRD \u00c9ditions, Marseille, 2017.<\/p>\n<p>OCP-Al Moutmir, 2021. Rapport d\u2019activit\u00e9s 2020-2021. Disponible sur le site www.almoutmir.ma.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail du sol a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en vue d\u2019ameublir le sol, pr\u00e9parer le lit de semence, g\u00e9rer les adventices, etc. N\u00e9anmoins, ce mode de conduite a \u00e9t\u00e9 remis en cause vers la fin des ann\u00e9es 1930, aux Etats Unis, &hellip; <a href=\"https:\/\/mag.inrameknes.info\/?p=3263\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3263"}],"collection":[{"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3263"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3263\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3313,"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3263\/revisions\/3313"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3263"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3263"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mag.inrameknes.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3263"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}