La planification d’urgence pour la gestion des rouilles du blé au Maroc. Par Dr Abdelhamid Ramdani (URPP – CRRA Meknès)

Dr. Ramdani Abdelhamid, Chercheur - Unité de recherche Protection des Plantes - INRA Meknès

Dr. Ramdani Abdelhamid, chercheur

Afin de mettre en œuvre une stratégie durable et efficiente pour contrôler les maladies en particulier les rouilles du blé, l’INRA et la FAO ont organisé les 16 et 17 Avril 2013, un atelier qui regroupe tous les opérateurs de la filière ainsi qu’un panel d’experts nationaux et internationaux. Il a été question d’identifier les moyens de prévention et de lutte contre les rouilles du blé, proposer les principaux axes permettant de renforcer le programme national de prévention et de lutte, et développer une coopération nationale et internationale dans le domaine.

Les céréales constituent une production stratégique pour l’agriculture marocaine. Cultivées sur 58% des terres agricoles (5 millions d’hectares), leur production moyenne est de 6 millions de tonnes ne répondant qu’à 62% de la demande intérieure. Le développement de cette culture conformément aux ambitieux objectifs du Plan Maroc Vert se heurte à plusieurs contraintes dont les rouilles (jaune et brune) et les septorioses qui occasionnent des pertes en rendement de l’ordre de 20% sur le blé tendre et de 10% sur le blé dur. Sur la base de la production d’une année moyenne, le manque à gagner en contrôlant uniquement les maladies foliaires est de 9 millions quintaux de blé tendre et 1,8 millions quintaux de blé dur, soit une perte totale estimée à 3 milliards 150 millions de dirhams.

La lutte contre ces maladies est confrontée notamment à l’évolution perpétuelle des  agents pathogènes et au mode de dissémination des rouilles qui est assuré principalement par le vent et sur de longues distances pouvant atteindre jusqu’à 2000 Km. Ce caractère régional et international de ce fléau est accentué par la rouille noire (ou rouille des tiges) qui présente un sérieux risque pour la production du blé suite à l’émergence dans certains pays de nouvelles races hautement virulentes. C’est le cas notamment de la race «Ug99» détectée en 1999 en Uganda et étendue depuis à plusieurs pays d’Afrique notamment. Le Maroc n’est pas à l’abri des menaces de cette nouvelle race, sachant que, d’après les travaux de l’INRA menés à Njoro (Kenya), la quasi-totalité de nos variétés de blé lui sont sensibles.

Rouilles jaune et brune

Rouilles jaune et brune

Conscient de l’ampleur et de la gravité du problème, l’INRA a opté pour une stratégie de prévention et de lutte intégrée ayant adopté des mesures anticipatives aux risques potentiels d’épidémie de la rouille noire. L’évaluation des variétés marocaines à l’égard des nouvelles races de rouilles ainsi que l’intégration des produits de la génomique et de la culture de tissus en vue de l’incorporation de la résistance à ce fléau dans nos variétés sont deux autres composantes de cette stratégie.

C’est dans ce contexte qu’est intervenu l’atelier organisé par l’INRA et la FAO, en tant qu’espace de conciliation des synergies des acteurs nationaux impliqués (recherche, sécurité sanitaire, développement, etc.) et de renforcement de la collaboration avec les organismes internationaux spécialisés. Les principales recommandations qui en sont issues concernent :

  • La constitution d’un Comité de Pilotage du Plan d’Urgence pour la gestion des rouilles du blé au Maroc regroupant l’ensemble des intervenants de la filière céréalière.
  • La mise en place de Comités Techniques Régionaux, œuvrant sous les auspices du Comité de Pilotage, chargés de la mise en œuvre et du suivi du plan d’urgence pour la gestion des rouilles du blé au Maroc.
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