Effet du déficit hydrique sur le développement végétatif et reproducteur des variétés locales d’olivier. Par Hadiddou Amal et Mekaoui Abderrahman (INRA Meknès)

Amal Hadiddou, Chercheuse en amélioration génétique de l'olivier, INRA Meknès
Amal Hadiddou, Chercheuse en amélioration génétique de l’olivier, URAPCRG – CRRA Meknès

L’olivier est réputé pour sa tolérance au manque d’eau, toutefois cette tolérance s’accompagne d’une réduction de la production par rapport au potentiel de l’arbre. L’objectif de la présente étude est d’évaluer les effets du stress hydrique sur la productivité en suivant le développement végétatif et reproducteur de variétés locales d’olivier dans deux sites distincts.

Matériel et méthodes :

Il s’agit de deux collections installées en 2010 à Ain Taoujdate et à Tahla avec un matériel végétal constitué de Haouzia, Menara et huit génotypes issus de prospections dans les anciennes oliveraies du Maroc. Les deux essai sont constitués de 2 lignes chacun où chaque génotype étudié est représentés par 2 arbres. Ils reçoivent une conduite technique adéquate selon les conditions des deux milieux. Le site de Tahla est conduit en pluvial alors qu’à Ain Taoujdate les oliviers sont irrigués. Durant les quatre dernières années le suivi a concerné la croissance et le développement végétatifs, la floraison, la nouaison, le rendement en olives.

Résultats et discussion

1. Croissance et développement végétatifs

Tableau 1: Comparaison des taux de croissance totale annuelle (cm/ML) et de ramification (nombre/ML) des génotypes

Tableau 1: Comparaison des taux de croissance totale annuelle (cm/ML) et de ramification (nombre/ML) des génotypes

Le suivi de la croissance et du développement végétatifs des génotypes étudiés durant la phase de croissance végétative active (printemps et automne) a permis d’évaluer le taux de croissance des rameaux et leur ramification (tableau 1).
L’irrigation a amélioré le taux d’accroissement par mètre linéaire de tous les génotypes. La moyenne générale d’accroissement annuelle pour les 3 années a été de 21,5 cm par mètre linéaire en irrigué alors qu’en conditions pluviales elle a enregistré 19,3 cm/ML. La moyenne des ramifications durant la même période a été de 17,6 nouvelles ramifications par mètre linéaire alors qu’en pluvial, elle a été de 16,8. La différence entre les trois années de suivi est significative. L’année 2016 a connu les taux les plus faibles, suivie de l’année 2014 et c’est en 2017 et 2015 que les taux les plus élevés ont été enregistrés bien en irrigué qu’en pluvial. On note que les années à hiver froid et pluvieux avec un printemps clément et assez pluvieux ont favorisé la croissance et le développement végétatifs. Les automnes pluvieux ont eu des effets moindres sur les différents paramètres mesurés.

2. Floraison

Figure1: Diagramme de floraison des génotypes marocains conduits en pluvial

Figure1: Diagramme de floraison des génotypes marocains conduits en pluvial

Le diagramme de floraison (figure 1) indique que les périodes de floraison sont tributaires des années et donc des conditions climatiques. L’année 2017 a enregistré la floraison la plus précoce , entre avril et début mai. L’année 2016, par contre, a été la plus tardive avec des floraison entre la deuxième et la troisième décades de mai.. Pour les années 2015 et 2014, les périodes de floraison se sont étalées entre la deuxième décade d’avril et la deuxième décade de mai. Le froid hivernal suivi d’un début de printemps clément favorisent l’ouverture des fleurs et aussi leur constitution normale pour une fécondation adéquate. Ces conditions paraissent s’être réalisées en 2017. L’année 2016 a connu un printemps assez froid et des pluies tardives ce qui pourrait expliquer les retards de floraison. Toutefois, l’effet est général sur tous les génotypes et le chevauchement des floraisons est satisfaisant.

3. Nouaison :

Tableau 2 : Taux de nouaison des génotypes de 2014 à 2017

Tableau 2 : Taux de nouaison des génotypes de 2014 à 2017

Le taux de nouaison pourcentage de fleurs nouées en fin juin par rapport au nombre initial des fleurs ouvertes, a aussi connu des différences significatives entre les génotypes et les systèmes de conduite surtout pour les campagnes 2016 et 2014. Pour 2017 et 2015 l’hiver froid et pluvieux et le printemps clément et pluvieux ont favorisé la nouaison des fleurs des oliviers (Tableau 2). En général, ces taux sont satisfaisants et suffisants pour une bonne production à l’exception du G1 pour lequel l’irrigation s’est avérée nécessaire pour avoir des taux supérieurs à 4%.

4. Rendement

Les années à périodes estivale et automnale chaudes et sèches ont le plus affecté les rendements même en irrigué. C’est le cas des années 2014, 2016 et 2017.  Durant cette dernière et malgré la quantité importante de pluie enregistrée en début de campagne, la production a été relativement faible et cela a été dû au poids de fruits resté faible quoi que leur nombre était très important.(tableau 3).

Tableau 3 : Rendements moyens et  rendement cumulé, en kilogramme par arbre, entre 2014 et 2017 des 10 génotypes en irrigué et en pluvial

Tableau 3 : Rendements moyens et rendement cumulé, en kilogramme par arbre, entre 2014 et 2017 des 10 génotypes en irrigué et en pluvial

Conclusion

Le suivi du développement végétatif et reproductif de 10 génotypes dans deux systèmes de production distincts à Ain Taoujdate et à Tahla, a permis de conclure que le déficit hydrique avait des effets notables sur les paramètres suivis. La croissance et le développement végétatifs, ainsi que la période de floraison et le taux de nouaison sont très sensibles au déficit hydrique dû au manque ou à la faiblesse des précipitations en hiver et au début du printemps. Les sécheresses estivale et automnale affectent le développement des fruits et donc les rendements. Les irrigations ont beaucoup amélioré les paramètres du rendement mais sans toutefois annuler les effets du au manque des pluies.

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